25/07/2026 reseauinternational.net  6min #321237

Le ciblage politique de l'islam et du pseudo communisme par les États-Unis, mythe et réalité

par Hachem Al

Mythe

Pete Hegseth a explicitement décrit l'islam comme un ennemi de l'Occident, une position qu'il a exprimée à plusieurs reprises dans ses écrits et lors de récentes déclarations publiques. En tant que secrétaire à la Guerre des États-Unis, ses positions mêlent idéologie chrétienne évangélique et stratégie militaire.

Dans son ouvrage paru en 2020, American Crusade: Our Fight to Stay Free, il dépeint l'islam comme un ennemi historique et naturel de l'Occident. Il y appelle à une véritable "croisade" face à ce qu'il considère comme des menaces contre les valeurs occidentales.

Lors de conférences de presse au début de l'année 2026, en marge du conflit armé opposant les États-Unis et Israël à l'Iran, des propos lui sont attribués lors de points presse, il aurait notamment affirmé : "Qu'il soit sunnite ou chiite, notre ennemi est l'islam", qualifiant le régime de Téhéran de "fanatiques religieux" et de "sauvages barbares".

Il a régulièrement recours à un cadre biblique pour justifier l'action militaire, priant publiquement pour une "violence écrasante" contre les adversaires de l'Amérique.

Des tatouages pour afficher ses convictions politiques et religieuses. Pete Hegseth arbore plusieurs tatouages associés à l'extrême droite nationaliste chrétienne. La Croix de Jérusalem sur la poitrine, symbole des croisés.

"Deus Vult" (Dieu le veut) sur le bras, ancien cri de guerre des croisades.

"Kafir" (Mécréant / Infidèle) inscrit en lettres arabe sur son biceps, un tatouage arboré pour signifier de manière provocante son rejet total de l'islam.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio est un opposant historique et farouche au communisme, une position doctrinale fondamentale qu'il applique avec intransigeance envers la Chine, Cuba et le Venezuela. Ses origines familiales cubaines influencent profondément sa vision géopolitique.

Depuis sa nomination comme chef de la diplomatie américaine en 2025, il a multiplié les déclarations et les actions chocs. Lors de son audition de confirmation devant le Congrès, Marco Rubio a qualifié le Parti communiste chinois (PCC) d'"adversaire le plus puissant et dangereux que les États-Unis aient jamais affronté".

Avant de diriger le département d'État, il a initié le Uyghur Act pour sanctionner les pseudos travail forcé des Ouïghours et la répression communiste à Hong Kong.

En mai 2026, il a qualifié le gouvernement cubain d'"État failli à 90 milles des côtes américaines", dirigé par des "communistes incompétents".

Suite à l'inculpation américaine de l'ex-président Raul Castro, il a affirmé que Washington était "très sérieux et très déterminé" à imposer un changement politique sur l'île, insistant sur le fait que le système économique communiste ne peut pas être réparé.

En juillet 2026, il a accusé le régime de Cuba d'avoir activement contribué à façonner et à exporter l'extrême gauche aux États-Unis et sur l'ensemble du continent américain.

Marco Rubio s'oppose de manière frontale au régime chaviste et soutient activement les mouvements d'opposition démocratique menés par Corina Machado.

Islam et réalité

Les discours sont trompeurs et cachent une réalité implacable. En ce qui concerne les pays musulmans du Moyen-Orient, les États-Unis exploitent à fond leurs ressources. Comme nous allons le voir, la rhétorique sur l'islam est fabriquée de toutes pièces pour réprimer toute opposition à cette exploitation, elle est combinée avec les sanctions économiques et agressions militaires pour cibler l'Iran qui est non seulement riche en pétrole et en gaz mais aussi qui est aussi le sphinx du pays du refus de la soumission. En réalité, les États-Unis se goinfrent avec l'argent des musulmans.

Les pays musulmans qui déposent ou réinvestissent massivement leurs recettes pétrolières aux États-Unis se divisent principalement en deux catégories, ceux qui participent volontairement au recyclage des pétrodollars et ceux dont les revenus sont placés sous contrôle direct du gouvernement américain pour des raisons géopolitiques.

Les alliés historiques qui participent au recyclage des pétrodollars

Depuis les accords des années 1970, plusieurs grands producteurs membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) vendent leur pétrole en dollars américains. Ils réinvestissent contractuellement leurs excédents de liquidités dans des actifs financiers américains, notamment des bons du Trésor de l'État américain, des actions et de l'immobilier.

L'Arabie saoudite est le pivot historique du système des pétrodollars. Les revenus d'Aramco transitent par des banques américaines avant d'alimenter les institutions saoudiennes ou d'être convertis en titres de dette américaine.

Le Koweït investit des centaines de milliards de dollars de sa richesse pétrolière directement dans des actifs aux États-Unis.

Les Émirats arabes unis (EAU) sont un acteur majeur du placement de surplus pétroliers dans l'économie américaine via ses fonds souverains.

Le Qatar accumule de vastes réserves de dollars réinjectées dans les marchés financiers américains.

Les pays sous contrôle financier de la Réserve Fédérale (Fed)

Pour des motifs de "sécurité" ou à la suite d'interventions militaires et politiques, les États-Unis contrôlent directement les comptes de dépôt des recettes pétrolières de deux États majeurs :

L'Irak, depuis l'invasion de 2003, la totalité des recettes issues des ventes de pétrole brut irakien est obligatoirement déposée sur un compte de la Banque de la Réserve fédérale de New York (Federal Reserve Bank of New York). Le gouvernement irakien doit demander l'autorisation de Washington pour débloquer ces fonds en devises.

Communisme et réalité

Je vous dispense de commentaire sur la Chine dont l'émergence à la fois géopolitique et économique en fait à tous points de vue une puissance potentielle de contrepoids à l'hégémonie des États-Unis.

L'intérêt des États-Unis pour le Venezuela et Cuba est géopolitique, économique et stratégique.

Washington cherche à contrer l'influence des régimes socialistes et anti-américains dans son voisinage immédiat (l'hémisphère occidental), à sécuriser l'accès aux ressources énergétiques et à affaiblir l'axe de solidarité qui unit ces deux pays.

Le Venezuela possède les plus grandes réserves mondiales de pétrole brut, un enjeu crucial pour l'approvisionnement énergétique et le contrôle des marchés. Le Venezuela seul pays non musulman ayant subi cette colonisation financière décrite plus haut.

Dans le cadre de crises politiques et géopolitiques récentes, le gouvernement américain aurait pris le contrôle opérationnel de milliards de dollars de recettes d'exportations pétrolières vénézuéliennes. Ces fonds sont bloqués ou soumis à des critères stricts d'autorisation américaine pour être dépensés.

Les États-Unis veulent limiter l'implantation de puissances rivales extrarégionales comme la Chine ou la Russie en Amérique latine.

Cuba incarne le symbole historique de l'opposition au capitalisme et à l'influence américaine dans les Caraïbes depuis 1959. L'objectif de Washington est de provoquer l'isolement total et l'asphyxie économique de La Havane pour obtenir la chute du régime en place. Cuba a longtemps dépendu du pétrole vénézuélien à bas prix fourni en échange de services médicaux et de coopérations sécuritaires.

En ciblant le Venezuela notamment par des embargos pétroliers et des pressions politiques majeures, les États-Unis coupent la principale perfusion économique et énergétique de Cuba, affaiblissant par la même occasion les deux alliés de manière simultanée.

En guise de conclusion, vous l'avez peut-être compris, ces rhétoriques épouvantables sur l'islam et le communisme relèvent d'une fiction méthodologique et cachent la volonté des États-Unis de perpétuer leur exploitation de ces pays ainsi que d'en conquérir d'autres.

 Hachem Al

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