
par Julien Syren
Depuis le 22 juillet, le massif forestier des Landes de Gascogne est frappé par la série de feux de forêt la plus dévastatrice des cinquante dernières années.
Les deux principaux secteurs touchés se situent en Gironde, à l'ouest de l'agglomération bordelaise (au 28 juillet, incendie stabilité mais toujours actif ; 42 000 hectares détruits et 220 000 personnes évacuées), et dans les Landes, entre Biscarosse et Parentis-en-Born (au 28 juillet matin, incendie fixé ; 3500 hectares détruits et 40 000 personnes évacuées).
Dans cette région se trouvent plusieurs installations contenant des substances radioactives.
En premier lieu, le département de la Gironde compte une centrale nucléaire, au Blayais. Le site n'est pas directement inquiété : il se trouve à 35 kilomètres au nord-est du foyer, qui se dirige plutôt vers l'est, et de l'autre côté de l'estuaire de la Gironde.
Le contexte lié aux conditions climatiques extrêmes (sécheresse exceptionnelle, canicule, vents) reste toutefois inquiétant. Deux incendies plus proches de la centrale (de 15 à 20 kilomètres au sud-est) quoique d'ampleur beaucoup plus faible sont survenus ces derniers jours, l'un à Saugon le 21 juillet (20 hectares) 1 et l'autre à Saint-Christoly-de-Blaye le 24 juillet (6 hectares). 2
Si la centrale nucléaire du Blayais est, de loin, le site du secteur qui contient la plus grande quantité de substances radioactives, 24 autres sites en Gironde et 4 dans les Landes sont recensés dans l'inventaire de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) du fait de la présence de radionucléides dans leur périmètre. 3
Il s'agit principalement de sites en lien avec la médecine nucléaire et l'industrie civile ou militaire, dans lesquels se trouvent divers types de substances radioactives, par exemple : tritium, cobalt 60, nickel 63, krypton 85, lutétium 177, thorium 232, etc.
Dans la plupart des cas ces substances sont entreposées à l'intérieur des installations, mais se pose également la question des terrains contaminés par des radionucléides que les incendies pourraient remettre en suspension.
Signalons le cas du Centre d'études scientifiques et techniques d'Aquitaine (CESTA), exploité par le CEA sur la commune du Barp 4. Le site se trouve à 7 kilomètres au sud du front de l'incendie de Gironde. Le CESTA possède également un terrain d'expérimentations extérieur (TEE) sur les communes de Saugnac-et-Muret (Landes) et Belin-Béliet (Gironde), à 15 kilomètres à l'est de l'incendie des Landes. Entre les années 60 et 80, des expérimentations ("tirs froids" d'uranium mélangé à des explosifs conventionnels, et lâchers expérimentaux d'hexafluorure d'uranium) ont entraîné une contamination des terrains des deux sites par de l'uranium. Si plusieurs fûts de déchets ont été évacués, la question de l'exhaustivité de la dépollution reste posée 5. La CRIIRAD a contacté l'Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection afin d'en savoir plus sur la situation radiologique du site.
source : CRIIRAD
envoyé par Candice Vacle
- sudouest.fr
- hautegironde.fr
- inventaire.andra.fr
- L'installation abrite le Laser Mégajoule, l'un des lasers les plus énergétiques du monde, élément clé visant à simuler le fonctionnement d'une arme nucléaire.
- En particulier, les travaux de terrassement du chantier du Laser Mégajoule au Barp ont pu mettre à jour des terres contaminées. En 2005, la Commission Locale d'Information avait soutenu la demande des associations locales pour une étude à confier à la CRIIRAD ; cette étude n'avait toutefois pas pu être menée, en l'absence d'accord entre le CEA et la CRIIRAD sur le protocole expérimental.
