
par Abdelaziz Ghedia
Tout a une fin. Oui, rien n'est pérenne. Rien ne dure indéfiniment. Le temps passe si vite qu'on se demande parfois si l'horloge planétaire n'a pas été bricolée par l'Homme de façon à ce que ses aiguilles trottent plus rapidement pour hâter la fin du monde. Ou alors c'est notre appréciation du temps qui a changé... avec le temps. Avec l'âge. Au crépuscule de la vie, on ne perçoit plus le temps de la même façon que lorsqu'on est encore gamin à courir, du matin au soir, derrière une balle dans un terrain vague.
Le temps est élastique selon la théorie de la relativité d'Einstein. Comme l'espace d'ailleurs qui ne cesse de se dilater. De s'expanser. J'espère que je ne me trompe pas. En tout cas, se sont, là, des réminiscences de mes cours de physique au lycée qui remontent à si bien longtemps maintenant. Presque à l'ère des dinosaures si je devais tirer un peu trop sur l'élastique et revenir en arrière.
Ainsi donc, nos vacances estivales à Benidorm n'ont duré qu'une toute petite période. Une petite semaine. Une fraction de seconde, si je devais user encore une fois de l'étirement de l'élastique temporel.
Nous voilà donc à la station de bus, Avenida Europa, attendant le bus qui doit nous amener à l'aéroport d'Alicante. Il était un moins de 9h. J'étais assis sur un banc et mes bagages devant moi. Un peu somnolent, mon esprit vaquait ailleurs.
Alicante. Ali. Cante. Et là, je me suis remémoré d'où venait le nom de cette ville. Cela remonte à l'époque de l'Espagne musulmane. De "bilad El Andalous". En tout cas, c'est ce que, il y a quelques années, un ami à moi, qui était Consul de l'Algerie dans cette ville, m'avait raconté. Instruit qu'il était, il était bien au fait de ces choses-là. Du moins, il avait des notions historiques de cette ville. Il semblerait donc que pendant cette période, il y avait une mosquée dans la ville dont le Muezzin s'appelait Ali. Et chaque fois qu'il appelait à la prière, chaque fois qu'il montait au minaret et prononçait l'adhan, à tue-tête évidemment, l'amplificateur du son n'existait pas à l'époque, les musulmans sortaient et se dirigeaient vers la mosquée. Quant aux autres habitants de la ville, chrétiens ou juifs, qui vivaient également sans contrainte leur foi, se contentaient juste d'écouter la voix mélodieuse du Muezzin en disant Ali cante (Ali chante). Avec le temps, la ville finit par adopter comme nom Alicante. Je méditais sur cette histoire lorsque mon fils me dit :
"Papa, lève-toi, le bus est arrivé".
Ainsi finirent nos vacances à Benidorm...
Ceci dit, aujourd'hui l'Espagne se trouve à la croisée des chemins.
Vu le contexte politique actuel en Europe, conséquemment à l'envahissement par des milliers de Marocains de l'enclave espagnole, Ceuta, appelant à l'exclusion pure et simple de l'Espagne de l'espace Schengen, il serait intéressant de proposer à celle-ci (l'Espagne) l'iberexit et son intégration au Maghreb pour faire revivre l'esprit de l'Andalousie.