
par Nournews
Anniversaire de la résolution 598 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Combattre ou négocier ?
L'enseignement le plus important du 18 juillet, date anniversaire de l'acceptation par l'Iran de la résolution 598 du Conseil de sécurité de l'ONU, est peut-être qu'une nation doit savoir quand combattre et quand négocier, et qu'en tout état de cause, elle ne doit jamais renoncer à défendre l'Iran, à préserver son indépendance et à protéger ses intérêts nationaux. Aujourd'hui, l'Iran a besoin à la fois du courage de combattre si la guerre lui est imposée et du courage de faire la paix si celle-ci peut consolider les acquis obtenus sur le champ de bataille.
Pour le système de gouvernance iranien, le 18 juillet marque non seulement l'anniversaire de l'adoption de la résolution 598, mais aussi l'émergence d'une doctrine politique stratégique qui demeure pertinente alors que l'Iran fait face à l'une de ses confrontations les plus complexes avec les États-Unis et le régime israélien. Si les huit années de guerre imposée ont mis à l'épreuve la détermination de la nation iranienne, la situation actuelle représente une nouvelle épreuve. Le champ de bataille, cependant, ne se limite plus à la terre, aux airs et à la mer. Il s'étend désormais de la table des négociations à la guerre de l'information, des sanctions économiques aux batailles juridiques et de renseignement.
Dans ces conditions, la plus grande erreur stratégique consiste à considérer la guerre et la paix comme des choix opposés, comme si prôner les négociations revenait à renoncer à la résistance, ou que privilégier la force militaire équivalait à rejeter la diplomatie. L'expérience historique de l'Iran, et notamment son acceptation de la résolution 598, démontre le contraire. Au moins au cours du siècle dernier, l'Iran n'a jamais initié de guerre. C'est toujours la guerre qui lui a été imposée. Comme lors des récentes guerres de 12 et 40 jours et autres confrontations, Téhéran n'a pas été à l'origine des hostilités, mais a réagi à une pression constante, à des menaces, à des sanctions, à des assassinats et à une agression militaire. Tout au long de son histoire, l'Iran a adhéré au même principe : ni capitulation ni agression.
Les huit années de la Défense sacrée ont illustré cette approche. L'Iran entra en guerre peu après la victoire de la Révolution islamique, avec des moyens militaires limités et sans le soutien des grandes puissances. À l'inverse, la quasi-totalité des grandes puissances soutenaient, directement ou indirectement, le régime baasiste irakien. Pourtant, la République islamique a non seulement empêché l'effondrement du pays, mais a aussi déjoué l'objectif principal de l'ennemi : saper l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Iran.
La force d'un système politique ne réside cependant pas seulement dans sa capacité à faire la guerre, mais aussi dans sa faculté à savoir quand il convient de changer de terrain. Vers la fin de la guerre, qui dura huit ans, la situation régionale et internationale avait évolué. Malgré la pression croissante exercée sur l'Iran, Téhéran conserva l'avantage et accepta la résolution 598 en position de force. Cette décision ne marqua pas la fin de la résistance, mais son passage du champ de bataille militaire aux champs de bataille politique et juridique.
Les événements ne tardèrent pas à le confirmer. Quelques jours après l'acceptation de la résolution par l'Iran, le régime baasiste irakien, croyant que Téhéran avait accepté la paix par faiblesse, lança une nouvelle offensive. La riposte iranienne déjoua les calculs de Saddam Hussein. La mobilisation renouvelée du peuple iranien et la résistance des forces armées démontrèrent que l'acceptation du cessez-le-feu était une décision délibérée, prise en position de force et non de faiblesse. L'Irak fut finalement contraint d'accepter cette paix même dont il avait auparavant refusé les conditions.
Cette expérience historique est plus pertinente que jamais. Ces derniers mois, l'Iran a subi un conflit majeur avec les États-Unis et le régime israélien, démontrant ainsi que la République islamique n'hésite pas à défendre sa souveraineté, sa sécurité et son indépendance et qu'elle répondra avec fermeté si la guerre lui est imposée. Parallèlement, ce conflit a également montré que même les opérations militaires les plus réussies ne mettent pas fin à la compétition stratégique. Une fois les armes tues, la lutte se poursuit par la voie diplomatique, le droit international, l'économie, les médias et l'opinion publique.
C'est pourquoi, si les capacités balistiques, la préparation de la défense et l'unité nationale constituaient les principaux atouts de l'Iran en temps de guerre, une diplomatie avisée, des négociations ciblées et une gestion politique saine deviennent, après le conflit, des compléments essentiels à ces forces. Un pays qui ne parvient pas à consolider ses acquis militaires par la diplomatie risque d'en payer le même prix sur le champ de bataille. De même, une diplomatie sans appui de la puissance se résume souvent à accepter les exigences de l'autre partie.
Voici la leçon que la résolution 598 a enseignée aux décideurs iraniens : la force et la négociation ne sont pas rivales, mais complémentaires. La force contraint l'autre partie à reconnaître les réalités, tandis que la diplomatie transforme ces réalités en accords, en engagements et en acquis durables. Toute tentative aujourd'hui de présenter la résistance et la négociation, ou la diplomatie et la force défensive, comme mutuellement exclusives relève d'une erreur stratégique. De même qu'aucun commandant militaire avisé n'entame de négociations sans levier, aucun homme d'État avisé ne laisse les acquis obtenus par la force s'éroder par manque de diplomatie.
Au cours des quarante dernières années, l'Iran a démontré à maintes reprises qu'il ne recherche pas la guerre, mais qu'il ne la craint pas non plus. La nation n'a initié aucun conflit, mais chaque fois que son indépendance et sa sécurité ont été menacées, elle a fait preuve de fermeté. Parallèlement, si ces mêmes objectifs peuvent être atteints par une diplomatie respectueuse, l'Iran s'est montré disposé à emprunter cette voie. Dans la culture politique iranienne, la paix n'est pas un signe de faiblesse, mais le fruit de la force.
Le message le plus important du 18 juillet, anniversaire de l'adoption de la résolution 598, est peut-être que le courage ne se mesure pas uniquement au lancement de missiles ou aux combats sur le champ de bataille. Le véritable courage réside dans la capacité à savoir quand combattre et quand négocier, sans jamais renoncer à un seul principe : la sauvegarde de l'Iran, la préservation de son indépendance et la protection de ses intérêts nationaux.
Aujourd'hui comme hier, l'Iran a besoin de courage sous deux formes : le courage de combattre si la guerre lui est imposée et le courage de faire la paix si celle-ci peut préserver les acquis du champ de bataille. Il ne s'agit pas de choix contradictoires, mais des deux phases d'une même stratégie, une stratégie qui a longtemps été le fondement de la survie, de la force et de la continuité de l'Iran et qui continuera de l'être à l'avenir.
source : Nournews via China Beyond the Wall