26/07/2026 ssofidelis.substack.com  7min #321306

 21e paquet de sanctions contre la Russie : les Vingt-Sept contraints de revoir leurs ambitions

Imposture, duplicité et faillite de l'Ue qui sanctionne la Russie mais se tait sur le génocide américano-israélien

Par  Strategic Culture Foundation, éditorial du 24 juillet 2026

Les peuples d'Europe et du monde entier sont témoins des agissements de l'UE, un projet élitiste belliciste qui sacrifie ses propres citoyens.

Les dirigeants de l'Union européenne ont imposé cette semaine un nouveau train de sanctions illégales à la Fédération de Russie. C'est la 21e série de mesures politiques et économiques que le bloc des 27 nations a déployé contre la Russie ces quatre dernières années.

L'UE prétend hypocritement que ces mesures constituent une sanction pour l'agression et l'invasion censément non provoquées de l'Ukraine par la Russie en février 2022.

Ce prétendu respect des principes européens n'est qu'une véritable fumisterie.

Quiconque a étudié objectivement le conflit ukrainien sait que les États-Unis et leurs alliés européens de l'OTAN ont incité à la guerre en orchestrant le coup d'État sanglant de Kiev en 2014, suivi de l'armement délibéré du régime néonazi que les impérialistes occidentaux ont secrètement dirigé pour provoquer une confrontation géopolitique avec la Russie. Si de nombreuses personnes ignorent cette histoire, c'est en grande partie à cause de la propagande et du lavage de cerveau pratiqués par les médias occidentaux.

La politique de sanctions de l'UE doit donc être considérée à juste titre comme une guerre économique, et comme le prolongement d'une stratégie militaire plus large pour vaincre la Russie. Elle participe à la "guerre totale", comme l'a maladroitement  admis un ancien ministre français des Finances en mars 2022.

Alors que le régime ukrainien armé par l'OTAN intensifie ses frappes aériennes longue portée au cœur de la Russie pour tenter de détruire les infrastructures pétrolières et gazières et l'économie russe, les sanctions de l'UE poursuivent le même objectif.

Ces mesures sont sans lien avec des considérations commerciales ou financières destinées à manifester un soutien politique et moral à l'Ukraine, présentée comme la victime présumée de l'agression russe. Il ne s'agit que d'intensifier au maximum la confrontation avec la Russie pour chercher à la vaincre.

Le recours aux sanctions unilatérales est illégal au regard du droit international et expressément interdit par la Charte des Nations unies. Elles constituent une forme d'agression criminelle. L'UE commet une violation criminelle du droit international, tout comme les États-Unis qui recourent eux aussi de manière flagrante aux sanctions pour intimider d'autres nations - actuellement au nombre de 30 -, dont la Russie, la Chine, l'Iran et Cuba.

Quoi qu'il en soit, la politique de l'UE relève de la folie, telle qu'elle se manifeste en répétant à plusieurs reprises une action vaine tout en espérant un résultat différent.

La Russie est sans doute le pays le plus sanctionné au monde, compte tenu des 21 séries de sanctions de l'UE et des centaines de banques et autres entreprises qui en ont été la cible. Pourtant, l'économie russe n'a pas cédé, contrairement aux pronostics et attentes occidentaux.

Plus insensé encore, ce sont les économies européennes qui ont gravement souffert de l'auto-exclusion des échanges commerciaux et des relations d'affaires avec la Russie, en particulier de la perte d'approvisionnements énergétiques à prix abordable. L'UE se désindustrialise rapidement en raison de la flambée des coûts économiques. L'Allemagne, autrefois moteur économique de l'Europe, est paralysée car elle importe du carburant américain et norvégien plus coûteux pour pallier la perte des approvisionnements russes traditionnels qui sous-tendaient historiquement les industries européennes.

Les citoyens européens - soit une population totale de 500 millions de personnes - sont frappés par une crise catastrophique du coût de la vie, causée en grande partie par la politique de sanctions menée par leurs dirigeants politiques. Ces pseudo-dirigeants sont en train de décimer leurs propres économies et sociétés.

La faillite est à la fois politique et morale. Des tensions se manifestent au sein même des États membres de l'UE, comme en témoignent les querelles et concessions entourant la dernière série de sanctions. Plusieurs pays ont réclamé à grands cris des dérogations pour limiter les conséquences négatives sur leurs intérêts nationaux.

La Grèce a voulu obtenir des dérogations aux restrictions pesant sur ses exportations maritimes de pétrole et de gaz russes. L'Allemagne et le Portugal ont requis des dérogations aux sanctions visant la pêche russe. L'Autriche, la Bulgarie, la France et l'Italie ont également plaidé en faveur d'un assouplissement des interdictions pour protéger leurs intérêts respectifs.

Comme l'a  titré Euronews :

"Les négociations chaotiques autour des sanctions révèlent les failles du front de l'UE face à la Russie".

Le média a rapporté que la politique collective commence à nuire aux intérêts nationaux, entraînant des querelles internes entre pays membres de l'UE.

"Les compromis sont de plus en plus difficiles à trouver. Nous l'avons constaté cette semaine",

a déclaré un diplomate à propos de ces négociations houleuses.

Un autre diplomate a commenté :

"La Commission [européenne] [l'organe exécutif de l'UE] est à court d'options quant aux mesures à inclure. Elle doit faire preuve de plus de créativité, et chaque train de mesures est plus complexe et plus long à négocier".

En d'autres termes, les décideurs politiques de Bruxelles sont à court d'idées politiques après l'échec de leurs sanctions illégales. Ils sont aussi en faillite politique car ces responsables élitistes et russophobes font subir aux citoyens européens des conséquences économiques sévères sans aucun mandat démocratique. Ils imposent une politique ruineuse comparable à celle d'une dictature, aggravant les tensions et les hostilités jusqu'à une guerre totale.

Les élites européennes ont déjà provoqué deux guerres mondiales le siècle dernier, et il semble qu'elles soient en train d'en déclencher une troisième.

Mais voici le comble : cette politique insensée n'est qu'une imposture totale. Elle est totalement dépourvue de toute prétendue justesse morale ou préoccupation affichée pour l'Ukraine et la défense de la démocratie.

Cette hypocrisie ressort clairement de l'indifférence de l'Union européenne à l'égard des crimes de guerre que les États-Unis et le régime israélien commettent à grande échelle.

Comme l'ont souligné cette semaine les anciens députés européens Mick Wallace et Clare Daly, les dirigeants de l'UE n'ont pas ouvert la bouche quant à la guerre d'agression menée par les États-Unis contre l'Iran, désormais dans son cinquième mois. Des milliers d'Iraniens ont été tués par les bombardements américains et israéliens, et le président américain Donald Trump profère sans cesse des menaces génocidaires, allant jusqu'à laisser entendre avec perversité son intention de recourir à l'arme nucléaire.

À l'autre bout du monde, comme le notent aussi Wallace et Daly, des milliers d'enfants à Cuba meurent de faim sous le coup d'un blocus total imposé à l'île par Washington. L'UE n'a pas émis la moindre critique à l'égard des États-Unis, sans parler d'une quelconque condamnation de cette barbarie.

Cette semaine, alors que les élites européennes concoctaient leur 21e cycle de sanctions abusives contre la Russie, ces mêmes responsables ont refusé d'imposer la moindre sanction au régime israélien pour le génocide qu'il commet contre les Palestiniens, génocide facilité par les États-Unis et, il faut bien le dire, par les pays européens qui continuent de commercer avec Israël.

Le deux poids deux mesures des dirigeants de l'UE ne relève pas que d'une duplicité irresponsable. Il témoigne de leur faillite politique et morale, ainsi que d'une imposture systémique. Fut un temps où certains responsables politiques européens n'hésitaient pas à s'élever contre les guerres et les crimes des États-Unis. Ce temps est aujourd'hui révolu. L'ensemble de la classe politique européenne est gangrenée par la corruption et ses complicités.

À bien des égards, les sanctions de l'UE contre la Russie sont contre-productives. Leur échec ultime tient à la dégradation fatale de ses propres institutions et à l'absence criante d'autorité. Les responsables politiques européens se décrédibilisent eux-mêmes et sapent leur légitimité à gouverner. Les citoyens d'Europe et du monde savent ce qu'est devenue l'UE, soit un projet élitiste belliciste sacrifiant ses propres citoyens sur l'autel du profit.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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