
par Caitlin Johnstone
La dernière guerre sans fin menée par les États-Unis continue de ravager le Moyen-Orient. Pour la dixième nuit consécutive, les forces américaines bombardent l'Iran. Selon le New York Times, ces échanges de tirs ont causé un nombre de blessés parmi les troupes américaines bien supérieur à celui reconnu par le Pentagone.
Le président Trump affirme que "chaque fois que l'Iran tue un soldat américain, il le paiera au centuple", tout en garantissant de nouvelles représailles iraniennes. Cette offensive pourrait bien sûr entraîner la mort de nombreux soldats américains.
Dans ce contexte d'escalade des hostilités, les forces yéménites ont annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, alors que le cessez-le-feu en vigueur entre les deux pays depuis 2022 est au bord de la rupture. Trump a hérité d'un cessez-le-feu dans cette guerre terrible entre le Yémen et l'Arabie saoudite et semble le réduire à néant, tout comme il a dénoncé l'accord sur le nucléaire iranien pour déclencher une nouvelle guerre. C'est un belliciste abject et sans scrupules.
Yemen's Houthis said they will impose a maritime blockade on Saudi Arabia, threatening Red Sea oil shipments as global energy flows are already restricted by Iran's closure of the Strait of Hormuz t.co pic.twitter.com/MxdozcGgsO- Reuters (@Reuters) July 20, 2026
Les Houthis du Yémen ont déclaré qu'ils imposeront un blocus maritime à l'Arabie saoudite, menaçant les expéditions pétrolières de la mer Rouge alors que les flux énergétiques mondiaux sont déjà restreints par la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran
L'une des idées reçues les plus absurdes qui circulent aujourd'hui est celle selon laquelle les sionistes auraient persuadé un Trump réticent de déclencher une guerre contre l'Iran après sa réélection. On croirait qu'ils l'ont harcelé en lui demandant : "Voulez-vous bombarder l'Iran ?", à la manière du personnage de "Green Eggs and Ham" qui hurlait "Pas dans une boîte ! Pas avec un renard !" jusqu'à ce qu'il finisse par céder.
Il est désormais évident que cette guerre était planifiée depuis longtemps. Ni en 2026, ni en 2025, ni en 2024, et même pas sous l'administration Biden. Elle était planifiée avant même l'élection de Trump à la présidence. Il a fait campagne sur la promesse de dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien, et c'est exactement ce qu'il a fait une fois au pouvoir.
Dès la dénonciation de l'accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) en 2018, l'administration Trump a intensifié de façon spectaculaire son agression contre l'Iran, l'accablant de sanctions paralysantes dans le cadre de sa campagne de "pression maximale", avec pour objectif explicite un changement de régime, avant de franchir une nouvelle étape en faisant assassiner le plus haut responsable militaire iranien.
Rien ne justifiait une telle action si l'objectif était la paix. Rien ne justifiait une telle action si l'objectif était d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. L'accord sur le nucléaire iranien fonctionnait. L'Iran le respectait pleinement. L'escalade était l'objectif recherché.
Take note of which Trump comments provoke controversy, and which don't. Trump said this week that he "gave" the Golan Heights to Sheldon and Miriam Adelson, his top funders, who came to the White House "almost more than anybody." Not a peep about this brazen admission of graft pic.twitter.com/MaJLFnH7oi- Michael Tracey (@mtracey) September 22, 2024
Prenez note des commentaires de Trump qui provoquent la controverse, et de ceux qui n'en provoquent pas. Trump a déclaré cette semaine qu'il avait "donné" le Golan à Sheldon et Miriam Adelson, ses principaux bailleurs de fonds, qui sont venus à la Maison Blanche "presque plus que n'importe qui". Pas un mot sur cette admission éhontée de corruption.
Trump a ouvertement admis avoir cédé à toutes les demandes des Adelson en échange des dons massifs qui ont permis son élection à la Maison Blanche. En 2013, Sheldon Adelson avait fait la une des journaux en déclarant que les États-Unis devraient larguer une bombe nucléaire sur le désert iranien, puis s'exclamer : "Vous voyez ? La prochaine sera en plein Téhéran !", afin d'intimider les Iraniens et de les contraindre à se soumettre.
Tout ce que nous avons vu durant le second mandat de Trump démontre de façon flagrante que s'il a bénéficié du soutien oligarchique et institutionnel nécessaire pour devenir président des États-Unis, c'est uniquement parce qu'il a rassuré suffisamment de personnes influentes sur sa volonté de faire ce qu'aucun autre président n'avait osé tenter : déclencher une guerre contre l'Iran.
Tout ce que nous avons vu en 2026 n'est que la concrétisation de ces promesses. Tous ces écoliers assassinés. Tous ces soldats américains morts et blessés. Les infrastructures civiles détruites par les bombardements. Le ciel obscurci. Les blocus. La peur. Les difficultés économiques. Tout cela avait été planifié des années auparavant, avec la pleine complicité d'un monstre psychopathe qui rêvait de devenir président.
Il a fait campagne sur la promesse de mettre fin aux guerres, et il a menti du début à la fin. Il n'a subi aucune pression, il n'a pas été persuadé ; il a participé activement et avec enthousiasme.
Every time Iran kills an American Soldier they will pay for that killing many times over. pic.twitter.com/KJ203VKate- The White House (@WhiteHouse) July 20, 2026
Chaque fois que l'Iran tue un soldat américain, ils paieront pour ce meurtre de nombreuses fois.
Les anti-interventionnistes de droite tentent souvent de présenter Trump comme une dupe des Israéliens, ce qui leur permet de justifier a posteriori leur soutien en prétendant avoir voté pour quelqu'un de bien intentionné à l'époque.
Or, Trump n'a jamais été bien intentionné. Il a toujours eu l'intention de déclencher une guerre contre l'Iran lors de son second mandat, une fois sa réélection assurée. Il a toujours été un belliciste fourbe, aussi malfaisant que n'importe quel autre président américain.
Seuls les individus malfaisants parviennent à franchir les nombreux obstacles qui empêchent l'accès à la présidence. Pour diriger un empire meurtrier alimenté par le sang humain, il faut être un psychopathe. On n'accepte personne sans avoir la certitude absolue que vous êtes suffisamment psychopathe pour exercer cette fonction.
Trump leur a fourni ces garanties. C'est la seule raison pour laquelle il occupe ce poste.
source : Caitlin Johnstone via Marie Claire Tellier