
Par I Fucking Love Australia, le 18 juillet 2026
Celui qui qualifie le charbon d'énergie propre facture désormais à un pays en feu le prix de la fumée.
Bon. Attachez vos ceintures. Je pensais avoir déjà vu le fond du baril en matière d'intelligence chez ce type. Je pensais que le fond se situait quelque part entre bombarder des ouragans, boire de l'eau de Javel ou prévenir les feux de brousse en Finlande avec un putain de râteau. J'avais tort. Le fond a un sous-sol, et le sous-sol un sous-sous-sol, et le sous-sous-sol une trappe, et au fond de cette trappe, assis dans le noir en train de boulotter un Filet-O-Fish dans sa propre crasse, se trouve cet article.
Le président des États-Unis, le tyran des solariums de Mar-a-Lardo lui-même, a annoncé que l'Amérique est "inutilement victime d'une invasion d'air crasseux, pollué et malsain" provenant des feux de forêt canadiens, et que le coût de cet air "doit nécessairement être rajouté aux DROITS DE DOUANE dont le Canada s'acquitte actuellement".
Il impose des droits de douane sur le ciel.
Il facture la météo.
Il envoie une facture au vent, et le vent, étant ce qu'il est, la traitera avec tout le respect qu'elle mérite, vraiment.
Voyons ce qui se passe réellement, car les faits comptent toujours, même s'ils ont été bannis de Washington
À l'heure actuelle, près de 850 feux de forêt font rage à travers le Canada, dont plus de 180 rien qu'en Ontario, le nord-ouest de la province étant particulièrement touché. Un incendie près de Collins, en Ontario, a ravagé plus de 350 000 hectares. Pour nos lecteurs américains, cela représente environ 865 000 acres. Pour nos lecteurs australiens, c'est un incendie plus vaste que l'ensemble du Territoire de la capitale australienne (ACT), avec encore suffisamment d'espace pour faire griller l'ego de la Tasmanie.
Des milliers de Canadiens ont été évacués. Des communautés entières du nord, dont beaucoup font partie des Premières Nations, ont dû quitter leurs foyers en emportant tout ce qu'elles pouvaient caser dans une camionnette. Mark Carney, le seul adulte encore présent dans cette relation bilatérale, coordonne les opérations et a souligné que les incendies se sont considérablement intensifiés ces dernières semaines.
Et voici ce que "Don le poupon" ignore commodément : les Canadiens respirent eux aussi cet air empoisonné. Mercredi, Toronto affichait la pire qualité de l'air de toute la planète, avant que Détroit ne lui ravisse le titre jeudi et vendredi. Le Canada n'exporte pas de fumée comme du sirop d'érable par dépit. Le Canada EST EN FEU. Ce sont les Canadiens qui en souffrent les premiers, le plus durement et le plus longtemps, tout en combattant les incendies eux-mêmes et en hébergeant les personnes évacuées.
Alors, que fait le leader du monde libre lorsqu'il voit son plus proche allié et son plus grand partenaire commercial en proie au désastre ?
Propose-t-il des avions bombardiers d'eau ? Bien sûr que non.
Propose-t-il des équipes de pompiers, comme les deux pays le font l'un pour l'autre depuis plus de 40 ans ? Non. Son propre ambassadeur à Ottawa, Pete Hoekstra, a publié une déclaration on ne peut plus décente sur quatre décennies de coopération commune contre les feux de forêt et comment "ce défi ne connaît pas de frontières". Pauvre type. C'est comme écrire un texte intelligent et diplomatique mercredi et voir son patron le réduire en fumée dès vendredi, comme s'il s'agissait, disons, d'un tas de broussailles.
Non. Le "Commandant en chef des catastrophes" envoie une putain de facture. Il voit un pays brûler et y voit une opportunité de facturation. Ce n'est pas de la politique d'État. C'est un agent de recouvrement muni d'armes nucléaires et d'un bronzage spray.
"Gestion forestière", de la part du type qui croit que les arbres ont des concierges
Le message accuse le Canada de refuser "la gestion forestière élémentaire et le déblaiement des débris", qualifiant cela de "négligence délibérée".
Mec. MEC. Ferme ta bouche.
Le Canada compte plus de 300 millions d'hectares de forêt. Une superficie dépassant celle de l'Inde. À elle seule, la forêt boréale s'étend de Terre-Neuve au Yukon. On ne peut pas la sarcler. On ne peut pas la nettoyer au souffleur à feuilles. On ne peut pas envoyer Kristi Noem là-haut avec un Dyson et une équipe de tournage. C'est le même ramassis de conneries dignes d'un cerveau extraterrestre qu'il recycle depuis 2018, quand il affirmait que la Finlande prévenait les incendies en "ratissant et nettoyant", et que le président finlandais a dû déclarer publiquement, dans ce qui équivaut diplomatiquement à un long soupir, qu'il n'avait jamais dit quoi que ce soit de ce genre. C'est le même type qui a dit aux Californiens en 2020 : "Vous devez nettoyer vos sols, vous devez nettoyer vos forêts". Les forêts. Les sols. Il prend la nature pour un parking de fast-food.
Voici ce qui déclenche réellement la plupart des incendies dans les régions nordiques reculées du Canada : la foudre. Des éclairs secs frappant des forêts déjà touchées par la sécheresse sous une chaleur record, des conditions exacerbées par le changement climatique que toute son administration passe depuis une décennie à qualifier de canular. On ne gère pas la foudre avec un souffleur à feuilles, et on ne peut pas imposer de droits de douane sur le cycle de l'eau, même si je ne doute pas une seconde qu'il va essayer. Donnez-lui deux semaines et il facturera la lune à cause des marées.
Et l'hypocrisie est si dense qu'on pourrait en paver une route. C'est ce pays qui est à l'origine des séries d'incendies en Californie, de la catastrophe de Maui, des inondations au Texas. Lorsque la fumée américaine dérive vers le nord - ce qui se produit régulièrement -, le Canada n'envoie pas de facture à Washington. Il envoie des pompiers. Parce que c'est ce que font les voisins quand leur empathie n'a pas été chirurgicalement remplacée par une glande à griefs plaquée or.
L'incendiaire qui vous facture le détecteur de fumée
Et maintenant, chers lecteurs, accrochez-vous bien, car nous en sommes aux limites de l'hypocrisie, ce point où les conneries deviennent si compactes qu'elles s'effondrent sur elles-mêmes et font plier les lois de la physique.
C'est ce même putain d'homme qui a passé une décennie à se dandiner dans les rassemblements en gémissant les mots "charbon propre et magnifique" comme s'il s'agissait de préliminaires. CHARBON. PROPRE. Cette roche noire dont la fonction consiste exclusivement à "mettez-moi le feu et je vous enverrai des particules, du mercure et du dioxyde de soufre directement dans les poumons jusqu'à ce que vous toussiez comme une cheminée pleine de poussière". Le charbon propre n'existe pas. Il n'a jamais existé. Qualifier le charbon de "propre" revient à traiter une fosse septique de "spa". Je suis allé dans une mine de charbon de BHP à Moranbah. Je sais à quoi ressemble cette saloperie lorsqu'elle sort du sol et je sais à quoi elle ressemble lorsqu'elle s'envole vers le ciel, et aucune des deux étapes de ce processus n'est propre, connard.
C'est le même homme qui a déclaré une "urgence énergétique" nationale pour pouvoir forer, fracturer et installer des pipelines sur chaque centimètre carré de terre que ses petits doigts boudinés pourraient désigner. Le même gouvernement qui s'est empressé de démanteler la "Roadless Rule" [La ministre de l'agriculture américaine, Brooke Rollins, en visite au Nouveau-Mexique le 23 juin, a annoncé l'abrogation de la "Roadless Rule". Cette réglementation, établie en 2001 sous Bill Clinton, préservait 31 % des forêts aux États-Unis de toute construction de route et de toute exploitation forestière] afin de pouvoir ouvrir des routes, installer des plateformes de forage et mener des opérations d'exploitation forestière à travers des dizaines de millions d'acres de forêts nationales américaines. Vous avez bien lu. Il veut tracer des gazoducs à travers SES PROPRES PUTAINS DE FORÊTS tout en donnant des leçons au Canada sur la gestion forestière. Ce n'est pas une posture politique. C'est un homme qui se plaint de l'odeur de votre barbecue tout en mettant activement le feu à sa propre maison, à la clôture de son voisin, et au chien.
Ce même homme a retiré les États-Unis de l'Accord de Paris du jour au lendemain, dès son arrivée au pouvoir, car apparemment, le seul accord qu'il respecte est celui qu'il a conclu avec son propre reflet. Dont le gouvernement qualifie le changement climatique de canular alors que la forêt boréale grille sous une chaleur record et que des éclairs secs transforment la moitié de l'Ontario en un putain de four. Et, détail si parfaitement conforme à son style qu'il mériterait d'être encadré et exposé au Smithsonian, quelques heures à peine après sa petite crise de colère contre la fumée, le New York Times a rapporté que son administration passe son temps à démanteler les laboratoires gouvernementaux chargés d'étudier la fumée des feux de forêt et ses effets sur la santé humaine. Il facture la fumée au Canada tout en licenciant les scientifiques qui l'étudient. Ce n'est pas de l'ironie. L'ironie est morte, incinérée, et ses cendres flottent actuellement au-dessus de Détroit. C'est juste indécent, de la connerie de classe militaire, à l'échelle industrielle.
Voici donc le bilan. Brûler tous les hydrocarbures du continent, c'est fait. Prétendre que le charbon est propre, c'est fait. Raser ses propres forêts protégées pour y faire passer des gazoducs, c'est fait. Licencier les scientifiques spécialistes de la fumée, c'est fait. Nier le changement climatique qui transforme le nord du Canada en poudrière, c'est fait. Puis, quand la physique que vous avez passé toute votre misérable carrière à nier vient répandre un peu de brume sur votre terrain de golf, envoyer une putain de facture à la victime.
C'est comme pisser dans le puits du village pendant 40 ans, puis facturer votre voisin parce que l'eau a un goût bizarre.
La facture qu'il ne peut légalement pas envoyer
Et voilà maintenant la morale cachée sous la morale. La Cour suprême, SA Cour suprême, celle qu'il a remplie de copains comme pour un petit-déjeuner de pancakes, a déjà invalidé sa capacité à imposer des droits de douane à des pays par décret d'urgence. L'ère du "j'en ai envie, donc j'impose des droits de douane" est légalement morte et enterrée. Pour augmenter les droits de douane aujourd'hui, il a besoin de véritables lois, de véritables enquêtes, de véritables périodes de consultation publique. Des mois de procédure. Des trucs ennuyeux et sérieux pour lesquels il n'a ni la patience ni assez de capacité d'attention.
Cela n'a donc rien à voir avec la politique. Impossible. Cet homme de 79 ans tape furieusement sur son clavier contre les nuages parce que la vue sur son parcours de golf s'est brouillée, et tout un parti fait comme si cela relevait d'une stratégie politique. Les républicains du Michigan ont rédigé une lettre officielle accusant le Canada d'incendie volontaire et de négligence dans la gestion forestière. Un candidat au poste de gouverneur soutenu par Trump a lancé un "dernier avertissement au Canada" concernant les "poumons américains". Un dernier avertissement. À un feu de forêt. De la part d'un type qui serait incapable d'éteindre une bougie parfumée sans un comité de consultation et un appel aux donateurs.
C'est le cycle TACO en miniature, les amis. Une menace énorme et effrayante, des coûts incalculables, "JE VAIS APPELER LE PREMIER MINISTRE", puis, quelque part entre les majuscules et le suivi, plus rien. Carney traite ce type comme un pantin depuis le jour où il a pris ses fonctions, et il va encore le faire aujourd'hui : calme, sérieux, factuel, totalement imperturbable, l'incarnation humaine d'un pare-feu. Il n'y a pas de meilleur faire-valoir pour un homme à l'âme de kérosène qu'un banquier central au tempérament en béton.
Le point de vue australien, parce que nous, on s'y connaît en feux
On a vu notre propre pays brûler pendant l'"Été noir". 24 millions d'hectares ont disparu. Notre fumée a traversé la mer de Tasman et a noirci les glaciers néo-zélandais. Elle a atteint l'Amérique du Sud, bon sang. Et vous savez ce qu'a fait la Nouvelle-Zélande ? Elle a envoyé des pompiers. Et vous savez ce qu'a dit le Chili ? Rien, parce que les pays normaux comprennent que la fumée n'est pas une marchandise, c'est une tragédie à l'état d'aérosol.
Si la logique de l'aigle à la pompeuse crête tenait la route, la Nouvelle-Zélande aurait pu nous facturer des milliards. Le Chili aurait pu déposer une plainte auprès de l'OMC contre nos eucalyptus. Chaque pays situé sous le vent de chaque catastrophe de l'histoire pourrait établir une facture. L'Islande est redevable à l'Europe pour 2010. L'Indonésie est redevable à la moitié de l'Asie du Sud-Est. Le Krakatoa est littéralement redevable à chaque être humain sur Terre.
C'est là tout le problème de ce message. Ce n'est pas seulement cruel, ce n'est pas seulement stupide, ce n'est qu'un avant-goût. Un monde où l'atmosphère fait l'objet d'une taxe douanière est un monde où le défi commun n'existe plus, où tout est la faute des autres, payable en dollars, à des taux fixés par le golem de la rancœur surmené qui s'est réveillé ce matin-là les nerfs à vif. Ce n'est pas de la politique commerciale. C'est un racket protectionniste mené par un homme qui croit sincèrement que le ciel est en train de l'envahir.
À tous les Canadiens, de la part de nous tous ici-bas qui savons exactement ce que l'on ressent face à ces couloirs d'évacuation : tenez bon. Le président de votre voisin vous facture l'incendie de votre propre maison. Le reste du monde le voit bien. Et le vent, heureusement, ne lit pas encore Truth Social.
Traduit par Spirit of Free Speech
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