Le Cri des Peuples
Funérailles du défunt Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et de sa famille à Téhéran, en Iran, le 6 juillet 2026. (AFP)
Nous avons très peu l'occasion d'entendre la version des iraniens sur ce conflit. Cet entretien du Général Mohsen Rezaei se déroule dans un moment de guerre ouverte entre les États-Unis et l'Iran, après l'effondrement du protocole d'accord d'Islamabad, censé encadrer un cessez-le-feu et des négociations. Rezaei déclare que Washington a violé toutes les clauses essentielles, rendant l'accord caduc. Il annonce également la fin de la doctrine américaine qui mêlent "négociations diplomatiques et opérations militaires". Si Washington poursuit ses attaques, l'Iran passera à une phase offensive et destructrice, incluant notamment un engagement des forces terrestres.
Entretien avec le Général Mohsen Rezaei sur IRIB, la chaîne d'information nationale iranienne, 17 juillet 2026.
JOURNALISTE : Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Chers compatriotes, mesdames, messieurs, chers téléspectateurs de notre chaîne d'information nationale, bienvenue dans cette émission spéciale. Nous allons parler des développements les plus importants concernant le pays et la région. Permettez-moi de vous présenter l'invité de ce soir : le Général de division des Gardiens de la Révolution, Docteur Mohsen Rezaei, ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique pendant la Guerre imposée [la guerre Iran-Irak], invité spécial de l'émission de ce soir. Général, je vous salue, mes respects.
REZAEI : Que la paix soit sur vous. Je vous remercie de votre accueil, et je suis à votre service.
JOURNALISTE : La dernière fois que vous étiez l'invité de cette émission, vous aviez indiqué que les responsables américains, en particulier le président des États-Unis, ne respecteraient pas le protocole d'accord d'Islamabad. Aujourd'hui, nous voyons le sud de l'Iran sous la pression des agressions et des attaques américaines, ces jours-ci et ces nuits-ci. Ce protocole d'accord d'Islamabad tient-il encore ?
REZAEI : Il y a deux questions ici. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Commençons par ce verset noble du Saint Coran :
"Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre), parce qu'ils ont été lésés, et Dieu est certes capable de les secourir. Ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, sans droit."
Le Dieu Très-Haut dit, dans ce verset noble, qu'Il a autorisé les combattants qui subissent oppression et injustice à se battre, et qu'Il les rend victorieux, qu'Il les aide, qu'Il les secourt. La raison en est qu'ils ont été expulsés injustement de leur terre. Leur terre a été envahie injustement. Leur vie a été soumise à l'insécurité injustement.
Il y a donc deux questions ici. L'une est la question du protocole d'accord : pourquoi en est-on arrivé là ? L'autre est cette guerre qui a commencé : quels en sont les objectifs, sous quelle forme se déroule-t-elle ? Il me semble qu'il faut distinguer les deux. Commençons par le protocole d'accord.
Il vaut mieux qu'on regarde d'abord la question du protocole d'accord, pourquoi les choses se sont passées ainsi. Comme vous l'avez mentionné, le 15 ou 16 Tir [6 ou 7 juillet], j'avais dit à Monsieur le Docteur Khosravi : "Messieurs, vous qui êtes opposés aux négociations, patientez : Trump déchirera cet accord tout comme il a déchiré le JCPOA [accord nucléaire iranien]." Pourquoi ? Parce qu'il ne restait pratiquement plus rien du protocole d'accord, il n'en restait qu'un nom, et ce nom-là ne pouvait pas non plus subsister. Pour quelle raison ? Parce que, sur les cinq clauses que Trump avait acceptées comme préambule à l'exécution des autres clauses, ils les avaient toutes bafouées.
Leur premier manquement, la première violation du protocole d'accord, fut celle-ci : ils ont retardé la question du Liban, le cessez-le-feu au Liban a été retardé, il n'a jamais été pleinement mis en œuvre, le retrait israélien du Liban n'a pas eu lieu. C'est une première violation du protocole d'accord.
La deuxième question : ils sont venus établir un corridor, un itinéraire dans le détroit d'Ormuz, autorisant, encourageant, incitant une série de navires à passer en dehors des dispositions et de la gestion de l'Iran. Nous les avons frappés car cela constituait une violation : nous avons frappé deux ou trois navires, nous avons dit : "L'itinéraire par lequel passent quotidiennement 45 navires est ouvert, pourquoi passez-vous par là ? Selon l'accord, venez, passez par ici." Après que nous ayons frappé ces navires, les Américains sont venus commettre une troisième violation : ils ont attaqué nos côtes, attaqué l'aéroport de Bandar Abbas, frappé l'île de Qeshm, frappé l'usine de dessalement d'eau, alors que la première clause était que nous respections la souveraineté et le territoire des États-Unis, et qu'eux aussi respecteraient notre souveraineté et notre territoire. Sous quel prétexte, pour quel crime avez-vous bafoué cette clause et attaqué nos côtes ? Ce corridor méridional fut donc la deuxième violation, cette attaque contre nos côtes fut la troisième violation.
Pendant deux ou trois semaines, il y a eu des discussions sur ces 12 milliards de dollars qu'ils devaient nous verser. D'abord ils ont dit que ce serait prêt bancaire, puis ils ont dit que vous ne pourriez pas acheter n'importe quoi avec, mais seulement de la nourriture et des matières premières, puis ils ont dit que même cela, il faudrait l'acheter chez nous, les Américains. C'est-à-dire qu'en pratique, nous n'obtenions rien de ces 12 milliards. C'est la quatrième violation.
Donc, avant même le jour où j'ai annoncé que Trump déchirerait cet accord (parce qu'en pratique, il n'en restait plus rien concrètement) la question est : au moment où les Américains ont signé cet accord, avaient-ils l'intention de commettre de telles violations ? Oui, ils l'avaient. Pourquoi ? Parce qu'ils pensaient signer pour l'instant, mais, par la pression, contraindre l'Iran à agir selon leurs exigences.
Nous avions mis en place un comité ; Monsieur le Docteur Ghalibaf et Monsieur J.D. Vance étaient venus, un comité de règlement des différends avait été constitué, avec le Premier ministre du Pakistan et l'émir du Qatar. Ceux-là formaient le comité des différends. Notre question est celle-ci : si vous étiez réellement fidèles à ce protocole d'accord que vous aviez signé, et qu'un différend survenait, vous vous seriez adressés à ce comité. Pourquoi ne s'y sont-ils pas adressés ? Parce qu'ils voyaient que, s'ils s'y adressaient, ils seraient condamnés, puisqu'ils avaient violé l'accord, et si ces deux pays médiateurs et arbitres déclaraient que les Américains avaient commis des violations... C'est pour cela qu'ils ne se sont pas adressés au Comité de règlement des différends, et qu'ils ont essayé, par la force, par la pression, de mener à la fois la guerre et la négociation, politique que les Américains ont en réalité entamée après les négociations d'Islamabad.
C'est pour cette raison que j'ai dit que c'était terminé. Dès le début, dans les négociations que nous avons entamées à Islamabad, ils n'ont pas agi sincèrement avec nous. C'est-à-dire que, d'abord, nous n'aurions pas dû accorder de cessez-le-feu ; nous aurions dû poursuivre les négociations sous le feu, car les Américains étaient réellement à bout de souffle. Mais finalement, nos responsables politiques ont jugé que, puisqu'on négociait, il fallait un cessez-le-feu. Dès le premier jour des négociations à Islamabad, la session de négociation a duré 20 heures, oui, mais tout leur discours portait sur le nucléaire.
Le cessez-le-feu s'est poursuivi pendant deux semaines ; ils sont venus mettre en place le blocus maritime. Or, un blocus maritime, c'est déjà la guerre en soi : êtes-vous en train de négocier, ou de mener un blocus maritime ? Ils ont mené un blocus maritime. Une fois ces deux semaines terminées, ils ont dit : "Venez, prolongeons le cessez-le-feu." Nous n'avons pas accepté ; ils ont eux-mêmes prolongé le cessez-le-feu unilatéralement, et pendant ces deux mois écoulés, ils ont rechargé leurs chargeurs qui étaient vides ou à moitié vides, ils ont ajouté des avions ravitailleurs, ils en ont ajouté un certain nombre, et ils ont sombré dans une confiance excessive et trompeuse : maintenant que leurs chargeurs étaient pleins, leurs missiles complétés, et que leur flotte était prête, ils pensaient pouvoir, par la pression, orienter les négociations vers ce qu'ils voulaient eux-mêmes, même contrairement à leur propre signature.
Ici, notre Imam [le Guide suprême], notre chef, notre peuple ont tenu bon. Ils ont constamment recommandé aux négociateurs : "Faites attention, tenez bon, résistez." Et eux [les Américains] ont vu qu'ils n'allaient plus atteindre leurs objectifs par ces négociations. Ils ont mis de côté le protocole d'accord d'Islamabad. Donc, ni de nom ni en pratique, il n'existe plus rien qui s'appelle le protocole d'accord d'Islamabad. S'ils reprennent les négociations, ma prévision est qu'ils voudront y apporter des modifications, c'est-à-dire qu'ils voudront rédiger un nouveau protocole d'accord, car, évidemment, dans ces conditions, avec toute cette absence de sincérité et cette absence d'accompagnement équitable envers l'Iran, la situation a beaucoup changé, surtout avec le martyre du Guide de la Révolution et la question du droit du sang, la question de la vengeance. Naturellement, ils ont emprunté une mauvaise voie et sont de nouveau tombés dans des calculs erronés. Ce n'était donc pas du tout un protocole d'accord, c'était lié à la guerre.
JOURNALISTE : Oui. Un point très important : maintenant, ils ont commencé leurs attaques et leurs agressions contre le sud, tout en évoquant un blocus maritime, tout en annonçant : "Je veux mener un ensemble d'options dans une guerre hybride - blocus, frappes aériennes, et d'autres questions." Toutes ces options, le glorieux Général [Trump] les a déjà menées, et il en est ressorti en échec.
REZAEI : Voyez : cela fait maintenant 5, 6 jours qu'ils bombardent les provinces du sud, qu'ils les frappent de missiles. La province du Khuzestan, la province de Bouchehr, la province d'Hormozgan, la province du Sistan-Baloutchistan.
C'est comme quelqu'un qui veut faire quelque chose, mais qui a extrêmement peur, et qui tire dans toutes les directions autour de lui. Ils ont une intention, ils veulent faire quelque chose, mais de l'ouest de l'Iran jusqu'à l'est de l'Iran, ils bombardent au missile. Ils frappent des casernes, ils frappent des hôpitaux. Ces ponts qui relient les provinces du nord au sud, ils les ont frappés. Bien sûr, nous leur avons infligé des gifles retentissantes, coup sur coup, et nous continuerons à le faire ; nous leur ferons payer, et cette fois-ci nous irons encore plus loin qu'auparavant. Des gifles répétées, fermes, et très cinglantes. Nos forces armées, le Corps des Gardiens de la Révolution, la marine du CGRI, la force aérospatiale du CGRI, l'armée de la République islamique, nous frappons. Mais tout cela, ils le font pour préparer une opération que je vais expliquer.
Ils ont donc entamé cette guerre depuis une semaine environ ; ils ont commencé en cherchant, par une initiative nouvelle similaire au blocus maritime, et parallèlement au blocus maritime, à briser notre résistance, à dire : "Vous êtes sous blocus maritime, voyez, nous avons pris tel point", maintenant ils parlent de Kharg et d'autres endroits, mais en fin de compte, ils ont une intention opérationnelle. Soit cela ressemble à l'opération manquée d'Ispahan, soit c'est le bombardement de nos sites nucléaires, qu'ils ont dit à plusieurs reprises avoir détruits, mais qu'ils veulent quand même revenir frapper ; soit c'est la prise d'une partie de notre territoire, par voie aérienne, en débarquant des troupes, pour dire : "Vous êtes sous un blocus maritime sévère, et cette portion de votre territoire, nous l'avons bombardée sévèrement aussi, venez, négocions maintenant, discutons comment amender ces trois ou quatre clauses de ce protocole d'accord."
Tabas, 1980 (2 avions détruits, 8 soldats tués dans une opération manquée visant à libérer les "otages de l'ambassade américaine") ; Isfahan, 2026 (plus de 10 avions détruits, nombre de morts inconnu dans une opération manquée visant à sauver un pilote et/ou à s'emparer de l'uranium hautement enrichi iranien)
Nous sommes prêts, mais je veux dire que la politique de "guerre et négociation en même temps" est complètement terminée. On avait à la fois la guerre et la négociation ; c'est terminé.
Et je déclare, au nom de toutes les forces armées, que jusqu'à présent, nous avons opté pour ne pas élargir la guerre, et non pour passer à l'offensive. Qu'avons-nous fait ? Dans la guerre des 12 jours, nous cherchions vraiment à éviter que la région ne s'embrase, c'est-à-dire que, bien que l'Amérique et Israël nous aient attaqués lors de la guerre des 12 jours, nous n'avons attaqué ni les bases américaines au Koweït, ni ailleurs. Mais après la guerre des 12 jours, nous avons dit : "Faites attention, si nous recommençons la guerre, elle deviendra régionale." Malheureusement, ce sont eux qui ont recommencé la guerre, et nous avons régionalisé la guerre.
Dans les deux guerres, notre politique a été la dissuasion, la réciprocité, c'est-à-dire : ils tirent des missiles, et nous, nous leur envoyons des missiles fermes et puissants en pleine gueule, en plein visage.
Iranian Revolutionary Guard:"What kind of army is this that abandons its military bases and flees to take refuge in hotels and shopping centers?"
"Taking shelter in civilian areas - is this the most powerful army in the world?" pic.twitter.com/4GRHZ1m5mF
- Global Insight Journal (@GlobalIJournal) July 18, 2026
"L'armée américaine a été humiliée. Aujourd'hui, l'armée des États-Unis n'a plus aucun esprit combatif. Une armée qui fuit ses propres bases pour se réfugier dans des centres commerciaux et des hôtels afin d'éviter d'être prise pour cible par les forces armées de la République islamique d'Iran, quel genre d'armée est-ce là ? Peut-on encore la qualifier d'armée la plus puissante du monde ? Une armée qui abandonne ses positions principales pour chercher refuge dans des centres civils ?"
JOURNALISTE : Œil pour œil.
REZAEI : C'était, si vous voulez, l'une des interprétations : œil pour œil. L'objectif principal était la dissuasion, mettre fin à la confrontation. Le détroit d'Ormuz dont nous avons pris le contrôle, c'était pour mettre fin à la confrontation. L'établissement de la sécurité dans le détroit d'Ormuz avait et a deux objectifs pour nous. L'un est notre propre sécurité : nous ne pouvons pas permettre à des forces hostiles de passer par ce détroit et de pénétrer dans le golfe Persique, alors que la majorité des côtes du golfe Persique nous appartiennent. Maintenant, si des forces hostiles passaient par le détroit d'Ormuz et entraient dans le golfe Persique, quelle sécurité aurions-nous ? Nous voulons donc le détroit d'Ormuz pour la sécurité, pour empêcher les méfaits.
Le deuxième point est la sécurité de l'économie mondiale : si nous ne l'établissons pas, le monde entier commencera une guerre mondiale à partir de ce même golfe Persique. Par exemple, que nous disent les Américains ? Les Américains disent : "Nous n'avons rien à redire, vous aussi vous pouvez gérer, laissez-nous gérer ensemble en partenariat." Bon, partenariat, qu'est-ce que ça veut dire ? Partenariat, ça veut dire que les Américains viennent jouer un rôle ici, dans ce point névralgique de l'énergie mondiale. Même les Européens n'acceptent pas cela. Les Russes non plus. La Chine non plus. Pourquoi veulent-ils gérer le goulet de l'énergie mondiale ? Parce qu'ils veulent avoir la main sur le prix du pétrole, la main sur le prix de l'essence. Cela signifie donc que les Américains démarreraient une Troisième Guerre mondiale depuis le golfe Persique, contre la Russie, la Chine et le monde entier. Cela deviendrait comme la Seconde Guerre mondiale : nous avions déclaré notre neutralité lors de la Seconde Guerre mondiale, mais pourquoi les Russes et les Britanniques sont-ils venus envahir l'Iran ? Par conséquent, la sécurité du golfe Persique est directement liée à notre sécurité, et indirectement aussi, car elle est liée à la sécurité mondiale et à l'économie mondiale. Nous ne devons permettre à personne d'autre que l'Iran de gérer les choses ici, sinon les conflits mondiaux et les règlements de comptes mondiaux, l'Amérique les amènera ici, sur nous et sur les pays voisins. Le détroit d'Ormuz nous appartient donc.
JOURNALISTE : Est-ce donc la raison pour laquelle l'Amérique est si effrayée et paniquée à l'idée que la République islamique d'Iran ait obtenu une souveraineté officielle sur le détroit d'Ormuz ?
REZAEI : C'est pour cette raison. Ils sentent que si le détroit d'Ormuz est indépendant, comme la République islamique qui est indépendante, et que celui qui possède ce détroit, à savoir l'Iran, le gère et empêche l'ingérence des puissances internationales comme les États-Unis, les intérêts américains face à la Russie, la Chine et d'autres pays disparaîtront. Est-ce que les Américains n'imposent pas en ce moment même des droits de douane à l'Europe ? Les Européens n'ont-ils pas dit qu'ils riposteraient à l'avenir ? Même entre l'Europe et l'Amérique, si les Américains venaient vouloir être partenaires dans la gestion du détroit d'Ormuz, une dispute éclaterait aussi entre l'Amérique et l'Europe. Par conséquent, tant pour notre propre sécurité que pour la sécurité de l'économie mondiale, nous devons ici tenir fermement le détroit d'Ormuz, l'administrer, et permettre que le commerce mondial s'établisse. La raison pour laquelle nous avons fermé le détroit en ce moment, c'est que les Américains commettent des méfaits ; nous avons fermé le détroit contre eux.
J'ai entendu que certains dans le pays ont dit : "Non, dans cette affaire, c'est l'Iran le coupable, parce que c'est l'Iran qui a commencé l'affrontement." Où avons-nous commencé ? Nous avons fermé le détroit d'Ormuz au moment où l'Amérique, tant en pratique qu'en parole, était sortie du protocole d'accord. Nous devions donc faire cela. Nous devons tenir bon. La sécurité du golfe Persique nous incombe. La sécurité du détroit d'Ormuz nous incombe.
Bon, à ce sujet, maintenant, ils frappent ces provinces, et cherchent, en parallèle du blocus maritime qu'ils ont recommencé, à créer aussi un nouveau point de pression. Pour dire quoi, de nouveau ? Pour dire : à la fois négociation, à la fois guerre. Moi, je déclare que c'est fini. Avoir à la fois la négociation et la guerre, c'est fini. Si, dans les deux ou trois prochains jours, les Américains poursuivent la guerre, nous entrerons pleinement dans une phase offensive et destructrice. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire que nous ne nous contenterons plus de la simple réciprocité. Plus aucune frontière politique face aux forces offensives iraniennes n'aura plus de sécurité. Bien sûr, nous respecterons tous les gouvernements ; tous les peuples sont nos frères. Mais nous poursuivrons désormais les soldats américains par l'offensive. Nous poursuivrons désormais les bases américaines par l'offensive. À la fois la négociation et la guerre, c'est terminé. C'est fini, révolu. Il vaut donc mieux qu'ils ne continuent pas.
La raison pour laquelle nous avons des réserves à faire cela, c'est que si nous entrons dans cette phase, les tensions et les failles présentes dans la région et au niveau international s'activeront. C'est-à-dire qu'un défi surgirait entre la Turquie et Israël, un affrontement surgirait entre l'Arabie saoudite et certains pays, entre la Chine et Taïwan, entre la Russie et l'Europe. Bref, des flammes surgiraient partout dans le monde, des flammes plus fortes et plus étendues. Et nous ne le voulons pas, nous ne le voulons pas. Mais les Américains, tout comme ils ont régionalisé la guerre en nous y contraignant, malheureusement commettent cette erreur. C'est une autre erreur de calcul que les Américains sont précisément en train de commettre.
Je demande donc à tout le peuple de la région, au peuple du Koweït, au cher peuple de Jordanie, qui a été le lieu de passage des prophètes divins, au peuple d'Abou Dhabi, au peuple du Qatar, à tous, d'empêcher l'embrasement de cette guerre. Empêchez l'embrasement de cette guerre. Ne laissez pas les Américains et Israël, en pratique, galoper ainsi et lancer leurs chevaux de tous côtés dans la région sans compte ni calcul.
Quoi qu'il en soit, la question de la guerre est sérieuse, mais cette politique américaine qui pense que "à la fois la négociation et la guerre", voulant que cela s'éternise, à mon avis, ils n'arriveront à rien. Bien sûr, même à ce stade actuel, qui est le stade de la réciprocité, le stade de la dissuasion, nous frappons très fort, et dans les jours à venir nous intensifierons encore. Que les Américains s'attendent à des vagues de drones, que l'Amérique s'attende à des vagues de missiles : il n'y aura plus un ou deux ou trois missiles, ce ne sera plus le cas. Et maintenant, si vous débarquez par exemple à un endroit, supposons que vous y arriviez, ensuite, comment allez-vous sortir, comment allez-vous fuir ? Ce sera certainement pire que l'incident d'Ispahan pour les soldats américains, et ils se retrouveront dans une très grande difficulté.
Je veux poser la question : pourquoi les Américains sont-ils entrés à la fois dans la pression et dans la guerre ?
JOURNALISTE : Avant que vous nous expliquiez ce point, vous êtes en train de dire que le facteur d'insécurité de la région, ce sont les Américains. Les Américains, eux, affirment que c'est l'Iran le facteur d'insécurité de la région. Le président des États-Unis insulte constamment le peuple iranien, poursuit ses diatribes contre l'Iran, et évoque bien sûr le fait qu'il s'empare de telle ou telle zone, île de la région. Quelle est votre réponse à ces diatribes ?
REZAEI : Vous voyez, d'abord, parfois, si l'on veut sans cesse répondre à une personne très [méprisable], cela devient en quelque sorte une manière de lui accorder de l'importance. Je ne pense pas qu'il y ait encore quelqu'un dans le monde qui accorde du crédit à Trump ; il est devenu une blague, un objet de moquerie, de dérision. Monsieur Trump est un idiot qui, sans calcul, multiplie sans cesse les actes grossiers, et qu'il soit certain que nous lui donnerons nos réponses sur le terrain. Nous ferons en sorte qu'à l'avenir, même dans son propre pays, plus personne ne laisse Trump s'approcher, qu'il soit traité, en Amérique même, comme un germe de corruption, comme quelqu'un qui a entraîné l'Amérique dans le bourbier.
À mon avis, c'est un individu dont le comportement est idiot, grossier et insolent, dont les propos ne reposent sur aucun raisonnement sensé ni logique, et nos réponses, à chaque grossièreté qu'il commet - nos amis, moi-même, nos amis -, nous ne cessons d'y répondre. Et pour ce que j'ai dit concernant le fait qu'ils voudraient s'emparer d'un point de notre territoire : il se peut que nous entrions dans cette phase offensive, que nous sortions de l'état défensif, que nous sortions de l'état de dissuasion et de réciprocité.
JOURNALISTE : Vous avez mentionné, dans vos propos, un point : que les Américains cherchent à instaurer la politique "guerre et négociation". Pourquoi, Général ?
REZAEI : Vous voyez, auparavant leur politique n'était pas celle-là. Ils avaient entamé une guerre existentielle contre nous, visant à occuper l'Iran, à faire tomber la République islamique, et à diviser l'Iran en 5 zones. Cette région même qu'ils sont en train de bombarder actuellement fut l'une des zones que les Américains, parmi ces cinq zones, comptaient occuper, la zone pétrolifère iranienne, du Khuzestan à Bouchehr jusqu'à Bandar Abbas ; c'est la zone pétrolifère de l'Iran. C'était l'une de ces cinq zones qu'ils voulaient prendre pour faire tomber la République islamique et diviser l'Iran.
Puis, lors de la guerre des 40 jours, ils ont pleinement compris que cette politique ne fonctionnait pas à court terme. Ils sont venus transformer la guerre existentielle en guerre politique. Nous, qu'avons-nous fait ? Lors de la guerre des 40 jours, nous avons répondu à la guerre par une révolution. Nous ne sommes plus venus répondre à la guerre par une action militaire uniquement. Une révolution s'est levée, une renaissance s'est levée. Vous avez donc bien vu, depuis la guerre des 40 jours jusqu'à maintenant, dans quel état d'esprit se trouve le peuple iranien. Le cortège funèbre de l'Imam (Khamenei), quelle situation a-t-il créée en Iran et en Irak ? Comment nos forces armées frappent-elles avec puissance ? Une grande révolution s'est produite en Iran face à une guerre militaire.
Ils cherchent, par cette politique de "guerre et négociation", à transformer cette révolution en un simple différend politique, à dire : "Il n'y a pas de révolution ici ; le peuple iranien et le gouvernement iranien ont un différend politique avec nous, nous menons à la fois la guerre et la négociation, et à la fin nous parviendrons à un accord, à la fin nous parviendrons à un compromis." Maintenant, il y a un certain nombre de personnes qui refusent cette lecture, mais notre peuple, c'est une révolution. Notre peuple a maintenant levé l'étendard "ô vengeurs du sang de Hussein" comme celui de cette révolution. Leur slogan doit être : se lever pour Dieu. Leurs objectifs : l'indépendance de l'Asie occidentale (Moyen-Orient) vis-à-vis de l'Amérique et d'Israël. Tout comme l'Iran est devenu indépendant, l'Asie occidentale doit devenir indépendante. Une société mahdiste doit être établie en Iran. Nous pouvons nous-mêmes briser les sanctions, les sanctions économiques. Il faut qu'une révolution économique, une guerre économique soit lancée. Le peuple iranien a déclenché une révolution.
Toute leur peur, c'est que cette révolution se poursuive. Ils s'efforcent de la faire redescendre au niveau d'un simple différend politique entre l'Iran et l'Amérique. Un différend politique, cela signifie que la guerre, pour l'instant, sortirait de sa nature existentielle pour devenir une guerre politique, et l'Iran se contenterait alors d'une défense politico-militaire. Doucement, doucement, nous irions vers le fait de clore, pour l'instant, notre différend à court terme en obtenant certaines concessions de l'Iran, pour mettre fin à l'affaire pour l'instant, afin de revenir, dans un an, deux ans, avec l'aide d'Israël, avec l'aide d'autres pays, tenter à nouveau notre chance, pour voir si on peut prendre l'Iran, l'occuper, diviser l'Iran en cinq zones.
Par conséquent, ma requête à tous les hommes d'État, à tous les élites, à tous nos chers concitoyens : nous-mêmes, ne faisons pas redescendre cette affaire d'une révolution à un simple différend. L'Amérique et Israël cherchent à faire redescendre cette révolution. C'est pourquoi certains différends politiques que je vois se former dans le pays, cela signifie s'aligner sur la voix de nos ennemis. Nous avons déclenché une révolution. Cette révolution doit véritablement changer la manière de gouverner le pays, la manière de gérer l'économie. Nos forces armées doivent être dix fois plus puissantes. En l'espace de deux ans, nous devons accomplir l'équivalent de dix ans, tant dans les forces armées que dans la gestion du pays ; nous devons rapidement nous rattraper. Aujourd'hui, de nombreux hommes d'État du monde disent : "Vous avez atteint une position très élevée, mais pourrez-vous conserver cette position ?" Bon, conserver cette position signifie que nous devons poursuivre la révolution.
Face aux menaces qui sont apparues, nous devons créer des opportunités. Créer des opportunités, cela signifie que ces opportunités qui sont apparues, nous devons les transformer, les concrétiser. Par conséquent, la question de la vengeance doit être prise au sérieux. Reculer sur la vengeance, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que nous voulons transformer cette révolution en un simple différend politique. Quel différend politique existe-t-il ? Depuis le coup d'État contre Monsieur Mossadegh, l'Amérique s'est dressée face à nous. Depuis 70 ans, elle se dresse devant nous. Pour quel crime les Américains ont-ils fait un coup d'État contre la nationalisation du pétrole ? Pour quel crime ont-ils renforcé le Shah ? Le 15 Khordad [manifestations des 5 et 6 juin 1963 contre l'arrestation de Khomeini par le Shah], des centaines de personnes de notre peuple sont devenues martyres. Pour quel crime, face à la révolution de 56 et 57 [1978-1979 selon le calendrier iranien], ont-ils équipé le Shah ? Pour quel crime ont-ils encouragé Saddam Hussein, qui a attaqué l'Iran pendant 8 ans, qui a utilisé des armes chimiques ? Pour quel crime ont-ils conçu à Bagdad le coup d'État de 1359 [1980] avec le général Oveissi ? Et pour quel crime ont-ils mené la guerre des 12 jours et la guerre des 40 jours ?
Il faut une révolution, et cette révolution a commencé, et cette renaissance a commencé, son étendard est "ô vengeurs du sang de Hussein", son slogan doit être : se lever pour Dieu, et ses objectifs sont l'indépendance de l'Asie occidentale vis-à-vis de la présence d'ennemis comme Israël et l'Amérique, qui ont soif du sang des musulmans. Voilà leurs objectifs.
JOURNALISTE : Général, quels sont les "il faut" et les "il ne faut pas" pour préserver cette révolution, qui est sur cette voie ?
REZAEI : Très bonne question que vous posez là. Le premier "il faut", c'est de ne pas permettre que la révolution redescende au niveau d'un simple différend politique entre nous et l'Amérique. Nous devons, tout comme notre peuple s'est soulevé, préserver cela, ne pas laisser cela s'arrêter là ; la révolution doit se poursuivre, la révolution doit continuer.
Bon, maintenant, si l'on veut que la révolution se poursuive, quelle est sa première condition ? L'unité derrière le Guide de la Révolution. Les critiques, qu'elles concernent la guerre ou la négociation, les deux camps peuvent avoir des propos justes, mais il faut que ces propos s'expriment de manière à ce que l'unité derrière le Guide de la Révolution soit préservée. Les négociateurs doivent agir selon les politiques du Guide de la Révolution. Les critiques adressées aux négociateurs doivent s'exprimer dans le cadre des politiques du Guide de la Révolution. L'unité n'est pas possible sans alignement avec le Guide de la Révolution.
Donc, le deuxième point ou le troisième point c'est la fermeté. La fermeté... Dieu merci, vous, dans le cadre de la guerre des 12 jours, vous avez très bien agi, en tant que femme courageuse, vous avez montré votre fermeté [quand le studio de la télévision iranienne a été bombardé en direct, la journaliste a réagi courageusement]. Nous devons, aux côtés de l'unité, avoir de la fermeté.
Cette fermeté vaut beaucoup pour nous, sa valeur est grande, c'est difficile, mais son résultat assurera l'Iran pour les 50 prochaines années à venir. Elle établira la sécurité de l'Iran, redressera l'économie iranienne, le commerce iranien s'ouvrira, l'Amérique et Israël s'écarteront du chemin de notre peuple. Bien sûr, la fermeté demande de la patience, elle a un coût, elle demande de l'endurance. Cette fermeté, c'est le troisième point.
Général Mohsen Rezaei : "À la fois la négociation et la guerre, c'est terminé. Si, dans les deux ou trois prochains jours, les Américains poursuivent la guerre, nous entrerons pleinement dans une phase offensive et destructrice. Plus aucune frontière politique face aux forces offensives iraniennes n'aura de sécurité. Nous poursuivrons désormais les soldats américains par l'offensive."
Donc : premièrement, que la révolution ne redescende pas à un simple différend politique ; deuxièmement, préserver l'unité derrière le Guide de la Révolution ; troisièmement, avoir de la fermeté : nous devons tenir fermement nos positions, tout comme, jusqu'à présent, nous avons véritablement, conformément au droit international, formulé nos revendications.
Et le quatrième point, c'est que nous avons deux dossiers sur la table avec les Américains. L'un, c'est nos droits : nous avons des droits envers l'Amérique ; ils nous ont causé des dommages, ils doivent nous verser réparation pour ces dommages. C'est donc une question de revendication envers l'Amérique. Le second, c'est la question de la vengeance. Si la vengeance n'est pas prise, en particulier la vengeance de (l'assassinat de) notre cher Guide, parce que, comme vous le savez, autrefois, même à l'époque des rois Qajars et des rois Pahlavi, on observait un principe : que le sanctuaire de la marja'iyya [l'autorité religieuse suprême] ne devait être violé par personne. À l'époque où l'Imam [Khomeini] a été arrêté en Khordad 42 [juin 1963], les marja' de Qom ont déclaré : "L'Ayatollah Khomeini est un marja', un marja', vous n'avez pas le droit de toucher au moindre (de ses cheveux)". Bon, maintenant, un marja' (a été assassiné), nous avons été rendus martyrs dans la personne de notre marja', qui était aussi notre Guide. Les Américains, dans le martyre de notre Guide, ont franchi notre plus grande ligne rouge.
Si cela s'installe, si cela devient normal qu'à tout moment on frappe le dirigeant d'un pays, qu'on frappe le Guide de la République islamique, qui est à la fois marja' et Imam de la Oumma, si cela s'installe, alors le système même de sécurité nationale de l'Iran s'effondre. Par conséquent, nous ne pouvons pas, nous ne pouvons pas passer outre le sang de notre Imam. C'est dangereux tant pour l'Iran que pour le monde entier, pour le monde entier, et pour notre sécurité nationale, pour nos générations futures. Ils ont commis un acte extrêmement dangereux ; ils ont franchi la plus grande ligne rouge de la République islamique. L'Amérique et Israël ont franchi cela ; ce n'est pas quelque chose d'acceptable. Même le régime du Shah n'a jamais osé faire cela. Quand les marja' de Qom ont dit que l'Ayatollah Khomeiny était un marja', que "vous ne pouvez pas vous en prendre à lui", le régime du Shah a été contraint de le libérer, de l'exiler, parce qu'il voyait que cela créait une vague immense en Iran. Et vous avez vu, tant en Irak qu'en Iran, quelle vague immense s'est créée, et tous scandaient "Vengeance ! Vengeance !".
Ce n'est pas seulement une question de croyance ; c'est une question rationnelle, juridique, qui concerne la sécurité future de l'Iran. Par conséquent, nous avons actuellement deux dossiers sur la table avec les Américains et avec ceux qui ont déclenché cette guerre. L'un, ce sont nos droits : nous devons réclamer nos droits, ils nous ont causé des dommages. Le second, c'est la sécurité future du pays, et le fait d'assurer la protection future des dirigeants du pays.
JOURNALISTE : Général, nous avons abordé de nombreux sujets ce soir dans cette émission spéciale d'entretien d'information. Compte tenu du temps qu'il nous reste, deux minutes pour une conclusion finale et tout ce qui est important, tandis qu'à l'antenne de cette émission, sur la chaîne d'information, nous continuons de voir la présence du peuple sur le terrain, et ce sont des images sans précédent après tout ce temps.
REZAEI : Je recommande, en tant que soldat, j'embrasse vraiment la main de tout le peuple iranien, j'embrasse la main de l'analyse populaire, j'embrasse la main des élites. En tant que soldat, je vous demande : ce lourd tribut que nous avons payé pour cette révolution, ne laissez pas cette révolution redescendre et se transformer en vagues politiques, à l'intérieur ou dans les relations internationales. Une grande révolution s'est mise en marche. Elle doit se poursuivre, jusqu'à ce que nous atteignions tous ses objectifs.
C'est comme en l'an 57 [1978-1979], quand le Conseil de régence s'est formé en Iran, avant le 22 Bahman [11 février 1979] : certains ont dit à l'Imam : "Monsieur, laissez tomber maintenant, ce Conseil de régence est venu se substituer au Shah." L'Imam a répondu : "Comment pourrions-nous laisser tomber ? Nous devons atteindre notre objectif." Et l'Imam a persévéré jusqu'au 22 Bahman, et les objectifs de la Révolution islamique se sont concrétisés. Nous sommes maintenant à mi-chemin de cette révolution. Cette révolution doit se poursuivre : depuis les rues, depuis les places, depuis l'intérieur des foyers, depuis l'intérieur des usines, depuis l'intérieur des universités. Nous avons besoin de nouvelles technologies. Nous avons besoin que nos forces armées soient soutenues par l'innovation et de nouvelles inventions. Nous avons besoin de missiles plus puissants. Nous avons besoin de poursuivre les innovations et les créativités à double usage, tant militaire qu'économique. Par conséquent, cette révolution est une révolution globale ; nous devons continuer jusqu'à atteindre tous nos objectifs.
Qu'on ne nous arrête pas en plein milieu : n'ayons pas payé le prix sans avoir obtenu de résultat.
JOURNALISTE : Je demande à mes amis de la diffusion de la chaîne d'information de nous accorder un peu plus de temps, et je voudrais poser une question importante en conclusion. Peut-être voyons-nous, sur le terrain des opérations et dans les ripostes foudroyantes du Corps des Gardiens de la Révolution, la préparation et la motivation de nos hommes vaillants au sein des forces armées. Vous êtes l'ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique pendant la Défense sacrée. Le peuple aimerait beaucoup savoir : sur le terrain, et concernant l'état de préparation des forces armées, où en est l'Iran actuellement ?
REZAEI : Je promets à notre cher peuple que, bien que nous fassions vraiment face à un ennemi très puissant... et je recommande constamment à tous mes frères, tant au sein du Corps des Gardiens que de l'armée : ne sous-estimez pas l'ennemi, préservez votre vision, faites vos rajaz [chants de défi guerrier], mais ne sous-estimez pas l'ennemi. Malgré ces recommandations, Dieu merci, pendant cette même période de cessez-le-feu dont l'ennemi a abusé, nous avons pu, nous aussi, régler certaines de nos faiblesses, les compenser, durant ces deux ou trois mois. Cependant, nous devons gérer la guerre avec méthode.
Oui, nous pourrions même, en une seule journée, tirer 100 missiles et 2000 drones, mais la guerre nécessite de la planification, de la gestion. Nous devons gérer les choses en fonction de la défaite finale de l'ennemi, et pour que, au dernier point, nous portions le coup final, celui après lequel il ne se relèvera plus. Nous devons gérer cela. C'est pourquoi la gestion de la guerre est une question importante, et la raison pour laquelle, comme je l'ai dit, nous ne sommes pas encore entrés dans des opérations offensives et destructrices lourdes qui nous feraient franchir les frontières, c'est que nous ne voulons vraiment pas, encore aujourd'hui, que l'expansion de la guerre se fasse de manière à activer les failles internationales. Mais probablement, avec les erreurs que commettent les Américains, il se peut que nous en arrivions là, que nous entrions dans cette phase. Alors nous engagerons nos autres capacités, nous engagerons nos capacités terrestres, nous engagerons d'autres capacités que nous possédons, la guerre s'élargira, et nous n'avons pas encore utilisé cette capacité non plus.
JOURNALISTE : Merci beaucoup. Cher Général Docteur Mohsen Rezaei, ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique pendant la Défense sacrée, je vous fais mes salutations, et je vous remercie d'avoir participé à cet entretien.
REZAEI : Que la paix soit sur vous. Merci. Que Dieu vous garde.
JOURNALISTE : Que Dieu vous garde, et merci beaucoup d'avoir suivi, vous aussi, l'émission spéciale d'entretien d'information de ce soir. En implorant vos prières, bonne nuit et au revoir.
Transcription et traduction : Le Cri des Peuples


