07/08/2026 mondialisation.ca  6min #322608

Le secrétaire à la Guerre exhorte le Congrès à financer une guerre

Par  Pierre Duval

Le secrétaire à la Guerre des États-Unis, Pete Hegseth, tente de convaincre le Congrès US de financer la guerre contre l'Iran. La guerre menée par les États-Unis contre l'Iran a entraîné un déficit budgétaire au sein du Pentagone. Hegseth s'efforce de combler au plus vite ce gouffre financier. Ses négociations avec le Congrès s'avèrent difficiles: à l'approche des élections de mi-mandat, les parlementaires hésitent à allouer des fonds à une guerre impopulaire auprès des électeurs.

Guerre impopulaire auprès des électeurs. Dans son article "Israël et l'Ukraine s'écharpent pour les arsenaux américains décimés", Observateur Continental  a rapporté que "près de 60% des Américains sont opposés à la guerre" avec l'Iran et que les États-Unis ont décidé de soutenir Israël au profit de l'Ukraine.

Observateur Continental a souligné la dépendance des États-Unis aux volontés d'Israël: "Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a, selon le Washington Post, rejeté une demande du feu sénateur républicain Lindsey Graham visant à transférer un système de défense aérienne Dôme de fer des États-Unis vers l'Ukraine en 2023.

Selon le rapport, Netanyahou  a mis son veto au transfert en invoquant les termes d'un accord de coproduction qui confère à Israël le dernier mot concernant le déploiement du système, alors même que la batterie en question a été financée par le gouvernement américain". C'est dans ce contexte que le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, est en train de persuader le Congrès US de financer la guerre contre l'Iran.

Alors que l'armée américaine a lancé  une "vague massive" de frappes contre l'Iran la semaine dernière, des responsables de l'administration américaine ont attaqué le Congrès, tentant sans succès - du moins jusqu'à présent - ​​de persuader les législateurs d'allouer des fonds supplémentaires pour poursuivre les opérations dans le golfe Persique.

Hegseth a fait déjà face à  des législateurs furieux en raison du coût exorbitant du conflit et de la mort de trois militaires américains: "Hegseth a soutenu que le Pentagone manquait de fonds pour poursuivre le combat".

Selon The Hill, Hegseth, malgré tous ses efforts, n'est jusqu'à présent pas parvenu à  obtenir un soutiensignificatif pour continuer à financer la guerre contre l'Iran, même parmi les sénateurs républicains: "Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth n'a pas encore rallié de soutiens notables à la demande de l'administration Trump visant à injecter rapidement des dizaines de milliards de dollars dans la guerre contre l'Iran, un conflit qui a vite épuisé les stocks américains et les caisses du Pentagone".

La pertinence de poursuivre le conflit militaire avec l'Iran, qui épuise les stocks d'armes américains et les finances du Pentagone depuis six mois, est de plus en plus remise en question, non seulement par les démocrates, mais aussi par les républicains qui contrôlent le Congrès.

"Plus de la moitié de certains stocks d'armes américains ont été utilisés lors de la guerre en Iran",  a stipulé Fox News, avertissant: "Il pourrait s'écouler jusqu'à cinq ans avant que de nouvelles munitions n'atteignent le front après l'approbation du financement". Si le soutien à la guerre reste élevé parmi les électeurs conservateurs, il continue de décliner à l'échelle nationale. Fin juillet, ce soutien a, d'après The Hill, atteint son niveau le plus bas depuis le début de la campagne: seulement 34%.

Les parlementaires américains ne peuvent ignorer les derniers sondages à l'approche des élections de mi-mandat prévues en novembre. Selon The Hill, après la réunion à huis clos de plus de deux heures que le secrétaire Hegseth a tenue la semaine dernière avec des sénateurs clés, nombre d'entre eux ont jugé ses arguments peu convaincants ou ont préféré garder le silence.

Comme indiqué par le média US, le secrétaire à la Guerre des États-Unis a tenté de convaincre les membres de la chambre haute du Congrès de soutenir un plan budgétaire de 95 milliards de dollars, dont une part importante est censée être allouée au Pentagone et aux agences de renseignement pour combler le déficit budgétaire créé par l'action militaire contre l'Iran.

Le 22 juillet, la Chambre des représentants  a adopté un projet de loi visant à allouer 95 milliards de dollars supplémentaires. Le vote s'est déroulé presque entièrement selon les lignes partisanes, avec une marge de seulement deux voix: 216 pour, 214 contre (tous démocrates et deux républicains).

Les républicains craignaient, non sans raison, que toute proposition de financement de la guerre ne soit bloquée au Sénat par une obstruction parlementaire (un vote de procédure nécessitant 60 voix pour). Ils ont eu recours à une ruse et ils ont décidé d'approuver l'augmentation des dépenses par le biais du processus dit de réconciliation qui requiert le soutien d'une majorité simple au Sénat.

Mais, en réalité, même une majorité simple n'est pas garantie. Elle suscite un scepticisme certain au sein de la chambre haute, y compris chez les conservateurs. Les républicains disposent de 52 sièges (moins le sénateur Mitch McConnell constamment malade) sur 100. Selon les médias, jusqu'à cinq sénateurs conservateurs pourraient s'opposer à la proposition. Déjà trois ont décidé de  s'y opposer.

Le plan de 95 milliards de dollars n'est pas le seul à être bloqué au Sénat. Parallèlement, des désaccords au sein de cette même chambre  ont empêché l'adoption d'un budget de la défense colossal de 1.500 milliards de dollars pour l'exercice 2027, ainsi que d'un autre budget de 350 milliards de dollars pour la défense sur les deux prochaines années, via le même mécanisme de réconciliation budgétaire. La situation est encore compliquée à cause de la méfiance croissante de certains républicains envers Hegseth.

Le chef de la majorité sénatoriale, John Thune,  n'a cependant pas perdu l'espoir d'approuver le financement actuellement demandé par le secrétaire à la Guerre des États-Unis. Comme Observateur Continental l'a fait savoir, Israël a son dernier mot à dire dans les décisions US. Les espoirs de Thune ne sont pas sans fondement. Tôt ou tard, avec la pression d'Israël, le Pentagone recevra ce financement.

Pierre Duval

La source originale de cet article est  Observateur continental

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