15/07/2026 mondialisation.ca  26min #320116

Israël a toujours été un État d'apartheid: ses lois sur le mariage le démontrent

Par  Jonathan Cook

Israël est le seul pays au monde qui ne reconnaît pas sa propre nationalité. pourquoi ? Parce qu'une identité nationale commune saboterait le système de ségrégation soigneusement voilé d'israël, avec la complicité de l'écosystème politico-médiatique occidental, qui n'a pas attendu le génocide post-7 octobre pour fermer les yeux sur l'abomination qu'est le projet sioniste.

Les soutiens d'Israël sont entrés dans une rage incontrôlable suite à  un court message sur X du journaliste Mehdi Hasan, mettant en lumière les étranges lois israéliennes sur le mariage.

Hasan demande : "Saviez-vous qu'il est impossible de se marier civilement ou laïquement en Israël ?"

Did you know that you can't have a civil or secular marriage in Israel ?  t.co

— Mehdi Hasan (@mehdirhasan)  June 29, 2026

Il n'a pas tort. Israël a interdit le mariage civil. On ne peut se marier que lors d'une cérémonie strictement contrôlée par les autorités religieuses. Si vous voulez un mariage civil, vous devez vous rendre dans un autre pays.

Pourquoi, pourrait-on raisonnablement se demander. Israël n'est-il pas une démocratie libérale moderne, laïque et de style occidental ? C'est en tout cas ce que nos politiciens et nos médias ne cessent de nous répéter.

La réponse la plus populaire des apologistes d'Israël face à Hasan, à savoir que la situation n'est pas meilleure en Arabie saoudite, n'est pas tout à fait le coup de maître qu'ils semblent imaginer. Israël offrirait donc les mêmes protections des droits de l'homme que l'Arabie saoudite ? Impressionnant.

D'autres ont fait remarquer qu'Israël a hérité du système dit du "millet" de l'empire ottoman, qui accordait aux dirigeants de chaque groupe confessionnel à travers le Moyen-Orient un contrôle autonome sur les affaires religieuses de leur communauté.

Sans aucun doute, il y a 150 ans, ce système fonctionnait relativement bien pour réduire les tensions communautaires dans les régions religieusement diverses d'un vaste empire. Il évitait aux fonctionnaires de Constantinople, l'actuelle Istanbul, d'être enlisés dans les affaires quotidiennes de leurs sujets souvent éloignés.

Mais il y a 150 ans, la Grande-Bretagne envoyait des enfants ramoner des cheminées. La loi a été modifiée à cette époque pour mettre fin à cette pratique abusive et dangereuse.

Israël a été fondé il y a près de huit décennies, soi-disant comme une démocratie libérale laïque de style occidental. Il a eu 78 ans pour modifier ces archaïques lois ottomanes sur le mariage.

Pourquoi ne l'a-t-il pas fait ?

Toutes les fulminations qui dénoncent le message de Hasan sont une tentative désespérée de détourner l'attention du fait que les lois matrimoniales archaïques d'Israël subsistent parce qu'elles sont utiles à Israël.

En réalité, elles sont bien plus que cela. Elles constituent un élément central de la version israélienne de l'apartheid, un système raciste de ségrégation qu'Israël a réussi à dissimuler aux yeux des publics occidentaux avec la complicité des politiciens et de leurs médias.

La "menace démographique"

L'interdiction du mariage civil en Israël est au cœur de ses efforts pour prévenir ce que les sociétés racistes passées, comme l'Afrique du Sud sous l'apartheid et le Sud profond américain, appelaient la "métissage", c'est-à-dire les relations sexuelles entre différents groupes ethniques. Vous vous souviendrez peut-être que les nazis avaient également des vues déplaisantes sur ce sujet.

Voici ce que déclarait en 2016 l'actuel ministre des Finances, Bezalel Smotrich,  s'opposant au métissage :

"Prévenir l'assimilation dans l'État juif est tout à fait légitime et n'a rien de raciste. Vous posez comme prémisse du débat que prévenir les mariages mixtes est une erreur, en ignorant le fait que la plupart des filles [juives] qui fréquentent des Arabes sont des filles défavorisées qui se font instrumentaliser."

L'ancien ministre de l'Éducation Rafi Peretz a  qualifié les mariages mixtes impliquant des Juifs de "second Holocauste".

En Israël, de tels points de vue sont clairement prédominants. En 2018, Yitzhak Herzog, l'actuel président d'Israël et l'ancien chef d'un parti israélien ostensiblement de gauche, a décrit les mariages mixtes chez les Juifs américains comme une "plaie" pour laquelle il fallait trouver une "solution", vraisemblablement en copiant l'approche israélienne.

En Israël, la préoccupation principale ne concerne pas les mariages entre Juifs et Palestiniens sous occupation, qu'Israël et ses soutiens aiment à présenter, fallacieusement, comme une simple question de "sécurité".

Dans les territoires occupés, Israël utilise des méthodes bien plus brutales que les lois pour prévenir tout développement de relations intimes entre Juifs et une population palestinienne captive. Il préfère le confinement physique et la violence.

Les Palestiniens sous occupation sont séparés de force des Juifs israéliens. Ils sont enfermés dans leurs propres ghettos étroitement délimités par le réseau de barrières en acier et en béton d'Israël ; par l'armée israélienne ; par les checkpoints ; par des routes séparées et d'apartheid en Cisjordanie ; et par des milices juives vivant sur des terres volées dans ce qu'on appelle les "colonies".

Il y a peu de chances d'interaction, et encore moins de mariage mixte, dans de telles circonstances, sauf lorsque des soldats israéliens ou des colons juifs armés font irruption dans les communautés palestiniennes pour  détruire des cultures,  tuer du bétail,  empoisonner des puits,  incendier des maisons et des voitures, et  rouer de coups— et parfois  tuer — les habitants.

Israeli settlers have attacked the historic Christian village of Taybeh in the occupied West Bank on Tuesday, setting fields on fire and targeting Palestinian homes.

Local sources reported that the settlers opened fire on houses and threw Molotov cocktails  pic.twitter.com/h3Jouvumga

— Middle East Eye (@MiddleEastEye)  June 10, 2026

Le 9 juin 2026,  des colons israéliens ont attaqué le village chrétien historique de Taybeh, en Cisjordanie occupée, incendiant des champs et ciblant des maisons palestiniennes. Les colons ont ouvert le feu sur des maisons et ont lancé des cocktails Molotov.

Néanmoins, il subsiste encore une vulnérabilité potentielle dans le système de ségrégation israélien.

En 1948, Israël a expulsé 80 % de la population palestinienne de leurs maisons et de leurs terres dans une zone qui devait désormais s'appeler, non plus la Palestine, mais l'État "juif" d'Israël.

Quelques Palestiniens sont cependant restés à l'intérieur de ces frontières, principalement  par négligence ou par erreur. Malgré les efforts clandestins d'Israël pendant plusieurs années après la guerre de 1948 pour les forcer à quitter l'État, ses dirigeants ont rapidement subi des  pressions internationales pour accorder la citoyenneté à ces Palestiniens indésirables, même si en pratique, comme nous le verrons, celle-ci leur conférait des droits très inférieurs.

Même aujourd'hui, Israël est extrêmement préoccupé par une supposée menace que représentent ses "citoyens" palestiniens de troisième classe, officiellement appelés "Arabes d'Israël". Avec un taux de natalité plus élevé, leur nombre a augmenté de façon exponentielle en huit décennies. Ils représentent désormais un cinquième de la population israélienne.

Des journalistes, des universitaires et des politiciens israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahou, qualifient régulièrement les citoyens palestiniens du pays de "menace démographique", et s'inquiètent sans cesse de "l'utérus palestinien".

Un État qui n'appartient pas à tous ses citoyens

Mais Israël fait face à une pression contraire. Si son traitement des citoyens palestiniens est trop manifestement raciste et oppressif, certains observateurs extérieurs pourraient commencer à réaliser qu'il n'est pas la démocratie libérale laïque de style occidental qu'il prétend être.

Vous entendrez le lobby pro-israélien en Occident vous dire que les soi-disant "Arabes israéliens" ont exactement les mêmes droits que la population juive d'Israël, garantis par la Déclaration d'indépendance d'Israël. Rien ne saurait être plus éloigné de la vérité.

Adalah, un important groupe de défense des droits juridiques en Israël, dispose d'une  base de données répertoriant plus de 70 lois qui discriminent explicitement entre les citoyens juifs et les citoyens palestiniens. Ces lois forment le cœur du système d'apartheid israélien.

Les Lois fondamentales d'Israël, une sorte de constitution,  excluent explicitement tout principe d'égalité civique. Toute tentative d'un parti palestinien en Israël d'obtenir un débat au parlement sur le fait qu'Israël devienne un "État de tous ses citoyens", c'est-à-dire une démocratie libérale, est  interdite de discussion. Et en 2018, le gouvernement israélien a  adopté une Loi sur l'État-nation déclarant qu'Israël appartient exclusivement au peuple juif, et non à tous les citoyens qui y vivent.

Comme pour les Palestiniens sous occupation, Israël a presque entièrement confiné ses citoyens palestiniens dans leurs propres communautés ségrégées, sous-financées et sous-dotées en ressources, sur moins de 3 % du territoire du pays.

Une petite minorité de citoyens palestiniens à l'intérieur d'Israël vit dans des quartiers ségrégués et défavorisés de ce qu'on appelle de manière trompeuse des villes "mixtes". D'autres citoyens palestiniens, les plus opprimés de tous, vivent dans des communautés habitées par leurs familles depuis des siècles mais qui ont été  criminalisées par un État israélien qui refuse de les reconnaître.

Des centaines de communautés rurales juives, en revanche, fonctionnent effectivement comme des clubs à adhésion exclusive. Elles ont le pouvoir d' exclure les citoyens palestiniens, un droit dont elles usent pleinement.

Des structures d'urbanisme distinctes font en sorte que les communautés palestiniennes extrêmement surpeuplées à l'intérieur d'Israël sont dans l'impossibilité de construire de nouveaux logements et de s'agrandir. Les enfants palestiniens sont scolarisés dans un système éducatif séparé et nettement inférieur.

Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, j'ai rédigé un long essai exposant les détails du système d'apartheid israélien  ici.

L'interdiction du mariage civil à l'intérieur des frontières israéliennes n'est généralement pas citée, même par les critiques, comme un exemple de son système de gouvernance par l'apartheid. Mais cette interdiction persiste parce qu'elle est le moyen idéal de dissimuler la ségrégation sous le vernis de l'égalité de traitement.

Les citoyens palestiniens d'Israël doivent se marier lors de cérémonies conduites par les dirigeants religieux de leur communauté : par des clercs musulmans, ou par diverses Églises chrétiennes, ou par le clergé druze.

Il en va de même pour les Juifs en Israël. Ils doivent être mariés par un rabbin orthodoxe.

Ainsi tout le monde fait face aux mêmes restrictions. Mais le point essentiel est le suivant : l'égalité de traitement garantit des résultats très inégaux. Et c'est délibéré.

Racailles fascistes

À l'intérieur d'Israël, le mariage mixte n'est possible que si l'une des parties se convertit à la religion de son partenaire.

Le grand rabbinat orthodoxe d'Israël rend impossible la conversion au judaïsme en Israël pour les Palestiniens sous occupation, le chef de son autorité de conversion ayant  déclaré en 2016 que tout demandeur de ce type est rejeté "sans examen en raison de son origine ethnique".

Parallèlement, Israël rend la conversion au judaïsme presque aussi difficile pour quiconque est considéré comme non-juif, et tout particulièrement pour les citoyens palestiniens. En plusieurs décennies, il n'y a eu qu'une poignée de tels cas.

En pratique, cela signifie que dans toute relation entre un citoyen palestinien d'Israël et un Juif israélien, c'est presque toujours le Juif israélien qui doit se convertir à la religion du citoyen palestinien, qu'il soit musulman, chrétien ou druze. Cela implique que le partenaire juif perde son statut juif et les nombreux privilèges qui en découlent à l'intérieur d'Israël.

Israël a constaté que c'est  une solution bien meilleure que celle de l'Afrique du Sud sous l'apartheid, où l'interdiction de mariage entre les Noirs et les Blancs était explicitement établie par la loi. Israël peut obtenir le même résultat plus discrètement.

Compte tenu de la structure entièrement ségrégée de la société israélienne et des puissants tabous sociaux chez les Juifs israéliens contre le "métissage", le nombre de mariages mixtes en Israël entre Juifs et citoyens palestiniens atteint à peine deux chiffres par an [soit moins de 100].

Il existe même des groupes comme  Lehava, la version israélienne du Ku Klux Klan, qui circulent pour rosser des Palestiniens surpris à proximité des quartiers juifs de Jérusalem et terrorisent toute jeune femme juive soupçonnée d'avoir une relation romantique avec un Palestinien. Lehava organise des manifestations bruyantes et perturbatrices pour  couvrir de honte la rare femme juive qui se convertit et épouse un citoyen palestinien.

Tout cela se produit avec un clin d'œil discret des autorités. L'actuel ministre de la Police, Itamar Ben Gvir, est depuis longtemps un patron des racailles fascistes suprémacistes juives de Lehava.

Dans les rares cas où une juive se convertit et épouse un citoyen palestinien (ou vice-versa), le partenaire palestinien fait face à d'innombrables obstacles juridiques et sociaux pour s'intégrer dans une communauté juive à laquelle il n'appartient pas.

C'est le partenaire juif qui emménage dans une communauté palestinienne, une version israélienne d'une communauté comme Soweto, et scolarise leurs enfants dans le système scolaire "arabe", nettement inférieur. L'ancien Juif perd la plupart des privilèges ethniques dont il jouissait auparavant à l'intérieur du seul État "juif" au monde.

Face à cet avenir, de tels couples saisissent souvent l'occasion de ne pas se convertir l'un l'autre et se marient et vivent à l'étranger.

Des hôtes indésirables

Aucune de ces difficultés n'est accidentelle. C'est exactement ce à quoi on s'attendrait d'un système d'apartheid qui préfère dissimuler son caractère d'apartheid pour structurer ses lois, et ainsi aider son lobby en Occident, y compris la classe politique et médiatique occidentale, à prétendre qu'Israël est "la seule démocratie au Moyen-Orient".

Israël a appris des erreurs de l'ancienne Afrique du Sud. Il a maîtrisé les arts modernes des relations publiques, du moins jusqu'à ce que Benjamin Netanyahou déchire le scénario en annihilant Gaza.

À l'intérieur d'Israël, le système d'apartheid s'étend bien au-delà des lois sur le mariage pour toucher tous les domaines de la vie.

Voici une autre manière dont Israël a dissimulé son système d'apartheid ; là encore non pas dans les territoires occupés, mais à l'intérieur d'Israël même.

Le même système qui prive les Israéliens de la possibilité d'un mariage civil ou laïque refuse également de reconnaître qu'ils possèdent une quelconque identité civile ou laïque, simplement en tant qu'Israéliens. En vertu de la loi, chaque personne en Israël doit appartenir à un groupe confessionnel, identifié comme Juif, Musulman, Chrétien ou Druze.

Ce qui donne sens à un autre fait peu connu sur Israël : Israël est le seul pays au monde qui ne reconnaît pas sa propre nationalité, en l'occurrence, israélienne. Pourquoi ? Pour la simple raison que si les Israéliens partageaient une identité nationale commune, il serait bien plus difficile pour l'État israélien de faire fonctionner son système d'apartheid.

La nationalité israélienne n'existe que comme fiction sur les passeports israéliens pour permettre à la population de voyager à l'international. À l'intérieur d'Israël, chacun est identifié par son groupe confessionnel.

En Israël, "juif" est traité comme une nationalité. Rappelons la Loi sur l'État-nation de 2018. Ce qu'elle déclarait, c'est que l'État d'Israël appartient exclusivement à la "nation" des Juifs, c'est-à-dire à tous les Juifs du globe, pas seulement à ceux qui vivent en Israël.

Les Musulmans et les Chrétiens sont regroupés dans une "nationalité" arabe tout aussi artificielle, tandis que les Druzes ont leur propre nationalité distincte. La même Loi sur l'État-nation précise clairement que l'État d'Israël n'appartient pas à ces autres "nations" non juives, bien que leurs familles aient vécu sur ces mêmes terres depuis des siècles. Les citoyens palestiniens ne sont rien de plus que des hôtes, et des hôtes indésirables, qui plus est.

Cette ségrégation se reflète dans les cartes d'identité israéliennes. Ces cartes, qui doivent être portées en permanence, comportaient autrefois une section indiquant expressément la "nationalité" de chaque Israélien. Mais cette section a attiré un examen inconfortable lors d'une longue  bataille judiciaire finalement infructueuse menée par un groupe d'Israéliens dissidents cherchant à faire reconnaître une nationalité israélienne. Les autorités ont supprimé cette catégorie de la carte. Cependant, le registre de la population israélienne comprend toujours une classification de nationalité.

En plus des catégories Juif, Arabe et Druze, il existe plus de  120 autres catégories pour gérer toutes les anomalies. J'en étais moi-même une telle anomalie après avoir épousé une Palestinienne chrétienne et être entré dans un long et difficile processus de naturalisation. Ma nationalité était classée comme "britannique".

Pourquoi toute cette complexité ? Pourquoi toute cette bizarrerie unique ?

Parce qu'Israël doit dissimuler son système d'apartheid. L'ancienne Afrique du Sud disait simplement : une loi pour les Blancs et une autre pour les Noirs.

Israël sait que cela ne passe plus bien. Il a donc conçu un système alambiqué et déconcertant que peu de gens comprennent, comme moyen d'éviter d'attirer l'attention et les critiques.

Des droits juifs spéciaux

Concluons donc par un seul exemple de la façon dont le système d'apartheid israélien fonctionne en pratique.

Théoriquement, Israël confère à tous ses citoyens (Juifs, Musulmans, Chrétiens, Druzes) des droits égaux en tant que citoyens. Mais par un tour de passe-passe, il sape ensuite ces droits égaux en conférant des droits "nationaux" supérieurs à un seul groupe : les Juifs. En cas de conflit entre un droit de citoyenneté et un droit "national" juif, vous avez probablement déjà deviné que c'est le droit national juif qui prévaut.

L'éducation en est une bonne illustration. Tous les citoyens israéliens jouissent du droit de faire éduquer leurs enfants, car l'éducation est un droit de citoyenneté. Mais de nombreuses  manœuvres voilées, comme des budgets supplémentaires pour les zones prioritaires nationales, des subventions spéciales pour les écoles religieuses juives, des financements de la diaspora et des versements fiscaux plus importants du gouvernement central aux collectivités locales juives, font que les écoles juives sont bien mieux financées que les écoles "arabes".

L'éducation des citoyens palestiniens d'Israël est sous-financée depuis huit décennies. Ainsi, même si les apologistes d'Israël affirmeront que les écarts de financement se réduisent lentement, le déficit persistant ne fait qu'aggraver une injustice historique qui dure depuis des décennies. Les écoles arabes ont tellement de retard qu'elles ne peuvent jamais le combler sans financements supplémentaires agressifs qu'Israël n'a manifestement aucune intention de leur accorder.

Il y a d'énormes pénuries de salles de classe et de personnel dans des bâtiments scolaires délabrés. Les vieux manuels sont souvent grossièrement dépassés et mal traduits en arabe par l'État. Les responsables éducatifs palestiniens n'ont aucune voix au chapitre sur les programmes enseignés aux enfants de leur communauté. Il existe des contrôles stricts de la part de fonctionnaires juifs (généralement racistes) sur ce qui peut être enseigné et par qui. Et par-dessus tout cela, d'énormes biais culturels dans les examens de qualification rendent bien plus difficile pour les citoyens palestiniens l'accès aux universités en Israël.

Il existe de nombreux autres problèmes dans l'éducation. Par exemple, près d'un enfant palestinien sur dix en Israël vit dans des communautés historiques construites sur des terres que l'État israélien souhaite désormais "judaïser", c'est-à-dire réserver exclusivement à la population juive, et se voient donc refuser toute reconnaissance.

Traités comme des criminels, ces enfants  n'ont presque jamais d'écoles dans leurs communautés car aucun bâtiment permanent n'est autorisé. Les bâtiments qui existent ne peuvent pas être raccordés aux réseaux électrique ou d'eau. Même les enfants d'âge préscolaire doivent généralement  parcourir de longues distances, parfois  près de 60 kmpar jour, pour rejoindre une école agréée.

Les formes de discrimination dans le seul domaine de l'éducation sont sans fin. Mais elles ne s'arrêtent pas là. La discrimination se répercute dans tous les aspects majeurs de la vie des plus de 2 millions de citoyens palestiniens d'Israël à travers ces contorsions conceptuelles et juridiques autour de la religion, de la citoyenneté et de la nationalité.

Rien de tout cela ne devrait surprendre. C'est exactement ce à quoi on s'attendrait dans un État d'apartheid comme Israël.

Jonathan Cook

Article original en anglais :  Israel is an apartheid state - and its weird marriage laws show us how, Jonathan Cook Blog, le 1er juillet 2026.

Traduction :  Alain Marshal pour son blog

La source originale de cet article est  Le blog de Jonathan Cook

Copyright ©  Jonathan Cook,  Le blog de Jonathan Cook, 2026

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