27/07/2026 ssofidelis.substack.com  9min #321452

Cowboys et Indiens, dans le terrier du rabbin et La Thea Party des squatteurs fous

Par  Sobia Q, le 26 juillet 2026

Cowboys et Indiens

Ces jeux ont toujours reflété les dichotomies codées dans d'autres "jeux" d'enfance en apparence anodins, tels que "gendarmes et voleurs", avec leur opposition implicite entre le bien et le mal. Ces polarisations simplistes inculquées aux enfants établissent des schémas qui s'ancrent ensuite dans notre perception du monde.

Il est donc ironique que, dans notre société "éclairée" et "progressiste" qui rejette ces clichés "culturellement indélicats", nous assistions à une polarisation mondiale et politique croissante fondée sur des clivages raciaux, ethniques et économiques, alimentée par des tensions démographiques et attisée par une rhétorique en ligne qui amplifie nos perceptions pour en faire des chambres d'écho qui nous renvoient, sous une forme déformée, nos opinions et nos allégeances.

Le "conflit" palestinien a joué un rôle déterminant dans cette polarisation, les gens se sentant contraints de prendre "position" - bien qu'ils ne sachent souvent que fort peu ce qui se passe réellement, et qu'ils se laissent plutôt guider par leurs convictions idéologiques, raciales, voire xénophobes profondément ancrées, plutôt que par une connaissance même élémentaire des faits historiques et politiques, ou par une compréhension élémentaire de la signification du terme "apartheid" - sans parler de considérations d'humanité élémentaire.

L'ignorance engendre l'ignorance, et pourtant, bon nombre de ceux qui professent rejeter ouvertement les dichotomies transposent fréquemment leur jugement binaire élémentaire à leur perception de la situation comme étant un conflit "à deux camps" où la paix consiste à briser un "cycle de violence". La situation ne reflète pas une dichotomie - la rhétorique qui l'entoure lui confère une structure binaire erronée qui débouche alors sur des jugements prévisibles.

Un "conflit" dont les factions ne sont catégoriquement pas égales est faussement harmonisé en une situation à "deux camps" par ceux qui prétendent rejeter les dichotomies simplistes. En réduisant le conflit "Israël-Palestine" à une "dynamique entre deux camps égaux", nous lui attribuons la même caractérisation simpliste que le colonialisme a longtemps appliquée à de nombreuses situations injustes et unilatérales - à l'image du scénario des cow-boys et des Indiens - à savoir présumer passivement une égalité de pouvoir, mais une inégalité sur le plan moral.

Dans ces (mauvaises) représentations, les cow-boys et les Indiens possèdent tous deux une puissance de feu égale, mais les Indiens sont les "méchants" du mauvais côté de la dichotomie morale. La transmission culturelle de ces tropes préjudiciables par le biais de supports tels que les jeux d'enfants, le cinéma (les westerns) et les livres est un procédé bien connu de l'empire, que l'on observe dans des symbioses impérialistes comme le complexe militaro-ludique américain.

Le récent recours délibéré de Trump au terme "Palestinien" comme prétendue insulte est une technique de manipulation rhétorique qui attribue avec désinvolture de la malveillance ou un caractère mauvais aux Palestiniens, un stratagème utilisé plus d'une fois qui suggère qu'il n'est pas aussi stupide qu'il n'y paraît, et qui nous rappelle également que ce sont précisément ces techniques qui se glissent sous le seuil de la conscience pour teinter nos préjugés.

Dans le trou du rabbin

La réactivation constante par Israël de la guerre entre les États-Unis et l'Iran pour servir ses propres fins nous rappelle à tout moment qui sont les véritables instigateurs. Trump fait marche arrière, Netanyahu lui murmure à l'oreille - et tout repart de plus belle. Pendant ce temps, Israël continue de bombarder Gaza et le Liban et déclenche des pogroms en Cisjordanie, et les États-Unis poussent leurs citoyens dans un conflit qui n'est pas le leur, et dont ils se sont complètement démarqués.

Face à tous ces événements, la conscience collective tend à réaliser qui sont le véritable manipulateur et ses véritables objectifs - bien que trop lentement, ou sans conséquences suffisantes pour les "boucliers humains" officieux du monde : les Palestiniens. Le gouvernement américain vient d'approuver un programme de dépenses militaires de 1 150 milliards de dollars pour la guerre contre l'Iran, et a adopté une loi du Congrès visant à étendre la coopération industrielle et militaire entre les deux pays.

Cependant, Israël a déclaré ne pas avoir l'intention de déployer de troupes terrestres en Iran, et que ses actions militaires se limiteront à des "frappes aériennes" et à un "soutien en matière de renseignement". En d'autres termes, les mêmes stratégies consistent à tuer à distance comme à Gaza, tandis que ce sont les enfants des autres - et non des Israéliens - qui seront jetés dans la mêlée. Ils partagent peut-être des objectifs politiques et idéologiques, mais ce ne sont pas les Israéliens qui risqueront leur peau.

Si ce n'est pas là une reconstitution grandeur nature du caractère "sacrifiable" des goyim au service de l'idéologie d'un État suprémaciste juif, fortement militarisé et belliqueux, mais lâche, qui consiste à sacrifier quiconque n'est pas des leurs, alors je ne sais pas ce que c'est.

L'État ethnique juif qu'est Israël comporte divers "niveaux" de "sacrifiabilité", comme nous l'avons vu avec ses "boucliers humains" les plus proches, comme les personnes postées en périphérie et les communautés frontalières qui ont servi de "zones tampons" commodes le 7 octobre. Mais ce système concentrique et à plusieurs niveaux de boucliers humains, propre à la suprématie juive et destiné à protéger ceux qui se trouvent au centre, place toujours les goyim à son périmètre le plus extérieur.

Ici, au Royaume-Uni, si l'on s'enfonce dans le "terrier du rabbin", on constate l'influence croissante qu'Israël et ses agents exercent grâce à leur action de lobbying auprès des groupes de pression et des institutions britanniques. Récemment, le grand rabbin du Royaume-Uni, Sir Ephraim Mirvis, a "exhorté" - c'est-à-dire fait pression, de la seule manière qu'Israël et les lobbies juifs britanniques qui lui sont inféodés savent pratiquer -, l'Église d'Angleterre à rejeter un document rédigé par des chrétiens palestiniens accusant Israël de génocide. Nul autre que l'archevêque de Cantorbéry a défendu la décision de l'Église d'"examiner" ce texte.

Il semble que les longues tentacules de l'État israélien s'étendent si loin dans le monde qu'elles finissent par se rejoindre, enserrant la planète pour englober aussi bien les chefs d'État que les figures de proue clés et vénérées des institutions religieuses occidentales.

Le grand rabbin, aux côtés des présidents du "judaïsme progressiste", a fustigé la décision "honteuse" de l'Église de se faire l'avocate de l'humanité, marquant ainsi le tournant décisif du pouvoir sans précédent des lobbies juifs britanniques sur la société britannique, sans parler de la tentative totalitaire menaçante de réduire l'Église d'Angleterre au silence par une intimidation flagrante, contredisant les discours habituels déployés par ces organisations : le terme "progressiste" s'inscrit dans la lignée de l'une des devises clés de l'État juif : "par la tromperie, nous mènerons la guerre".

La vérité, c'est que lorsque l'on s'enfonce dans le terrier du rabbin, le canari au fond du puits de charbon n'est autre que celle ou celui que l'on regarde dans le miroir. Il suffit de relier les points, avant qu'il ne soit trop tard.

Le "Tea Party des squatters fous"

Les squatteurs qui mènent les pogroms en Cisjordanie, avec le soutien total des "Forces de défense d'Israël" (IDF) - avec leurs troubles mentaux criants et leur violence sociopathique - constituent le bras malfaisant de l'empire, exécutant les directives de la sordide alliance américano-israélienne et procédant au nettoyage ethnique des Palestiniens de leurs foyers.

Véritable fléau, brûlant les oliveraies, incendiant les maisons, les mosquées, les voitures et les fermes, la violence des colons - exposée dans toute son horreur dans d'innombrables films et documentaires récents - "The Settlers" (2025) de Louis Theroux, "No Other Land" (2024), plusieurs fois primé, "Our Land : Israel's Other War" (2026) de ITV - continue de se heurter à l'indifférence, à une surdité aux faits - ou à une conscience en sommeil.

Les fanatiques en première ligne de la quête acharnée d'Israël pour créer un "Grand Israël" au cœur du Moyen-Orient, leur violence bestiale et leurs campagnes d'incendies criminels, de passages à tabac, de violences et d'intimidations se heurtent à une surdité profondément enracinée en Occident qui refuse de reconnaître l'injustice profonde et systémique lorsqu'elle est infligée aux personnes de couleur au service de l'empire.

Fin 2010, des politiciens israéliens de droite ont lancé ce qu'ils ont appelé leur propre "Tea Party israélien" pour s'opposer aux pressions d'Obama en faveur d'un gel de la colonisation en Cisjordanie. Ce mouvement tirait son nom des mouvements populistes de droite apparus aux États-Unis en 2009, eux-mêmes inspirés du Boston Tea Party. Ils ont été de courte durée, mais leurs sentiments populistes, alignés sur ceux des colons, ont constitué un vecteur indéniable qui a alimenté par la suite les courants populistes d'extrême-droite dans la politique israélienne.

Soyons parfaitement clairs : la sociopathie des "squatteurs fous" à laquelle nous assistons aujourd'hui est la manifestation la plus abjecte de la dégénérescence naturelle d'un État fondé sur des vagues de nettoyage ethnique et des actes reléguant tout "terrorisme" moderne dans la rubrique des chiens écrasés.

Les milices juives, comme les brigades de l'Irgoun et de la Haganah en 1948, qui prônaient l'établissement d'un État, sont les précurseurs des colons israéliens actuels. Elles ont eu recours à l'empoisonnement des puits avec un cocktail de typhoïde et de dysenterie, et ont procédé à la destruction massive de villages ainsi qu'au transfert forcé de populations.

C'est ainsi que le sionisme s'est imposé et que l'État juif a vu le jour.

Les pogroms menés actuellement par les colons en Cisjordanie sont depuis longtemps considérés comme des violations du droit international, tout comme les interventions militaires à Gaza constituent des violations extrêmes et flagrantes de ce même droit. Et pourtant, on ne cesse de citer la Convention de Genève. Ce fléau de notre époque se poursuivra sans relâche, les libéraux demeureront évasifs et l'empire échappera à toute responsabilité avec la dextérité d'Houdini.

Car lorsqu'il s'agit du massacre de personnes de couleur, le droit international, avec sa rhétorique grandiloquente et ses prétentions à la supériorité et à l'élévation civilisationnelles, se retrouve exactement dans le même bateau que ces squatteurs fous : apparemment différents, ils ne font qu'un, comme deux branches d'une même langue hypocrite qui prétend protéger les faibles mais n'a été créée que pour servir la puissance impérialiste occidentale, et dont l'efficacité est maximale lorsque sa langue fourchue se pare du plus beau des vernis.

Traduit par  Spirit of Free Speech

 ssofidelis.substack.com