Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que l'Iran était engagé dans une "guerre totale" contre les États-Unis, laquelle touche principalement l'économie et les moyens de subsistance de la population.
Le chef de l'État a tenu ces propos lundi lors d'une réunion du Haut Conseil judiciaire à Téhéran, alors qu'il développait son analyse de la guerre hybride menée par les ennemis contre la République islamique d'Iran.
"La réalité est qu'aujourd'hui, la République islamique d'Iran est engagée dans une guerre totale. Il ne s'agit pas d'une simple guerre de missiles", a-t-il déclaré.
Il a également souligné que les États-Unis et leurs alliés avaient désormais pleinement conscience que des frappes militaires ne suffiraient pas à contraindre la nation iranienne à capituler.
M. Pezeshkian a ensuite réaffirmé la détermination de l'Iran à défendre ses intérêts nationaux, en insistant toutefois sur le fait que le pays devait rester pleinement conscient des coûts et des conséquences d'une telle position.
"Nous défendrons notre pays et ses intérêts jusqu'à notre dernier souffle, et nous ne dévierons pas de cette voie", a-t-il affirmé.
Le président a estimé que l'unité, la cohésion nationale, la solidarité et le consensus constituaient aujourd'hui les besoins les plus urgents du pays. Il a ajouté que son gouvernement mettrait tout en œuvre pour renforcer la convergence nationale.
Évoquant les défis auxquels l'Iran est confronté, M. Pezeshkian a estimé que faire face simultanément aux menaces extérieures et résoudre les difficultés internes constituait une "nécessité incontournable".
Il a affirmé que les adversaires de l'Iran mobilisaient tous les moyens à leur disposition pour entraver le développement du pays et l'empêcher de poursuivre sa trajectoire "avec dignité, puissance et honneur".
"Ils ne veulent pas voir émerger dans cette région un pays indépendant, puissant et prospère", a-t-il déclaré, reconnaissant que la gestion simultanée des pressions extérieures et des défis internes serait particulièrement difficile.
Les acquis de l'après-guerre
Évoquant les négociations avec les États-Unis ainsi que le mémorandum d'entente signé entre Washington et Téhéran en juin, le président iranien a insisté sur la nécessité de préserver intégralement les droits et les intérêts nationaux, tout en excluant tout renoncement aux principes et aux valeurs de l'Iran.
Selon lui, l'Iran n'a consenti à aucun compromis sur ses droits, ses intérêts nationaux, ses valeurs révolutionnaires ou ses convictions dans les quatorze clauses du mémorandum d'entente ayant mis fin au conflit.
Il a affirmé qu'aucune concession contraire aux intérêts iraniens n'avait été accordée. "En pratique, aucun paragraphe n'accorde un avantage unilatéral à la partie américaine", a-t-il souligné.
M. Pezeshkian a en outre fait valoir que, sorti renforcé de la guerre après avoir infligé une défaite militaire et stratégique à ses adversaires, l'Iran avait contraint les États-Unis à abandonner leur plan visant à un "changement de régime", à reconnaître le droit de l'Iran à l'enrichissement d'uranium et à lever les sanctions illégales, transformant ainsi la résistance en un levier stratégique.
Néanmoins, les États-Unis ont commis de multiples violations depuis le 7 avril, date à laquelle le président américain Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu unilatéral à la suite de la dernière agression américano-israélienne contre la République islamique d'Iran. Ces violations se sont poursuivies après la signature, en juin, du mémorandum d'entente négocié entre Washington et Téhéran avec la médiation du Pakistan, dont la première clause stipule explicitement la cessation de toute agression sur tous les fronts.
