Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir tiré des coups de semonce contre deux navires qui ont tenté de traverser le détroit d'Ormuz sans autorisation au cours des dernières 24 heures.
Selon les données de la société de renseignement maritime Kpler, neuf des onze navires ayant transité par le détroit mardi ont emprunté l'itinéraire longeant les eaux territoriales iraniennes. Ces navires transportaient principalement du pétrole brut, des produits pétroliers, du gaz liquéfié, du méthanol ainsi que du minerai de fer et étaient liés au commerce maritime de l'Iran.
Toujours selon Kpler, la grande majorité des navires empruntant cette voie stratégique utilisent l'itinéraire désigné par Téhéran.
Cette intervention du CGRI intervient alors que l'Autorité du détroit du golfe Persique (sigle anglais : PGSA) a indiqué que plus de 200 navires non iraniens ont coordonné leur transit avec cet organisme au cours des trois semaines ayant suivi la signature du mémorandum d'entente d'Islamabad entre Téhéran et Washington.
Cet organisme a été créé dans le cadre des efforts déployés par l'Iran afin de renforcer son contrôle sur la navigation dans le détroit d'Ormuz et ses environs après le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran à la fin du mois de février.
Ces évolutions surviennent dans un contexte de tensions croissantes provoquées par les violations répétées, par les États-Unis, du mémorandum d'entente d'Islamabad.
Le 7 juillet, Washington a révoqué une licence autorisant les ventes de pétrole iranien et a lancé des frappes aériennes contre des positions militaires iraniennes à la suite d'attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz.
Depuis lors, les États-Unis ont mené plusieurs vagues de frappes contre le territoire iranien. Le président américain Donald Trump a déclaré le cessez-le-feu "terminé" lors du sommet de l'OTAN tenu à Ankara le 8 juillet.
Malgré cette déclaration, Donald Trump a prétendu que les négociateurs américains poursuivront leurs discussions avec la République islamique d'Iran dans le but de parvenir à un accord de paix durable.
En Iran, les autorités affirment que Washington viole systématiquement les engagements qu'il a pris dans le cadre du mémorandum d'entente. Selon le représentant permanent de l'Iran auprès des Nations Unies, au moins 42 violations majeures de ce document ont été enregistrées du côté américain.
L'Iran a officiellement saisi les Nations unies, accusant les États-Unis d'avoir violé à 42 reprises le mémorandum d
Pour sa part, le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié les attaques américaines de violation flagrante de l'article premier du mémorandum, qui prévoit la cessation des opérations militaires.
En réponse à ces violations, Téhéran a annoncé ne plus se considérer comme lié à certaines dispositions du mémorandum, estimant que Washington l'avait "totalement démantelé".
Pendant ce temps, le Parlement iranien poursuit l'examen d'un projet de loi visant à formaliser le contrôle exercé par Téhéran sur le détroit d'Ormuz.
Ce texte établira un cadre juridique pour la gestion de cette voie maritime stratégique, reflétant la volonté de l'Iran de maintenir son autorité sur le détroit malgré les pressions exercées par les États-Unis.
