
Par Philip Giraldi, le 5 août 2026
Quand cela prendra-t-il fin ?
Pas si simple, certaines semaines, de choisir parmi les faits les plus choquants, révélateurs du déclin et de la baisse d'intégrité du gouvernement américain, tant à Washington que, trop souvent d'ailleurs, au niveau des États.
La Maison Blanche et le Congrès ne peuvent qu'occuper la plupart du temps le devant de la scène, compte tenu du renoncement total de tout effort du gouvernement américain pour adapter ses politiques et sa législation aux intérêts nationaux véritables. Des guerres se livrent sans aucun motif valable et les politiques intérieures dépendent des "humeurs" du président Donald Trump au saut du lit. Lorsque ces décisions sont concrétisées et mises en œuvre, le résultat est chaotique.
La semaine dernière, nous, Américains qui souffrons tant, avons été contraints d'assister à de purs revirements trumpiens sur des déclarations majeures de politique étrangère. Tout d'abord, certaines déclarations ont laissé entendre que l'Iran aurait plus ou moins tendu la main à Trump et cherché à revenir à la table des négociations pour un cessez-le-feu et un accord de paix. Cette affirmation a immédiatement été démentie par Téhéran et la quasi-totalité des observateurs ont convenu que les Iraniens auraient été fous de faire confiance à Washington et à sa "parole" sur quelque sujet que ce soit, compte tenu des antécédents de Trump quant au non-respect des documents signés et des accords conclus. Trump a alors réagi au démenti iranien en menaçant de déchaîner les feux de l'enfer, comme il se doit, multipliant obscénités et menaces d'anéantissement du peuple perse dans un holocauste plus dévastateur encore que la Seconde Guerre mondiale.
Certains observateurs ont toutefois fait remarquer que les menaces d'anéantissement de Trump sont clairement irréalisables sur le plan pratique, compte tenu de l'épuisement des stocks de munitions américains et de la difficulté à fabriquer des munitions de remplacement en raison du refus de la Chine de vendre des métaux rares aux Américains, et de la perte des raffineries saoudiennes et émiraties qui produisaient de l'aluminium de haute qualité pour les fuselages des avions de combat. Donc, si Trump cherche vraiment à donner libre cours à ses fantasmes puérils de mort et de destruction, il devra recourir à l'arme nucléaire. Il est ironique qu'il ait fondé la guerre contre l'Iran sur son intention maintes fois réitérée d'empêcher le développement par l'Iran de l'arme nucléaire, un programme dont les services du renseignement américains ont toujours affirmé qu'il est sans fondement. Seuls les États-Unis possèdent et ont utilisé des armes nucléaires pour tuer des civils, et cela remonte à 1945.
Compte tenu de tous les signaux contradictoires émanant de Washington, il est probablement inutile de souligner qu'une guerre d'emblée injustifiée continue de s'éterniser, tandis qu'Israël et son Premier ministre Benjamin Netanyahu poussent en coulisses à son intensification grâce à des mensonges conçus pour convaincre un Trump totalement dépassé.
"À ce stade", déclare Netanyahu, "mieux vaut voir mourir des soldats américains contre l'Iran plutôt que de gaspiller ne serait-ce qu'un seul de nos merveilleux garçons juifs, dont chacun vaut mieux que 1 000 goyim".
En réalité, nous, Américains, ne mesurons pas notre chance de n'être qu'1/1 000e en termes de valeur relative par rapport aux Juifs. Un avocat israélien estime quant à lui que chaque vie juive vaut 10 millions de Palestiniens !
En attendant, Trump est profondément enlisé dans une guerre qui détruit sa présidence et ne profite qu'à Israël, telle est la tragédie ultime pour le public américain, mais aussi d'autres nations du monde autrefois respectueuses des États-Unis pour leur engagement en faveur de la démocratie et de l'État de droit. Israël est désormais, à juste titre, la nation la plus haïe au monde, mais les États-Unis les talonnent désormais à la deuxième place du podium ! Et grande est la confusion entre qui fait quoi à qui, compte tenu de l'ambiguïté du nouveau rôle de l'armée américaine clairement encouragée par l'administration Trump.
Un article paru dans le Washington Post la semaine dernière décrit de manière particulièrement poignante les inquiétudes du général américain Alexus Grynkewich, qui dirige le Commandement des forces américaines en Europe. Dans une note de service, il exprime son inquiétude face à l'insuffisance de ses effectifs en destroyers dotés de capacités défensives.
L'article décrit comment Grynkewich
"... a adressé une notification écrite aux hauts responsables du Pentagone, indiquant que sans destroyer supplémentaire de la Marine, il sera contraint de privilégier la défense du 'territoire national' des États-Unis plutôt que celle d'Israël".
J'en déduis que le général se demande s'il doit, conformément aux ordres émanant de la Maison Blanche, donner la priorité à la défense des États-Unis plutôt qu'à celle d'Israël. Qu'il soit apparemment incapable de comprendre que la défense de son propre pays est et doit toujours être sa priorité absolue relève à la fois du mystère et démontre à quel point la dévotion démesuré des régimes de Joe Biden et de Donald Trump pour l'État juif a détruit toute véritable raison d'être de l'armée américaine.
En effet, Donald Trump et ses acolytes au pouvoir n'hésitent pas à jouer les soldats quand ça les arrange. J'adore voir Trump, ce réfractaire à la conscription, se mettre au garde-à-vous et saluer sans retirer son improbable casquette rouge, une posture militaire qu'il a autrefois choisi d'éviter au Vietnam en invoquant de fausses raisons médicales - des excroissances osseuses - lorsque son bureau de recrutement l'a appelé sous les drapeaux après l'obtention de son diplôme universitaire en 1968. Pour couronner le tout, Trump a déclaré à plusieurs reprises qu'il devrait être décoré de la Médaille d'honneur du Congrès (CMH) pour son "rôle de pacificateur" hautement fictif, alors que cette médaille est en réalité la plus haute distinction décernée aux soldats pour leur bravoure au combat - ce qui n'inclut certainement pas Donald Trump.
Mais la publication générée par IA de Trump sur son Truth Social la semaine dernière dépasse les limites de la décence aux yeux de ceux qui, comme moi, se sont engagés dans l'armée après l'université, contrairement à Trump qui disposait à la fois de l'argent et d'un manque de patriotisme suffisants pour payer un médecin contre un faux certificat médical. Dans cette publication, Trump se représente en grand uniforme, flanqué des généraux de la Seconde Guerre mondiale Douglas MacArthur et George S. Patton. Il pose avec ces deux hommes, arborant quatre étoiles de général aux épaules ainsi qu'une poitrine décorée de nombreuses médailles, soit plus de distinctions à un grade plus élevé que MacArthur ou Patton sur cette image retouchée par l'IA. L'une des médailles portées par Trump semble être une Médaille du courage (CMH). Une véritable insulte à la mémoire des deux hommes héroïques représentés, et qualifier cette imposture à la fois de honteuse et d'obscène est loin d'être exagéré.
Une autre anecdote de la semaine dernière illustre l'intention persistante du président d'enrichir sa famille et ses partisans grâce à un comportement généralement qualifié de "délit d'initié", c'est-à-dire une pratique illégale. On a souvent noté la propension du président à faire des déclarations à caractère politique ou économique les lundis et vendredis pour influencer l'ouverture et la clôture de Wall Street et autres marchés d'investissement. Les investisseurs disposant de ces informations en amont peuvent tirer - et ont tiré - d'énormes avantages financiers en spéculant sur les hausses prévisibles provoquées par les actions de la Maison Blanche. Ceux qui savent à l'avance ce qui va se passer en bénéficient tout particulièrement, à commencer par Trump, sa famille, et ses "envoyés spéciaux".
Dans la dernière version de cette pratique, Trump vend, par l'intermédiaire de la société familiale Trump Media & Technology Group, un accès anticipé à des données premium publiées sur son nouveau service d'abonnement dédié à ses publications sur Truth Social où ces déclarations seront diffusées. Le coût s'élève à 100 000 dollars par mois pour les investisseurs qui pourront alors tirer un profit substantiel des fluctuations du marché boursier. À ce jour, cinq sociétés d'investissement s'y sont inscrites et l'on s'attend déjà à ce que Trump, à titre personnel, tire un bénéfice direct de sa participation dans la distribution de Truth Social à hauteur de 41 % des 6 millions de dollars de revenus engagés à ce jour. Les détracteurs ont fait remarquer que Trump
"a dû inventer une nouvelle théorie du 'délit d'initié' fondée sur des informations accessibles au public".
Enfin, Trump se vante parfois de ne percevoir aucun salaire de l'État en tant que président, mais en 2025, il a déclaré
"plus de 2 milliards de dollars de revenus personnels l'année dernière - soit près du quadruple des revenus de 2024 -, dont la majeure partie provient d'entreprises situées directement à la croisée de ses fonctions présidentielles et de son bilan financier. Il a ainsi gagné environ 1,4 milliard de dollars rien qu'avec les cryptomonnaies, dont 635 millions de dollars de redevances provenant de sa cryptomonnaie 'meme' $TRUMP et plus de 500 millions de dollars provenant de World Liberty Financial, l'entreprise spécialisée dans les cryptomonnaies dirigée par ses fils".
Vous tenez à vous enrichir illégalement de quelques milliards de dollars en tuant tout un tas de gens au cours de guerres et de génocides qui auraient pu être évités ? Demandez au président américain Donald Trump quelques trucs et astuces !
Traduit par Spirit of Free Speech
* Philip M. Giraldi est directeur exécutif du Council for the National Interest, une fondation qui milite en faveur d'une politique étrangère américaine au Moyen-Orient davantage axée sur l'intérêt national. Son site web est councilforthenationalinterest.org et son adresse e-mail est informcnionline.org.