
par Mendelssohn Moses
En raison de la canicule, Mendelssohn travaille au ralenti, en se penchant distraitement sur l'École du Bauhaus en tant qu'expression architecturale du Néant. Cependant, sortons de la glacière une boisson rafraichissante pour l'esprit.
En effet, tous ceux qui travaillent dans les domaines dits artistiques, se confrontent au problème du conformisme, dont le ténor allemand Fritz Wunderlich est le modèle : tout est beau, rien ne lui échappe, tout est techniquement en place, et... Bon, ne blessons pas ceux qui lui vouent un culte.
Quoiqu'il en soit, les arts dits "classiques" sont devenus avant et surtout une industrie où les seules considérations financières priment - captation du touriste aisé, livestream, produits dérivés - et faute de nouvelles compositions majeures, les esprits curieux et chercheurs se détournent, écœurés, du 798,899e représentation du Lac des Cygnes où que sais-je encore.
Dans un contexte aussi délétère, d'aucuns tels Igor Levit, jouissant d'une immense notoriété en vertu d'un goût et d'un jugement dont il est permis de douter, font bloc - How surprising ! - avec les Usurpateurs aux côtés de Danger Dan (1) - activiste "Anti-Fa" - lisons les paroles de Keine Angst, où il est expressément question de l'AfD, pour le croire : genius.com
Si l'art dit "classique" et "occidental" doit survivre, ce ne sera que par des travaux tels ceux du mathématicien devenu chef d'orchestre Ernst Ansermet, qui interrogent les fondements du système dans sa correspondence d'avec la matière de l'esprit humain. Voici Ernst Ansermet sur la notion de Non-Sens, entendu comme le Mal, extrait des Fondements de la Musique dans la Conscience Humaine. Il est question de l'atonalité et concrètement, sur les compositions de Schönberg :
"On ne peut être qu'hostile à ces conduites [c'est-à-dire l'erreur et la persévérance dans l'erreur] lorsqu'elles prétendent s'ériger en normes et lorsqu'elles deviennent effectivement la norme, admise et sanctionnée par une critique aveugle, pour toute une génération de jeunes musiciens qui littéralement ne savent pas ce qu'ils font. Car fonder la musique dans l'erreur ne peut donner que de la fausse musique, la fausse musique ne peut produire que du non-sens, et je hais le non-sens, qui jusqu'ici était exclu de la musique de par ses données mêmes et qui y est apparu par Schönberg. Le non-sens me paraît même la seule chose haïssable en ce monde, et j'y vois une source de mal. Il est vrai qu'il y a du non-sens et du mal dans le monde, mais l'homme a précisément cette ressource de s'en sauver, en appelant mal le mal, et non-sens le non-sens". Extrait de : Les fondements de la musique dans la conscience humaine (2)
Ansermet et Schumann, avec Dinu Lipatti au piano :
