Des experts des Nations Unies ont découvert que des Boeing 727 liés par Reuters au réseau d'entreprises d'un entrepreneur militaire américain ont transporté des mercenaires, des armes et des drones pour les Forces de soutien rapide (FSR) du Soudan pendant les violences au Darfour, selon un projet de rapport de l'ONU qui devrait être publié en septembre.
Ces conclusions apportent des détails importants supplémentaires sur le rôle joué par l'avion dans le soutien apporté aux FSR, la force paramilitaire que les enquêteurs de l'Organisation des Nations Unies (ONU) accusent d'avoir commis un génocide dans la région du Darfour au Soudan.
"Le groupe d'experts a reçu des informations fiables de quatre sources selon lesquelles l'aéronef avait transporté des combattants et des mercenaires des FSR ainsi que du matériel militaire, notamment des drones et des armes", indique le rapport.
Le rapport a cité deux témoins oculaires à Nyala, principal centre militaire et logistique des FSR au Darfour, et des communications provenant de deux États membres de l'ONU comme sources de l'information, sans donner plus de détails.
Environs 2 000 personnes ont été tuées dans la ville d'El-Fasher par les FSR pour des raisons ethniques.
Une enquête de Reuters publiée le 15 juillet avait retracé le parcours de trois avions Boeing, exploités par des sociétés liées à Steven Shaulis, un vétéran des forces spéciales de l'armée américaine et entrepreneur de longue date du gouvernement américain, depuis un aéroport du Tchad jusqu'à des plateformes logistiques utilisées par les FSR au Soudan, en Libye et en Somalie.
Le rapport de l'ONU a été rédigé par le Groupe d'experts sur le Soudan, un groupe mandaté par le Conseil de sécurité pour surveiller l'embargo sur les armes imposé au Darfour en 2004. Le projet de rapport a été soumis au Conseil de sécurité pour examen avant sa publication.
Déclenchée en 2023, la guerre civile au Soudan a déjà coûté la vie à des centaines de milliers de personnes. Le conflit a également exacerbé la famine et les épidémies, donnant lieu à ce que l'ONU considère comme la pire crise humanitaire au monde.
Outre les conclusions concernant les Boeing 727, les enquêteurs de l'ONU ont également détaillé l'ampleur du soutien apporté aux FSR par des mercenaires colombiens engagés par une société des Émirats arabes unis, affirmant que les estimations faisant état de 1 500 à 2 000 hommes étaient crédibles.
Les mercenaires colombiens - connus sous le nom de Loups du désert - ont établi une base à Nyala en mars 2025 alors qu'ils combattaient aux côtés des forces FSR, utilisant des drones et participant à la planification lors du siège et de la prise finale de la ville darfourienne d'al-Fashir en octobre 2025, indique le rapport.
Les mercenaires ont été engagés par une société basée aux Émirats arabes unis, Global Security Services Group (GSSG), selon le rapport.
Des centaines d'hommes non armés ont été tués, des femmes violées et des enfants enlevés lors de l'assaut des FSR contre al-Fashir l'année dernière, des violences que l'ONU a précédemment qualifiées de génocide.
Génocide invisible du Soudan : le carnage d'El-Fasher met en lumière les liens entre les Émirats arabes unis et Israël.
