20/07/2026 2 articles ismfrance.org  5min #320716

Le « Conseil pour la paix » de Trump abandonne le « plan de relance » pour Gaza : ce que révèle un rapport

Middle East Eye, 17 juillet 2026.- Le "Conseil pour la paix" du président américain Donald Trump a revu à la baisse son "plan de relance" pour Gaza : le projet de reconstruction du territoire a laissé place à un camp temporaire composé de "modules préfabriqués", placé sous administration et surveillance policière palestiniennes, avec le soutien d'une petite force de sécurité internationale.

2 millions d'êtres humains entassés sur 133 km² de leur pays par leur occupant, soit 15.000 personnes au km², dans l'indifférence voire la complicité générale.

Ce projet pilote sera installé dans la zone dite tampon, le long de la ligne de cessez-le-feu près de Rafah, selon une  enquête du Guardian publiée jeudi. Sa conception actuelle s'éloigne considérablement de la présentation faite en janvier par Jared Kushner, gendre de Trump, qui promettait la mise en place d'infrastructures de base en 100 jours dans le cadre d'une vision de Gaza fondée sur  le libre-marché.

Aucun travail de construction ou de préparation n'a encore été entrepris pour ce projet, qui doit être mis en œuvre par la Force internationale de stabilisation (ISF), une force multinationale de maintien de la paix mandatée par les Nations unies et créée dans le cadre du plan de paix pour Gaza de 2025.

Une base logistique pour l'ISF est en voie d'achèvement au point de passage de Kerem Shalom, entre Israël et Gaza ; la force devrait suivre un entraînement en Égypte, avec des  contingents venus du Maroc, du Kosovo et, potentiellement, d'Albanie et du Kazakhstan. Leur formation nécessitera plusieurs mois, et le cadre juridique régissant leur présence fait encore l'objet de négociations avec le gouvernement israélien.

Ce projet pilote a été élaboré il y a deux semaines à  Chypre par des membres du Conseil pour la paix, de l'administration Trump, de l'Institut Tony Blair et du Comité national pour l'administration de Gaza.

Les troupes israéliennes se retireraient de la ligne de cessez-le-feu, et le camp serait placé sous la supervision de l'ISF et d'une force de police palestinienne spécialement formée.

Les caisses destinées au  projet pilote sont vides, ou l'état de leur financement demeure inconnu. Seule une infime partie des 17 milliards de dollars (12,6 milliards de livres sterling) promis pour le plan de paix de Trump en 20 points pour Gaza s'est concrétisée.

Le Conseil pour la paix tente d'accéder à une partie des 11 milliards de dollars de recettes fiscales palestiniennes ainsi qu'aux avoirs bancaires gelés, saisis et retenus par Israël, une démarche qui a suscité l'indignation de l'Autorité palestinienne.

Des élections en perspective

Le Guardian rapporte que les activités de construction pourraient rester limitées jusqu'aux élections israéliennes du 27 octobre, scrutin susceptible de renverser la coalition gouvernementale d'extrême-droite dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Plusieurs responsables israéliens ont  laissé entendre qu'une intensification du génocide à Gaza était inévitable, que Netanyahu l'emporte ou non dans les urnes, au motif que le Hamas n'a pas désarmé - bien qu'il ait  affirmé à maintes reprises être prêt à déposer les armes sous certaines conditions et ait participé à des négociations au Caire durant le week-end.

Plus de 73.000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle Israël a lancé sa guerre contre Gaza en réponse aux attaques menées par le Hamas contre le territoire israélien. D'éminents spécialistes du génocide, ainsi que des experts et des organisations de défense des droits humains, ont conclu que les actions d'Israël à Gaza s'apparentaient à un génocide.

L'Afrique du Sud a traduit Israël devant la Cour internationale de Justice pour des agissements qu'elle qualifie de génocide, et la Cour pénale internationale a émis des mandats d'arrêt à l'encontre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de l'ancien ministre israélien de la Défense Yoav Gallant.

La Cour a également émis des mandats d'arrêt contre des dirigeants du Hamas pour des crimes de guerre présumés commis lors de l'attaque du 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël. Ces derniers ont par la suite été assassinés par Israël.

Les pourparlers du Caire ont porté sur le désarmement du Hamas, en examinant quelle entité recevrait les armes déposées, les modalités de leur stockage et la question de savoir si les fusils d'assaut devaient être considérés comme des armes.

Selon des informations en provenance du Caire, un désarmement semble peu probable tant qu'Israël continuera de mener des frappes aériennes sur Gaza.

D'après le Guardian, un responsable au fait des discussions tenues à Chypre a indiqué que le Comité national pour l'administration de Gaza était divisé au sujet du projet pilote de Rafah.

Le comité craignait que ce projet n'installe une division parmi les 2,1 millions de Palestiniens de Gaza et ne relègue la majorité d'entre eux à un rang de priorité inférieure dans l'accès à l'aide [ceux parqués dans le "camp-pilote" bénéficieraient d'une offre de meilleurs hébergement et nourriture, NdT]

Article original en anglais sur  Middle East Eye / Traduction MR

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