Sanaa a mené une vaste opération de missiles balistiques et de drones visant des points de rassemblement et des camps militaires de forces soutenues par l'Arabie saoudite dans les provinces de Maarib et de l'Hadramaout, a annoncé le porte-parole des forces armées yéménites.
Dans un communiqué publié jeudi 6 août, le général de brigade Yahya Saree a indiqué que cette opération avait été lancée après que les forces yéménites ont détecté d'importants mouvements militaires et des concentrations de troupes des forces soutenues par Riyad, qui se préparaient, selon lui, à lancer une offensive contre les zones contrôlées par le mouvement Ansarallah.
Selon le communiqué, des positions militaires situées dans les régions d'al-Ruwaik, d'al-Abr et d'al-Thaniyah, ainsi que plusieurs camps appartenant à la "Première Brigade" et à la "Troisième Brigade de préparation", ont été frappés par plusieurs missiles balistiques et drones.
Yahya Saree a affirmé que l'opération avait fait des centaines de morts et de blessés parmi les forces soutenues par l'Arabie saoudite.
Il a également indiqué que plusieurs camps militaires, dépôts d'armes, points de rassemblement de troupes et véhicules militaires avaient été détruits dans la région d'al-Wadiah, dans l'est du Yémen.
Le communiqué met en garde l'Arabie saoudite contre toute nouvelle action militaire, affirmant qu'elle entraînerait une riposte.
Mohammed Shouka, membre du bureau politique d'Ansarallah, a déclaré que cette opération constituait une mesure préventive, menée après la surveillance des préparatifs des forces saoudiennes et de leurs alliés en vue d'une attaque contre Sanaa.
Avant la publication de ce communiqué, plusieurs médias avaient rapporté qu'au moins 30 hommes des forces soutenues par l'Arabie saoudite avaient été tués lors de frappes de missiles visant des camps militaires dans les provinces de Maarib et de l'Hadramaout.
Les médias israéliens ont rapporté mercredi que les soldats, appartenant à la 55e brigade, ont été tués par l'explosion d'un engin explosif improvisé à l'intérieur d'un bâtiment piégé à Majdalzoun, dans le sud du Liban.
Cela intervient dans un contexte de fortes tensions entre le Yémen et l'Arabie saoudite.
Cette escalade fait suite aux frappes aériennes saoudiennes menées le mois dernier contre l'aéroport international de Sanaa, dans le but d'interrompre les vols humanitaires transportant des patients et des civils bloqués.
En réponse, les forces armées yéménites ont affirmé avoir frappé l'aéroport international d'Abha, en Arabie saoudite, à l'aide de missiles balistiques et de drones. Elles ont également annoncé un blocus naval contre l'Arabie saoudite afin de contraindre Riyad à lever le siège imposé au Yémen par la coalition dirigée par les Saoudiens depuis douze ans.
Le président du Conseil politique suprême du Yémen, Mahdi al-Mashat, a déclaré que la seule voie permettant de mettre fin aux hostilités et d'instaurer une paix durable passait par un arrêt inconditionnel du blocus et de l'agression saoudienne contre le Yémen.
"Si l'agression se poursuit et que le siège n'est pas levé, tout dialogue et tout accord ne seront qu'une illusion et un mirage", a récemment averti Mahdi al-Mashat.
L'Arabie saoudite et ses alliés ont imposé un blocus au Yémen dans le cadre de la campagne militaire lancée le 26 mars 2015, avec le soutien militaire, politique et logistique des États-Unis et de plusieurs pays occidentaux.
Cette guerre a entraîné la mort de dizaines de milliers de Yéménites, sans toutefois atteindre son objectif déclaré de rétablir au pouvoir le gouvernement soutenu par Riyad.
Ce gouvernement avait quitté le pays dans un contexte de profonde crise politique, après quoi Ansarallah, mouvement de résistance yéménite, a pris le contrôle de la capitale et assuré la gestion des principales institutions de l'État.
Par ailleurs, le ministère saoudien de la Défense a annoncé jeudi la nomination du général de division Abdullah al-Shehri au poste de commandant de l'Alliance multinationale de défense maritime, chargée, selon Riyad, de "garantir la liberté de navigation" en mer Rouge.
Mercredi, les forces armées yéménites ont également annoncé avoir frappé le pétrolier saoudien Wafa au large de Yanbu, dans le nord de la mer Rouge, à l'aide de missiles balistiques. Selon elles, il s'agit du huitième pétrolier saoudien visé depuis l'entrée en vigueur du blocus maritime annoncée le 22 juillet. Elles ont également affirmé que vingt-neuf autres pétroliers avaient rebroussé chemin au niveau du détroit de Bab el-Mandeb.
