03/08/2026 reseauinternational.net  3min #322146

Peter Thiel, Palantir et l'écologisme : « l'urgence climatique » a bon dos

par Philippe Bergerac

L'urgence climatique est instrumentalisée pour étendre des formes de pouvoir (technocratique, financier, surveillance) bien au-delà de ce que la seule science du climat justifierait de façon neutre.

Peter Thiel, Palantir et l'écologisme le démontrent de plus en plus.

L'urgence climatique est effectivement instrumentalisée pour étendre un pouvoir technocratique, financier et de surveillance bien au-delà de ce que la science du climat justifierait à elle seule.

Peter Thiel (cofondateur de PayPal et de Palantir) l'a, en effet, formulé clairement en 2025 :

"L'écologisme est assez puissant. [...] C'est la seule chose à laquelle les gens croient encore en Europe. Ils croient au"truc vert" plus qu'à la charia ou au modèle totalitaire chinois. [...] Le vert est de loin le plus fort".

Thiel y voit le risque (sic) d'un État totalitaire mondial, légitimé par la soit disant peur de catastrophes (climat, IA...). L'Europe, selon lui, n'imagine plus que trois futurs : le vert, la charia ou le contrôle à la chinoise. Le "green thing" domine.

Le climat comme levier de contrôle

Ce n'est pas seulement une préoccupation environnementale.

C'est l'un des derniers grands récits capables de justifier :

  • les réglementations extraterritoriales,
  • les objectifs carbone imposés d'en haut,
  • la surveillance des émissions,
  • la conditionnalité ESG et les transferts de souveraineté.

La "peur" de la catastrophe rend acceptable ce qui, autrement, ne le serait pas.

L'objection décisive

Si les élites avaient vraiment peur, elles contraindraient les plus gros émetteurs. Ce n'est pas le cas.

La Chine représente ~30-33% des émissions mondiales et continue d'ouvrir des centrales à charbon à un rythme record. Aucun mécanisme international ne la contraint réellement.

Les accords de Paris sont volontaires.

Les restrictions frappent surtout les classes moyennes et industrielles occidentales, bref, parmi les moins gros pollueurs.

On est tout simplement face à un capitalisme en crise qui se restructure pour survivre, pour faire du profit comme il peut et non pas à une élite "terrorisée" par le climat :

  • nouveaux marchés (renouvelables, carbone, ESG, monitoring),
  • discipline les populations et les industries occidentales,
  • renforcement du pouvoir technocratique.

Le climat fonctionne comme prétexte opératoire : il justifie les transferts de richesse, les nouvelles rentes et le contrôle accru des flux, sans affronter les grands émetteurs géopolitiques.

Palantir, la boule de cristal

Dans "Le Seigneur des Anneaux", les palantíri permettent de voir loin et de contrôler.

Palantir, fondée par Thiel, est l'outil technique qui rend ce contrôle possible à grande échelle. Ses plateformes agrègent et croisent des données hétérogènes pour détecter, prédire et cibler - sécurité nationale, immigration, et demain conformité carbone.

Le paradoxe est frappant : le libertarien qui dénonce le totalitarisme mondial a co-fondé l'une des infrastructures les mieux placées pour le rendre opérationnel. Bref, de qui se moque-t-on ?

En résumé :

L'urgence climatique est utilisée pour étendre le pouvoir technocratique et financier.

Palantir fournit la capacité technique de ce contrôle.

Les deux lectures se rejoignent : la centralisation par la donnée ET par le récit de la catastrophe.

Le capitalisme en crise se transforme en un communisme 2.0.

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