Quds News Network, 21 juin 2026. - Le gouvernement néerlandais a fixé au 22 septembre la date d'entrée en vigueur de l'interdiction des marchandises provenant des colonies israéliennes illégales. Il rejoint ainsi la Belgique, l'Espagne et l'Irlande en agissant à l'échelle nationale là où l'Union européenne a fait preuve d'inaction, considérant que le commerce avec ces colonies contribue à perpétuer une situation jugée illégale par la plus haute juridiction mondiale.
Les Pays-Bas interdiront les importations en provenance des colonies israéliennes illégales à compter du 22 septembre 2026, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Tom Berendsen, devant le Parlement néerlandais. Si le principe de cette interdiction commerciale avait déjà été acté, la date de mise en œuvre est nouvelle ; à partir de cette échéance, les entreprises tentant de contourner ces restrictions s'exposeront à des poursuites.À partir du 22 septembre, il sera interdit d'importer des marchandises provenant des colonies, de les acheter ou de les vendre, de fournir des services de courtage ou d'intermédiation facilitant leur commerce, ainsi que de prendre toute mesure visant à contourner l'interdiction. Cette mesure ne s'applique pas seulement aux importations directes mais aussi au commerce intermédiaire ; les entreprises néerlandaises opérant à l'étranger sont également tenues de s'y conformer. Elle couvre aussi les produits issus du plateau du Golan occupé, une région réputée pour sa production viticole.
Le gouvernement néerlandais considère que les colonies israéliennes établies dans les territoires palestiniens occupés et sur le plateau du Golan sont illégales au regard du droit international. Il affirme que cette interdiction vise à empêcher que l'activité économique néerlandaise ne contribue au maintien de cette situation illégale. Cette décision s'appuie sur l'avis consultatif rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de Justice, qui a jugé illégale l'occupation israélienne et a estimé que les colonies violaient le droit international ; elle fait également suite à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies appelant Israël à cesser toute activité de colonisation.
Les marchandises concernées sont principalement des produits agricoles - notamment des avocats, des dattes, des oranges, du raisin et des herbes aromatiques fraîches - ainsi que du vin provenant du Golan. La valeur annuelle des échanges liés à ces territoires est estimée à plusieurs dizaines de millions d'euros, bien qu'il soit difficile d'en déterminer le montant exact, notamment en raison des circuits empruntés par ces marchandises pour atteindre les rayons européens. Une enquête relayée par les médias néerlandais a passé au crible près de 6.000 expéditions d'agrumes, de dattes et de tahini envoyées d'Israël vers l'Europe entre 2017 et 2026 ; elle a révélé qu'environ une cargaison sur cinq provenait en réalité de colonies illégales, bien qu'elle porte l'étiquette "Produit d'Israël". Cet étiquetage trompeur constitue le principal défi en matière d'application de la réglementation ; le Conseil d'État néerlandais, sans s'opposer à l'interdiction, a toutefois soulevé des doutes quant à la capacité des douaniers à prouver aisément le lieu de production d'un produit donné.
Les Pays-Bas agissent de leur propre chef, car une interdiction à l'échelle européenne s'est avérée irréalisable, faute de soutien suffisant parmi les États membres de l'UE, alors même que la Commission européenne leur a soumis à maintes reprises diverses options, allant d'un système de licences ou de droits de douane à une interdiction totale. Ce faisant, les Pays-Bas rejoignent un groupe restreint mais croissant d'États européens ayant imposé des sanctions similaires au niveau national. La Belgique, l'Espagne et l'Irlande ont déjà instauré des mesures comparables visant le commerce lié aux colonies, et la France a appelé à mettre fin aux importations européennes de produits issus de colonies illégales.
La décision néerlandaise reflète l'érosion plus large de l'image d'Israël en Europe en raison de sa conduite à Gaza et en Cisjordanie occupée, territoires où les Nations unies ont constaté que les colons se livrent systématiquement à des actes de violence et d'intimidation à grande échelle contre les Palestiniens. Si les responsables israéliens et leurs alliés ont minimisé la portée de cette interdiction, arguant qu'elle ne concerne qu'une infime partie des échanges commerciaux - et que l'homme politique néerlandais d'extrême droite Geert Wilders a critiqué son propre gouvernement à ce sujet -, les partisans de la mesure soutiennent que l'ampleur du volume commercial importe peu. Tout commerce avec les colonies, aussi modeste soit-il, contribue à leur viabilité économique ; y mettre un terme s'inscrit dans l'obligation juridique de ne pas soutenir une occupation illégale.
Pour les Palestiniens, la portée de cette interdiction réside moins dans son impact économique immédiat que dans le précédent qu'elle établit. Un gouvernement européen traite les colonies pour ce qu'elles sont au regard du droit international - illégales - et tire une conséquence concrète de ce constat, dépassant le stade de la simple rhétorique. À mesure que davantage d'États agissent individuellement en l'absence d'une action collective de l'UE, les colonies se retrouvent confrontées à un isolement croissant qui fragilise la normalisation sur laquelle Israël a longtemps compté pour rendre son occupation rentable.
Sources: NL Times; The Times of Israel; The Jerusalem Post; Middle East Monitor.
Article original en anglais sur Quds News Network / Traduction MR
