Dans la nuit du jeudi 16 juillet au vendredi 17 juillet, plusieurs frappes menées par l'armée américaine ont visé des installations civiles en Iran. Le bilan s'élève désormais à au moins 38 morts et plus de 400 blessés. Parmi les victimes, on dénombre huit morts et vingt blessés après l'attaque contre la tour de contrôle maritime du port de Shahid Kalantari, à Chabahar.
Les attaques de la nuit dernière ont principalement visé les provinces de Hormozgan, de Bushehr, du Sistan-et-Baloutchistan, du Khuzestan et du Lorestan. Elles font suite aux menaces du président américain Donald Trump de cibler les infrastructures civiles iraniennes, notamment les ponts et les centrales électriques, et ce, sous le mutisme de la communauté internationale face à ces crimes de guerre.
Alors que les températures dépassent les 50 degrés dans le sud de l'Iran, les Iraniens à travers le pays économisent l'électricité afin d'assurer une répartition équitable et optimisée de l'énergie, à la suite des frappes aériennes américaines qui ont endommagé des installations électriques. Les régions touchées subissent actuellement des vagues de chaleur extrêmes.
Au moins 38 morts et plus de 400 blessés
Selon le ministère iranien de la Santé, les attaques américaines ont fait au moins 38 morts et plus de 400 blessés.
Le ministère a précisé que trois femmes ont été tuées et 22 autres blessées. Un mineur a également perdu la vie et neuf autres ont été blessés. Quarante-sept personnes demeurent hospitalisées.
La tour de contrôle du port de Chabahar détruite
Les avions de guerre américains ont, pour la troisième fois cette semaine, pris pour cible la tour de contrôle maritime du port Shahid Kalantari de Chabahar, provoquant sa destruction totale.
Malgré des dégâts, les quais, les équipements de manutention et les principales infrastructures opérationnelles du port n'ont pas été endommagés, et aucune victime n'a été signalée sur le site.
Selon l'agence IRNA, les équipes techniques ont immédiatement évalué les dommages et sécurisé la zone, examinant ainsi la reprise des opérations portuaires. Les opérations de chargement et de déchargement devraient reprendre dès l'achèvement des inspections de sécurité.
Seul port iranien en eau profonde disposant d'un accès direct à la mer d'Arabie et à l'océan Indien, Chabahar représente une voie commerciale alternative essentielle pour l'Iran dans le présent blocus américain sur le détroit d'Ormuz, ainsi qu'une porte d'entrée commerciale essentielle pour l'Afghanistan et l'Asie centrale.
Le ciblage de la tour de contrôle, des quais commerciaux et d'un entrepôt par les États-Unis vise à perturber cette voie d'approvisionnement stratégique.
Hormozgan lourdement touchée
La province de Hormozgan a enregistré les pertes les plus importantes.
Six ponts du comté de Khamir ont été frappés dans les premières heures de vendredi, endommageant plusieurs voies routières reliant Bandar Abbas, Bandar Khamir et Lar ainsi que les routes traversant Latidan, Kahurestan, Keshar et Maru.
Selon le gouvernorat de Hormozgan, ces attaques ont fait sept morts et neuf blessés. Les autorités ont demandé aux habitants d'éviter les routes endommagées et à emprunter des itinéraires alternatifs et à laisser l'accès libre aux équipes d'urgence, de police et de pompiers.
La circulation sur l'autoroute Bandar Abbas-Lar, traversant Bandar Khamir, a partiellement repris, bien que les déplacements non essentiels restent déconseillés.
Par ailleurs, une personne a été tuée et huit autres blessées après une attaque terroriste des forces américaines contre le quartier résidentiel d'Allah Akbar Hill à Bandar Abbas.
Une autre attaque a visé une gare secondaire de Bandar Abbas peu après minuit, blessant deux personnes. Les autorités provinciales ont indiqué que la gare, située à l'écart des zones résidentielles, n'a subi que des dégâts limités à ses infrastructures.
Nouvelles frappes à Bushehr, à Ahvaz et à Lorestan
La province de Bushehr a également été la cible de deux frappes américaines en l'espace de quelques heures. Selon le gouverneur Mohammad Mozaffari, une personne a été blessée - les services d'urgence et médicaux se sont rendus sur place - et une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de cet incident.
Jeudi soir, dans la province du Khuzestan, des zones situées aux abords d'Ahvaz ont été frappées, selon le vice-gouverneur Valiollah Hayati, qui a indiqué qu'une évaluation des dégâts était en cours.
Ces attaques font suite aux frappes américaines menées plus tôt près d'Ahvaz, qui avaient entraîné l'évacuation préventive de l'hôpital Shahid Baghaï, que Téhéran juge de "crime de guerre lâche".
Jundishapur, l'Université des sciences médicales d'Ahvaz a annoncé que l'établissement demeurait temporairement hors service.
Dans l'ouest du pays, le vice-gouverneur du Lorestan, Saeed Pourali, a déclaré que les forces américaines avaient attaqué une zone du district de Veysian, dans le comté de Chegeni, vendredi. Aucun autre détail n'a été communiqué dans l'immédiat.
Le CGRI frappe un centre de commandement américain en Syrie, des radars à Oman et des dépôts au Koweït.
L'Iran a déclaré le détroit d'Ormuz fermé "jusqu'à nouvel ordre" et au moins jusqu'à "la fin de l'ingérence américaine dans la région".
Téhéran a riposté aux attaques américaines en ciblant des bases et des équipements militaires américains dans toute la région. Vendredi, les forces iraniennes ont lancé des salves de missiles et de drones contre des installations américaines à Bahreïn, au Koweït, en Syrie et à Oman.
