
Par Finian Cunningham, le 14 juillet 2026
Le symbolisme ironique du défilé militaire du 14 juillet de cette année avait bien la saveur qu'un gâteau français - bien que quelque peu amer.
Le jour où la France célèbre la Révolution de 1789 qui a renversé un monarque détesté, le président français Emmanuel Macron s'est entouré d'une brochette de leaders européens particulièrement impopulaires pour assister au défilé militaire censé symboliser "l'unité et la force" face à la Russie.
Le soutien européen à l'Ukraine a été présenté comme la thématique centrale du 14 juillet cette année. Le dirigeant non élu du régime de Kiev, Volodymyr Zelensky, a été installé aux côtés de Macron et de 30 autres chefs d'État européens pour regarder défiler les troupes ukrainiennes sur les Champs-Élysées aux côtés de soldats français et autres soldats européens.
On parle bien ici de cette même armée ukrainienne qui rend hommage aux dirigeants nazis de la Seconde Guerre mondiale. Parmi les huiles présentes à Paris cette semaine figurait le Premier ministre polonais Donald Tusk, dont le pays a subi un génocide perpétré par des collaborateurs nazis ukrainiens, lequel Tusk semble avoir aussi peu d'intégrité morale qu'une méduse.
Les médias français ont qualifié le 14 juillet de "défilé guerrier". Les commentateurs médiatiques ont évoqué l'état de préparation de l'Europe à la guerre contre la Russie. Cet événement a été considéré comme le plus grand déploiement militaire jamais organisé pour marquer le 14 juillet. Ce qui a particulièrement marqué l'événement cette année, c'est la participation des forces armées de toute l'Europe. L'image véhiculée et les déclarations de "puissance" et d'objectif commun étaient imbibées de chauvinisme et de provocation à l'égard de la Russie. Le 14 juillet s'est métamorphosé en un plan de guerre pour l'Europe.
Il ne s'agit plus de célébrer la révolution, la démocratie ou la libération (ce qui n'est plus le cas depuis des décennies). Plus que jamais, c'est un cri de ralliement en faveur d'un contrôle fasciste de la société et d'un militarisme destinét à soumettre la démocratie à une guerre imminente. Si un véritable soulèvement du 14 juillet s'est jamais imposé, ç'aurait dû être aujourd'hui.
Des avions de chasse de 11 pays européens ont survolé la ville en formation. Parmi les démonstrations aériennes figuraient des avions de combat de la Luftwaffe allemande. Souvenons-nous qu'il y a quatre-vingt-six ans, l'Allemagne nazie défilait au pas de l'oie sur cette même avenue emblématique de Paris jusqu'à l'Arc de Triomphe.
Au même moment, un gigantesque incendie de forêt faisait rage au sud-est de Paris, alors que des milliers de personnes ont perdu la vie en France et dans toute l'Europe ces dernières semaines sous l'effet de canicules torrides. On repense à Néron jouant de la lyre pendant que Rome brûle.
Macron a déclaré que le défilé du 14 juillet est censé témoigner du soutien européen à l'Ukraine dans cette guerre par procuration menée depuis près de cinq ans par l'OTAN contre la Russie. Le rassemblement des dirigeants européens à Paris, dont le Premier ministre britannique sortant Keir Starmer, témoigne également d'une unité stratégique cohérente face à la Russie.
La soi-disant "Coalition des volontaires" menée par la France et la Grande-Bretagne a annoncé la création d'un "système de défense antimissile balistique" pour l'Ukraine et l'Europe. Parmi les participants figurent le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l'Espagne et la Suède, outre la France, la Grande-Bretagne et l'Ukraine.
Dans le cadre de ce plan de réarmement conjoint, l'Ukraine a conclu cette semaine un accord pour acheter 16 avions de combat Rafale de fabrication française. Elle prévoit d'en acquérir 100 au total. À 100 millions d'euros l'appareil, le lot représente environ 16 milliards d'euros. Un contrat d'un montant similaire a été signé pour des avions de combat suédois Gripen.
Le plan de réarmement prévoit également la fourniture de batteries de défense aérienne franco-italiennes de nouvelle génération SAMP/T, des licences permettant à l'Ukraine et à ses alliés européens de fabriquer des missiles de croisière Scalp, et le système de défense aérienne américain Patriot.
La Grande-Bretagne se joint aux festivités, et Londres a annoncé son intention de contribuer au prêt de 90 milliards d'euros que l'Union européenne accorde à l'Ukraine, dont la majeure partie est destinée à des achats militaires. Ce prêt se traduira par des contrats de vente pour la société britannique BAE Systems et d'autres entreprises. Il ne s'agit pas d'un prêt gratuit censé aider à défendre l'Ukraine contre les frappes aériennes russes. Ce prêt constitue avant tout une gigantesque escroquerie aux dépens des contribuables européens qui financent les subventions accordées au complexe militaro-industriel.
La Russie a dénoncé cette "Coalition des volontaires" aux ambitions démesurées comme une coalition de bellicistes ayant pour objectif de perpétuer la plus grande guerre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, et ce encore pendant de nombreuses années.
Le mot d'ordre de la réunion à Paris cette semaine avait pour devise "Déterminés à agir". Il aurait été plus juste de dire "Déterminés à provoquer" une guerre totale contre la Russie.
Le militarisme qui sévit dans toute l'Europe, sous l'impulsion de ses élites bellicistes, consacre des milliers de milliards d'euros pour tenter de sauver leurs économies en faillite en injectant massivement des capitaux dans les industries militaires, et en réorientant les infrastructures publiques vers des objectifs militaires. La société civile européenne est étranglée par ce militarisme hors de contrôle dont la justification revient à faire de la Russie un bouc émissaire présenté comme une menace existentielle. La diplomatie susceptible de résoudre la crise ukrainienne, dont les racines historiques résident dans l'expansionnisme de l'OTAN, est inexistante car les élites européennes sont gangrenées par leur russophobie et leur faillite politique.
Les incendies qui ravagent l'Europe et les dizaines de milliers de morts dus à une chaleur extrême illustrent sans doute parfaitement la situation, alors que les dirigeants élitistes choisissent de gaspiller leurs ressources dans une guerre par procuration sans issue contre la Russie.
Macron, le Britannique Starmer, le chancelier allemand Merz, la Première ministre italienne Meloni, la haute fonctionnaire non élue de l'UE Ursula von der Leyen, Mark Rutte de l'OTAN, et ainsi de suite - tous font l'objet d'un mépris croissant de la part de leurs citoyens qui les qualifient d'élitistes impuissants poussant l'Europe vers une conflagration sans aucune légitimité démocratique. N'est-ce pas là une manifestation de fascisme ? Et pour couronner le tout, ils soutiennent le dictateur corrompu de Kiev qui refuse d'organiser des élections et enrôle de force des civils pour les envoyer à la mort.
Avec sa grandiloquente bouffonnerie habituelle, Macron a déclaré que le défilé du 14 juillet est une démonstration d'unité et de puissance. Cette pseudo-puissance n'est qu'une abjecte illusion de grandeur qui engendre cependant des politiques extrêmement dangereuses.
La seule "unité" affichée à Paris tient à la cohésion de ces élites sans scrupules qui jouent avec leur destin, poussant l'Europe vers la guerre ou la révolution, alors que l'Europe brûle & qu'elles jouent avec nos vies.
Traduit par Spirit of Free Speech