24/07/2026 ssofidelis.substack.com  9min #321107

De la stupidité faite réalité

L'équipe du Nitro Circus team à la Maison Blanche le 13 juin 2026. Maison Blanche / © Daniel Torok)

Par Michael Brenner, le 23 juillet 2026

Nous assistons à une épidémie mondiale de stupidité qui affecte les élites politiques de manière disproportionnée. La stupidité est un trait comportemental propre à l'être humain. Un comportement irrationnel et illogique va à l'encontre de la satisfaction des besoins fondamentaux. On n'observe rien de tel chez les autres créatures de la nature. Pourquoi ?

D'abord, elles sont à l'abri des troubles mentaux - névrose profonde ou psychose, tout au plus une aberration temporaire due à un traumatisme extrême. Les instincts de survie déterminés par les gènes les en préservent.

Mais le facteur le plus déterminant est bien sûr notre cerveau surdimensionné et complexe, associé à notre vie au sein de sociétés tentaculaires et complexes. Le langage et l'alphabétisation, catalyseurs du comportement stupide, renforcent cette prédisposition.

Nous assistons aujourd'hui à un phénomène sans précédent : une épidémie mondiale de stupidité. Une pandémie historique. Curieusement, elle affecte de manière disproportionnée les élites politiques - en particulier les chefs de gouvernement.

Regardez autour de vous.

Les États-Unis en sont le parfait exemple - comme toujours. Les Américains sont mal gouvernés par un fasciste obtus et vulgaire dont les "pensées", sentiments et actions insensés et grotesques défient toute norme.

Il n'est donc pas surprenant que le président Donald Trump ait perdu tout sens des réalités il y a fort longtemps. L'Europe s'efforce tant bien que mal d'égaler les États-Unis sous l'emprise d'une bande de nullités et de parias du peuple obsédés par deux objectifs : sceller leur vassalité envers l'Oncle Sam tout en préparant la guerre contre la Russie - une opération Barbarossa, le retour.

Ce faisant, ils exposent leurs économies moribondes à une mort certaine en encourageant la guerre israélo-américaine contre l'Iran.

Puis viennent les Arabes du Golfe qui risquent l'extinction au nom du double projet d'un Grand Israël et d'un empire américain mondial. Seul intérêt : pouvoir enfin se venger des Perses tant haïs.

Le nouveau venu le plus étrange de ce groupe est le président russe Vladimir Poutine - cet homme d'État en apparence sensé, sobre et discipliné.

Or, il semble aujourd'hui être le dernier homme sur cette planète à croire que  Trump est digne de confiance : il cultive assidûment les relations avec celui qui a tenté de le tuer et orchestre des attaques massives de drones contre la Russie. Il célèbre les gains invisibles de la Russie issus de "l'esprit d'Anchorage". Il accueille personnellement au Kremlin le duo d'escrocs Kushner/Witkoff qui ne lui offrent pour toute contrepartie que l'expansion et l'intensification de la campagne de Washington contre la Russie, et des insultes.

Poutine débarquant à la base commune d'Elmendorf-Richardson à Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025, pour une rencontre avec Trump. (Maison Blanche / © Daniel Torok)

Mais le Grand Prix de la stupidité la plus crasse revient à l'Indien Narendra Modi.

À la veille même de l'attaque non provoquée d'Israël contre l'Iran, il s'est rendu à Jérusalem où il a fait l'éloge d'un lien spirituel purement fictif entre l'Inde hindoue (la "mère") et l'Israël juif (le "père") de la civilisation mondiale (en ignorant visiblement que l'identité juive se transmet par la lignée maternelle).

En théorie, cette amitié affichée avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu devait permettre à Modi de se faire bien voir de Trump qui aurait pu assouplir la position américaine dans le conflit douanier.

Modi recevant la "Médaille de la Knesset" des mains du président de la Knesset, Amir Ohana, à Jérusalem le 25 février. (© MEAphotogallery/Flickr/ CC BY-NC-ND 4.0)

Le dirigeant indien, un fasciste hindou, n'a rien obtenu en échange de sa prestation indécente si ce n'est l'occasion de s'en prendre aux musulmans qu'il méprise pour des raisons historiques sectaires.

Qui peut alors se targuer d'être épargné par le syndrome "S" ? Xi Jinping - bien sûr. Et les dirigeants iraniens.

Le fléau de la stupidité s'est propagé à tous les échelons de la vie publique : les politiciens en général, les médias, les think tanks, le monde universitaire, ainsi qu'une pléthore d'associations professionnelles.

Voici une synthèse parfaite de cette contamination omniprésente et perverse. Elle implique The Economist, ce clairon prétentieux et arrogant lié à Oxbridge, le Financial Times, détenu par la société japonaise Nikkei Inc. et de prestigieuses universités américaines.

The Economist : Lançons une guerre pour que les Européens se fassent à l'idée

Sur  Moon of Alabama, Bernhardt Horstmann a écrit le 17 juillet que :

"The Economist, le média britannique du clan bancaire Rothschild,  prône depuis longtemps la guerre contre la Russie.Il est toutefois préoccupé par l'indifférence de la population d'Europe (occidentale), qui ne souhaite pas mourir pour ceux qui tirent profit de tels conflits.

"Divers sondages européens ont révélé que les citoyens n'ont aucun intérêt à "défendre leur pays" lorsque cette "défense" est censée se dérouler à l'est du Dniepr.

"La rédaction a donc invité une chercheuse financée par les États-Unis à proposer des pistes pour inciter les Européens à entrer en guerre. Nathalie Tocci,  une titulaire de la chaire James Anderson à l'École des hautes études internationales et européennes de l'université Johns Hopkins,  a répondu à cette invitation :

"Les dirigeants européens savent que le conflit n'a jamais été aussi proche - d'où la forte hausse des budgets de défense, comme l'a montré le récent sommet de l'OTAN à Ankara.

Des représentants de l'OTAN le 7 juillet à Ankara, où de nouveaux contrats d'armement de plusieurs milliards de dollars ont été annoncés. (OTAN/Flickr/CC BY-NC-ND 4.0)

"Depuis l'invasion à grande échelle par la Russie en 2022, les dirigeants européens ont souvent exprimé leur admiration pour la résilience ukrainienne. Mais cette admiration cache bien autre chose, comme la crainte de ne pouvoir faire preuve de la même détermination.

"Ce n'est pas tant une question de courage inhérent aux Ukrainiens dont les Européens seraient dépourvus. Cela tient avant tout à des situations radicalement différentes, tant sur le plan physique que psychologique, entre des nations en guerre et des nations en paix. Sans entrer pleinement en guerre, l'Europe peut-elle mobiliser suffisamment de détermination pour dissuader la guerre ?

"La réponse de Mme Tocci, comme nous le verrons, est clairement "non !"

"S'ensuit un discours "de science politique" sur la mentalité "lamentable" de populations peu disposées à mourir dans une guerre lointaine qui ne les concerne pas le moins du monde.

"La solution consisterait alors à ignorer la volonté des peuples et à amplifier la guerre jusqu'à toucher personnellement les citoyens non impliqués :

"Pour endurcir les populations, l'une des solutions consiste à envoyer des troupes sur le terrain en Ukraine. Depuis des mois, une coalition européenne des volontaires élabore des plans pour déployer une "force de dissuasion" dans une Ukraine sous cessez-le-feu. Ces discussions n'ont mené nulle part, car aucune trêve n'est en vue.

"Les responsables russes ont clairement fait savoir que toute force étrangère présente en Ukraine, qu'il s'agisse de "forces de dissuasion" (de quoi exactement ?) ou sous toute autre appellation, sera considérée comme hostile et fera l'objet de représailles.

"Mais, selon Mme Tocci, la destruction de nos troupes serait précisément le moteur permettant au reste du continent de se rallier à une guerre contre la seule superpuissance européenne (dotée de l'arme nucléaire) :

"Une force européenne de maintien de la sécurité ne serait donc guère utile à l'Ukraine. En revanche, son déploiement dès aujourd'hui, avant un hypothétique cessez-le-feu, pourrait bénéficier à l'Europe en encourageant les citoyens à adopter une mentalité plus propice à la mobilisation.

"Certes, une telle initiative mettrait des soldats européens en danger - car toute action de ce type provoquerait la fureur du Kremlin - mais le continent est déjà engagé dans un conflit hybride, même si beaucoup refusent de le reconnaître.

"Alors, devons-nous "mettre nos soldats en danger", c'est-à-dire les faire tuer, pour "le bien de l'Europe" ? (De quel "bien" parlons-nous concrètement ?)

"Et provoquer une guerre meurtrière faisant de nombreux morts et blessés importerait peu... parce que nous serions déjà imprégnés d'un concept propagandiste appelé "guerre hybride" ? (Mme Tocci fait probablement référence à ces  "drones russes" et à ces "attaques hybrides" au-dessus de Copenhague, que, comme  l'a rapporté plus tard The Economist, personne n'avait même vus) :

"En juin, la police danoise a clos son enquête, déclarant qu'elle n'est pas en mesure de confirmer la présence de drones, et encore moins de déterminer qui les a envoyés.

"Madame Tocci, quel est donc, plus précisément, l'"avantage" de  faire tuer ses frères d'armes ?

Mur du Souvenir dédié aux soldats ukrainiens tombés lors de la guerre russo-ukrainienne, janvier 2025. (© Ministère des Affaires étrangères estonien /Wikimedia Commons/CC BY 2.0)

"Si des soldats européens devaient être déployés en Ukraine, la réalité nous toucherait davantage. Et peut-être qu'une partie du courage, de l'humilité et de la créativité de l'Ukraine pourrait déteindre sur d'autres sociétés européennes. Les troupes européennes ne seraient pas exposées au danger par pure générosité, mais pour aider à se préparer à la guerre - et empêcher qu'elle ne s'étende au reste du continent.

"Alors, envoyer des soldats allemands, français et italiens en Ukraine pour tuer des Russes permettrait "peut-être" aux Européens de réaliser les dangers d'une "réalité" encore inexistante ? Pour empêcher la guerre de "s'étendre au reste de l'Europe" ?

"Ainsi, des soldats allemands, français et italiens envoyés pour tuer des soldats russes en Ukraine dissuaderaient la Russie - sans la provoquer - d'envoyer des Oreshniks, voire des missiles nucléaires encore plus puissants, sur Berlin, Paris ou Rome ? (Si vous y croyez, veuillez  contacter le parrain de Mme Tocci.)

"Ce ne sera évidemment pas le cas.

"Mais empêcher une guerre européenne de plus grande ampleur n'est pas, comme l'écrit Mme Tocci "à l'invitation" de The Economist, le véritable objectif d'une telle démarche.

"Son but est d'"encourager les citoyens à développer une mentalité qui les prépare mieux à la guerre". Pour ce faire, dit-elle, il faudrait provoquer une guerre qui ne manquerait pas de nous engloutir toutes et tous.

"Puis-je donc me permettre de vous encourager, Madame Tocci, à montrer l'exemple ? Le commandant en chef ukrainien, le général -dit le boucher- Syrsky, saura certainement vous attribuer un rôle approprié au sein de l'un de ses régiments d'assaut".

Traduit par  Spirit of Free Speech

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