22/07/2026 ssofidelis.substack.com  7min #320928

Le « cercle de feu » américain, les avertissements iraniens et l'obstruction israélienne au Liban

Par  IntelSky, le 22 juillet 2026

Déploiement de bombardiers stratégiques alors que le détroit d'Ormuz est de fait nationalisé et interdit au transit : Washington se prépare à amplifier la guerre, tandis que Téhéran se mobilise pour protéger son archipel. - Talal Nahle

Contexte stratégique général. Mercredi 22 juillet 2026

Au trente-cinquième jour suivant l'effondrement du protocole d'accord et au cent quarante-quatrième jour de la guerre, la confrontation totale est entrée dans une phase hautement risquée d'usure et de préparatifs en vue de frappes aériennes à grande échelle sur l'ensemble de la zone. Washington a poursuivi pour la onzième nuit consécutive ses frappes dans le cadre d'une stratégie dite du "cercle de feu" s'étendant du Sistan-et-Baloutchistan jusqu'à la frontière irakienne. Les États-Unis ont déployé des bombardiers stratégiques B-1B Lancer et des plates-formes de commandement aériennes de pointe, tandis que le Pentagone a reconnu que le coût de la guerre avait grimpé à 37,5 milliards de dollars.

En réponse, Téhéran a de fait nationalisé le détroit d'Ormuz, aucun pétrolier ni méthanier n'ayant été signalé en transit dans cette voie navigable.

Ces événements sont survenus parallèlement à des frappes de drones kamikazes contre des bases américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn, ainsi qu'à la mobilisation de troupes citoyennes pour protéger les îles du sud de l'Iran. Tel Aviv a entre-temps subi un revers politique après que Washington a renoncé à exiger de l'Arabie saoudite qu'elle normalise ses relations avec Israël comme condition pour obtenir le droit d'enrichir de l'uranium.

Premier axe : la stratégie américaine, les bombardiers B-1B et le coût financier exponentiel

  • Frappes du "cercle de feu" et préparatifs stratégiques : le Commandement central américain (CENTCOM) a achevé sa onzième nuit de frappes, ciblant des centres opérationnels, des moyens navals et des infrastructures à Bushehr, Dashti, Ilam près de Jowar, Hendijan dans le Khuzestan et Sirik. Les défenses aériennes ont également été activées dans la capitale, Téhéran, et autour d'Ispahan. L'objectif est d'imposer un "cercle de feu" le long de la ceinture côtière sud de l'Iran.
  • Décollage de bombardiers stratégiques B-1B et déploiement d'une plate-forme BACNe : l'armée de l'air américaine a mené la mission de bombardement LXIII, en déployant deux bombardiers stratégiques B-1B Lancer depuis la base de la RAF à Fairford, en Grande-Bretagne, opérant sous les indicatifs d'appel HEINZ23 et HEINZ24, pour frapper des cibles situées en profondeur à l'intérieur de l'Iran. Dans le même temps, un avion E-11A "Battlefield Airborne Communications Node" (BACN), portant le numéro de série 24-9049, est arrivé en Europe en route vers la base aérienne Prince Sultan en Arabie saoudite. Il s'agit là de l'un des indicateurs opérationnels les plus évidents que des préparatifs sont en cours pour étendre la guerre régionale et coordonner des opérations aériennes de plus en plus complexes.
  • Concentration de la puissance aérienne en Jordanie et coût financier catastrophique : Washington a renforcé ses effectifs aériens à la base aérienne de Muwaffaq Salti, en Jordanie, portant leur nombre à 51 chasseurs F-35 et 36 chasseurs F-15 issus de la 48e escadre de chasse et d'unités basées à Hill et Mountain Home, en plus de dizaines d'appareils A-10. Le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, a reconnu devant le Sénat que le coût direct de la guerre atteint désormais 37,5 milliards de dollars. Il a réclamé un budget de défense record de 1 500 milliards de dollars, tout en admettant que les États-Unis sont incapables d'éliminer tous les navires ou missiles iraniens.

Deuxième axe : les contre-attaques iraniennes et le blocus du détroit d'Ormuz. Koweït, Jordanie, Bahreïn et mobilisation

  • Les forces américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn dans le collimateur : l'armée iranienne et le Corps des gardiens de la révolution islamique ont lancé des attaques coordonnées de drones. L'opération "Saeqa" a pris pour cible des bâtiments commerciaux et privés, ainsi que des entrepôts de matériel de l'armée américaine, à la base aérienne d'Al-Azraq en Jordanie. Des drones d'attaque Arash sans retour ont frappé des hangars de matériel et des installations de maintenance d'avions lourds à la base aérienne de Sheikh Isa à Bahreïn. D'autres frappes ont ciblé les équipements des forces terrestres américaines dans l'ouest du Koweït.
  • Trafic maritime nul dans le détroit d'Ormuz : les données de suivi des navires rapportées par Reuters ont montré un arrêt complet de la navigation dans le détroit. Seuls trois cargos l'ont traversé mardi, tandis qu'aucun supertanker (VLCC) ni aucun méthanier (GNL) n'a été enregistré.
  • Ces mesures renforcent le blocus maritime effectif imposé par Téhéran et confirment son avertissement selon lequel l'économie mondiale reste à sa portée.
  • Déclaration du quartier général central de Khatam al-Anbiya et mobilisation sur les îles : le quartier général central de Khatam al-Anbiya a déclaré que toute attaque américaine contre des installations nucléaires ou sensibles constituera une extension globale du conflit, plaçant tous les intérêts américains, ceux de leurs alliés et les actifs associés dans toute la région dans la ligne de mire. Le général de brigade Mohammad Karami, commandant des forces terrestres du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), a ordonné l'activation des unités de mobilisation du Basij afin de sécuriser les îles et les côtes iraniennes contre toute éventuelle opération de débarquement américaine.
  • Rejet des allégations diplomatiques françaises : le ministère iranien des Affaires étrangères a rejeté les allégations de Paris selon lesquelles des employés de l'ambassade de France à Téhéran auraient fait l'objet d'intimidations. Il a qualifié le comportement des diplomates français d'illégal et contraire aux conventions internationales.

Troisième axe : le coup porté par Washington à Tel-Aviv et les manœuvres diplomatiques

  • Washington fait marche arrière sur la condition posée par Israël concernant l'Arabie saoudite : les informations selon lesquelles le président Trump aurait accepté d'autoriser l'Arabie saoudite à enrichir de l'uranium à des fins civiles sans exiger d'elle qu'elle normalise ses relations avec Israël ont provoqué une vague d'indignation et de colère dans les médias et les milieux de la sécurité israéliens.
  • Les responsables israéliens ont considéré cette décision comme un coup dur sur les plans politique et sécuritaire pour le gouvernement de Netanyahu et la perte de l'un des atouts de négociation les plus importants depuis 2023.
  • Les déclarations de Rubio lors du sommet de l'ASEAN et le rôle des médiateurs : le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré que Washington reste ouverte aux négociations, tout en accusant Téhéran de manquer de sérieux et en affirmant que des divisions existent au sein de son gouvernement. Il a averti que le blocage des couloirs maritimes établit un précédent aux graves conséquences pour l'économie mondiale. Quant au ministère iranien des Affaires étrangères, il a confirmé avoir reçu des propositions par l'intermédiaire de médiateurs, sans toutefois en dévoiler les détails.
  • Obstruction israélienne dans le sud du Liban : l'armée d'occupation israélienne a continué d'imposer des obstacles opérationnels pour empêcher les habitants de revenir dans la ville de Zawtar al-Gharbiyah, dans le sud du Liban, malgré le déploiement d'unités de l'armée libanaise et d'équipes du génie chargées de mener des relevés topographiques et des opérations de déminage.

Conclusion et perspectives stratégiques

Le déploiement de l'avion de communication stratégique BACN et le déploiement de bombardiers B-1B, coïncidant avec la paralysie totale des exportations de pétrole et de gaz via le détroit d'Ormuz, plongent la région dans la phase la plus dangereuse que le conflit ait connue à ce jour.

La concentration par Washington de dizaines d'avions de combat en Jordanie et dans le Golfe indique que le Pentagone se prépare à lancer une vague de frappes aériennes à grande échelle visant à briser le blocus côtier et à ébranler la détermination de Téhéran.

Compte tenu de ces développements, les prochaines heures pourraient constituer un véritable test des lignes rouges de l'Iran si les États-Unis mettent à exécution leurs menaces de frapper des sites fortifiés. Une telle opération pourrait facilement déclencher une riposte iranienne dévastatrice sous forme de tirs de missiles visant les installations pétrolières et les bases américaines dans l'ensemble des États du Golfe.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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