Un haut responsable du mouvement de résistance yéménite Ansarallah a rejeté la condamnation par le Conseil de sécurité des Nations unies des frappes de missiles de représailles du Yémen contre l'Arabie saoudite et des navires marchands, affirmant que l'organe exécutif de l'ONU a perdu toute légitimité et toute crédibilité, et que ses résolutions ne valent rien.
Hizam al-Assad, membre du bureau politique d'Ansarallah, a critiqué l'approche du Conseil de sécurité face à l'évolution de la situation au Yémen et dans la bande de Gaza. Selon lui, le Conseil remplit rarement son rôle de garant de la paix et de la sécurité internationale, ce qui met fortement en cause sa crédibilité.
Il a rappelé que le Conseil de sécurité n'avait pris aucune mesure efficace face à l'agression et au blocus incessants imposés par l'Arabie saoudite au Yémen au cours de ces douze dernières années, et qu'il s'était montré pratiquement incapable d'enrayer l'aggravation de la crise humaine à Gaza et de mettre fin aux frappes israéliennes.
Dans ce droit fil, le haut responsable yéménite a jugé "sans valeur" les résolutions du Conseil de sécurité compte tenu de son bilan "lamentable et décevant".
Dans ce contexte, al-Assad a souligné que la nation yéménite poursuivrait la voie de la résistance avec fermeté : "Ce qui a été pris par la force ne peut être repris que par la force. Le Yémen est absolument déterminé à recouvrer ses droits et à défendre sa souveraineté".
Ces propos interviennent après que le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné vendredi les frappes de missiles menées par les forces yéménites contre l'Arabie saoudite et des navires marchands, et a dénoncé les atterrissages d'avions dans des aéroports yéménites.
L'organe exécutif de l'ONU a déclaré que ses membres étaient préoccupés par l'escalade des tensions au Yémen et ont souligné la nécessité de s'abstenir de tout acte susceptible de compromettre les initiatives de paix ou de mettre en péril la paix et la sécurité internationales.
Le Conseil a également condamné les tirs de missiles lancés par l'armée yéménite contre l'Arabie saoudite menés depuis le 13 juillet, ainsi que les opérations contre des navires marchands depuis le 22 juillet.
Le Conseil a insisté sur le fait que tous les vols à destination des aéroports yéménites devaient être coordonnés avec le gouvernement yéménite basé à Aden et soutenu par l'Arabie saoudite, et faire l'objet d'une autorisation préalable.
Le 20 juillet, le gouvernement de Sanaa a annoncé un blocus maritime contre l'Arabie saoudite, affirmant que les autorités de Riyad imposaient au Yémen un "siège injuste et oppressif" depuis près de douze ans, "pillant nos ressources et instaurant un blocus total".
Par la suite, les forces armées yéménites ont annoncé avoir mené avec succès plusieurs opérations contre des navires liés à l'Arabie saoudite en mer Rouge.
Depuis mars 2015, l'Arabie saoudite et ses alliés imposent un blocus au Yémen dans le cadre d'une guerre à grande échelle, avec le soutien militaire, politique et logistique des États-Unis et d'autres pays occidentaux.
Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts parmi les Yéménites, sans jamais atteindre son objectif principal : le retour au pouvoir de l'ancien régime yéménite pro-Riyad.
