29/07/2026 palestine-solidarite.fr  6min #321686

 Massacre à Gaza : 10 Palestiniens, dont des femmes et des enfants, assassinés par Israël !

Cisjordanie, Gaza : l'Onu voit s'éloigner la paix à mesure que le conflit change de visage

© PAM / Maxime Le Lijour
Des vivres sont distribués aux personnes vivant dans un camp temporaire à Gaza.

Par ONU Info

Source :  ONU Info

Pendant que Gaza tente péniblement de sortir des ruines, la Cisjordanie s'embrase. L'une reste un territoire dévasté où l'aide humanitaire maintient une population sous perfusion. L'autre glisse vers une violence que les Nations Unies jugent susceptible de faire basculer l'ensemble du conflit. Entre les deux, l'horizon politique se rétrécit dangereusement.

Devant le Conseil de sécurité, mardi, le Coordonnateur spécial adjoint de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a lancé un avertissement sans détour : "La situation en Cisjordanie se détériore rapidement", au point que, selon lui, "une escalade plus large est de plus en plus probable" si rien n'est entrepris pour inverser la trajectoire.

Derrière cette mise en garde, c'est un constat plus vaste qui se dessine : huit mois après l'adoption de la résolution 2803, censée ouvrir la voie à l'après-guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, le processus politique demeure enlisé tandis que les réalités du terrain évoluent plus vite que la diplomatie.

M. Alakbarov salue quelques avancées. Les déchets de l'enclave commencent à être évacués, davantage de matériel sanitaire entre dans l'enclave et les indicateurs de sécurité alimentaire montrent une amélioration par rapport aux mois précédents.

Mais cette embellie reste précaire. L'immense majorité des habitants dépend toujours entièrement de l'aide humanitaire, les destructions demeurent colossales et les opérations militaires israéliennes continuent de provoquer des victimes presque quotidiennement. Avec l'hiver qui approche, le temps manque déjà pour répondre aux besoins les plus élémentaires en matière d'abris.

Le haut responsable décrit un territoire où la résilience des habitants ne suffit plus. "La dignité humaine ne devrait pas être conditionnelle", a-t-il insisté, estimant que "l'espace nécessaire au relèvement a jusqu'à présent été refusé".

Pour lui, l'aide d'urgence ne peut remplacer une véritable reconstruction, qui suppose l'entrée de matériaux à grande échelle, y compris ceux qu'Israël considère comme pouvant avoir un usage militaire, ainsi qu'une volonté politique de remettre Gaza sur la voie du redressement.

© PAM / Jaber Badwan Un employé du Programme alimentaire mondial (PAM)
observe un bulldozer qui dégage des décombres d'une route à Gaza.

Deux récits irréconciliables

Sur ce diagnostic, Israël et la Palestine semblent évoluer dans deux réalités parallèles.

L'ambassadeur israélien Danny Danon affirme que son pays applique les engagements prévus par la résolution 2803 et que le véritable obstacle demeure le refus du Hamas de déposer les armes. Selon lui, la reconstruction ne pourra commencer tant que le mouvement islamiste conservera le contrôle du territoire.

"Le principal problème demeure : le Hamas a refusé de se désarmer", a-t-il déclaré, reprochant aux Nations Unies de ne pas exercer suffisamment de pression sur le mouvement palestinien. Il a dénoncé une organisation qui, selon lui, refuse même de nommer le Hamas lorsqu'elle décrit les violences contre les convois humanitaires. "Pourquoi l'ONU ne peut-elle pas appeler le Hamas par son nom ?", a-t-il insisté, avant d'appeler le Conseil de sécurité à désigner officiellement le groupe comme organisation terroriste et à le sanctionner.

Israël conteste également les évaluations internationales sur la situation humanitaire. M. Danon affirme que plus de 600 camions d'aide entrent chaque jour dans Gaza, que les prix alimentaires ont chuté de plus de 70 % et que la capacité hospitalière a augmenté de moitié depuis l'automne dernier. Selon lui, les restrictions sur certains matériaux dits "à double usage" restent indispensables pour empêcher le Hamas de se réarmer.

Face à ce récit, la Palestine décrit une réalité radicalement différente : celle d'un peuple victime de meurtres, déplacé et progressivement dépossédé de ses terres.

"Les Palestiniens continuent d'être tués, chaque jour", a déclaré l'observateur permanent palestinien Riyad Mansour. Selon lui, pendant que la communauté internationale concentre son attention sur Gaza, le gouvernement israélien accélère en Cisjordanie une stratégie de colonisation et d'annexion. Les violences des colons, affirme-t-il, ne constituent plus des dérapages isolés mais "une partie intégrante de la stratégie israélienne visant à annexer le maximum de terres palestiniennes avec le minimum de Palestiniens".

La Cisjordanie au bord du basculement

C'est précisément sur ce point que les inquiétudes de l'ONU rejoignent en partie celles des responsables palestiniens.

Au cours de la seule semaine écoulée, plusieurs affrontements particulièrement meurtriers entre colons israéliens, Palestiniens et forces israéliennes ont fait de nombreuses victimes civiles. Les opérations militaires, les démolitions de maisons, les déplacements forcés et l'expansion accélérée des colonies se poursuivent également.

Ramiz Alakbarov a rappelé que toutes les colonies israéliennes demeurent illégales au regard du droit international. Il s'est également dit "profondément préoccupé" par l'entrée des forces israéliennes dans un centre de formation de l' UNRWA, l'agence onusienne de protection des réfugiés palestiniens, à Kalandia, près de Jérusalem-Est, alors que des cours avaient lieu. Ila a rappelé que les locaux des Nations Unies sont inviolables.

À cette dégradation sécuritaire s'ajoute une crise institutionnelle. L'Autorité palestinienne traverse une situation financière critique en raison de la rétention par Israël d'une partie de ses recettes fiscales. Faute de liquidités, elle peine à assurer les services publics essentiels et à rémunérer ses fonctionnaires.

Or, pour l'ONU, l'avenir de Gaza dépend précisément de la survie de cette Autorité palestinienne, appelée à reprendre un jour les rênes.

Une paix toujours plus lointaine

Au fond, derrière les débats techniques sur les convois humanitaires, les matériaux de reconstruction ou les statistiques alimentaires, c'est la perspective même d'un règlement politique qui semble s'éloigner.

Pour Ramiz Alakbarov, les deux crises s'alimentent mutuellement. "La reconstruction de Gaza ne pourra être durable en l'absence d'un processus politique", a-t-il averti. Mais, dans le même temps, "un processus politique ne peut réussir tant que Gaza reste dévastée, que la violence s'intensifie en Cisjordanie, que les institutions palestiniennes demeurent divisées et que les conditions de sécurité continuent de se détériorer".

Autrement dit, chacun des blocages nourrit les autres. Plus Gaza tarde à renaître, plus la Cisjordanie s'enfonce dans la violence. Et plus cette violence s'étend, plus la perspective des deux États, officiellement défendue par la communauté internationale depuis des décennies, ressemble à une ligne d'horizon qui recule à mesure que l'on croit s'en approcher.

Source : ONU Info
 news.un.org

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