Une question intéressante est de savoir à qui va profiter l'énorme affaire Fauci. Il y a en réalité quatre tendances différentes dans le monde politique US, et l'on peut voir leurs positions par rapport à l'affaire Fauci, en prenant l'affaire Fauci comme référence. On y trouve des nuances peut-être surprenantes, - mais qui ne devraient surprendre personne après un temps de réflexion et quelques connaissances. On y retrouve les tendances naturelles de l'actuelle situation-BAO ( bloc-BAO, américaniste-occidentaliste), que rien ne vient rapprocher dans le fossé en plein élargissement et approfondissement qu'on voit entre elles, que tout éloigne jusqu'à l'antagonisme fatal.
• Les démocrates-Système, ceux qu'on pourrait nommer, sans trop sourire, l'"aile gauche" du Parti. Ceux de la commission Rand Paul ont tous voté pour surseoir temporairement à l'accusation de 'Contempt' ('Mépris', une catégorisation de l'accusation d''Outrage au Congrès') portée contre Fauci. Leur rôle n'a pas été glorieux : comme des moutons bien ordonnés, ils se contentaient de se rallier à ce débris pitoyable débitant le 'fifth', qui fut le conseiller médical du président Biden.
• Conduits au galop par le moins conformiste d'entre tous, le sénateur Rand Paul, - quasiment un antiSystème par son père Ron, docteur des petites gens en plus d'avoir été à la Chambre jusqu'en 2012, - les républicains-Système s'en sont payés une tranche comme s'ils goûtaient à l'air de la liberté sans subvention de l'AIPAC ; tranche à la fois de moraline et de populisme plus ou moins assumé et dans tous les cas à bon marché, puisque Fauci était un homme de Biden. Reste à voir ce que va être l'attitude de Trump qui est plus ou moins coincé entre son soutien initial au vaccin et sa haine de tout ce qui se rapporte à Biden, et également le fait qu'en attaquant Fauci il alimente le populisme des dissidents MAGA et rend nerveux le Système, le DeepState et Netanyahou qui est en ce moment très sensible... C'est beaucoup pour le vieux Trump (il apparaît de plus en plus vieilli). Il a appuyé son DoJ 'ministère de la justice) qui a dit qu'il allait effectivement poursuivre Fauci mais il faudra voir ce que vaut cet engagement, - comme, par exemple, dans le cas des dossiers Epstein. On peut être sûr que Rand Paul, et d'autres (les dissidents MAGA), dont il se rapproche par la loi de l'attraction des intérêts communs, y veilleront.
• Les démocrates de la gauche populiste, type 'The Young Turks' plutôt que les 'Black Lives Matter' et autres Woke'nd Roll tous contrôlés par "l'aile gauche du Parti" et éventuellement par Soros, et donc alignés sur elle et lui. La réaction de la gauche populiste est naturellement d'une intense critique de Fauci, mais aussi des démocrates-Système qui ont tenté de la défendre.
"La commentatrice politique progressiste et animatrice de l'émission The Young Turks, Ana Kasparian, a vivement critiqué le Dr Anthony Fauci suite aux auditions du Sénat fin juillet 2026 et à la publication de ses journaux personnels. Kasparian a déclaré que sa confiance initiale envers les institutions de santé publique pendant la pandémie s'est transformée en"défiance totale", affirmant que les critiques conservateurs avaient raison de remettre en question les versions officielles concernant la COVID-19." (IA)
• Les dissidents-MAGA. Ceux-là sont fermement dans un camp anti-COVID et anti-Fauci depuis longtemps, et dans ce cas on mettra Rand Paul aux côtés de gens comme Carlson ou Marjorie Taylor-Greene (ici le 3 juin 2024 ), en plus de Robert Kennedtg Jr. et Tulsi Gabbard. Là aussi, ils sont proches jusqu'à l'identique de la gauche populistes et c'est à eux qu'est destinée la remarque de Kasparian ("les critiques conservateurs [ont] raison de remettre en question les versions officielles concernant la COVID-19").
A qui profitera la chute de Fauci ?
Réponse : à ceux qui sauront en profiter ? Il ne faut pas s'y tromper, l'affaire Fauci représente une attaque contre l'intégrité du Système, même pour ceux des républicains-Système qui attaquaient avec quelle véhémence "the Good Doctor", vendredi au Sénat. C'est un peu comme la situation française, lorsque tous les partis politiques du Système se rassemblèrent, de plus ou moins bonne grâce selon les couleurs, sous la bannière de la lutte contre le COVID façon-Fauci adaptée à la république macroniste.
Il s'en déduit que l'attaque contre un Cauci pris la main dans le sac du 'fifth' répété comme on tire à la mitrailleuse, est réellement pris par le public comme une "attaque contre le Système". Ce n'est certainement pas Trump qui en profitera, lui qui est embourbé dans une guerre contre l'Iran qui révèle son proximité grossière avec Israël, les lobbies et les milliardaires sionistes, tous d'une façon ou d'une autre garants du Système. Le lien est alors vite fait avec les globalistes covidiens rassemblés autour de Bill Gates et des autres, dont Cauci par conséquent.
La poussée obtenue dans cette affaire profitera donc à la faction populiste (droite et gauche) alors que la droite populiste (Carlson, MTG, Joe Kent) est en train de mettre en place un troisième parti qui pourrait être aisément rejoint par la gauche populiste. On s'informera à ce propos plus en détails avec l'article ci-dessous, de Tarik Cyril Amar, un universitaire et auteur allemand qui publie souvent dans RT.com.
Tucker for president?Des dissidents MAGA déclarent leur indépendance d'Israël. Une division croissante au sein de la droite américaine transforme l'ancien noyau dur de Trump en une opposition ouverte, Israël étant au cœur de cette rupture.
Presque depuis le début du second et dernier mandat du président américain Donald Trump, le mouvement qui l'a porté au pouvoir à deux reprises se fracture. Désormais, une véritable scission s'est opérée parmi les partisans de "Make America Great Again" (MAGA).
Le principe est simple : d'un côté, ceux qui continuent d'associer MAGA à Trump ; de l'autre, de l'autre côté d'un fossé grandissant, ceux qui restent fidèles à MAGA mais estiment que Trump, lui, ne l'a pas fait. Les dissidents affirment que Trump a trahi la cause et veulent sauver MAGA - et donc les États-Unis - de son influence.
Ce que les dissidents de MAGA appellent leur mouvement ne dispose pas encore de structures officielles, mais il a un chef de facto : le journaliste et animateur de podcast populaire Tucker Carlson. C'est dans sa maison typiquement américaine du Maine que la scission au sein de MAGA a été officialisée. Plusieurs figures clés du groupe MAGA anti-Trump en pleine expansion s'y sont réunies et, de fait, ont levé l'étendard de la rébellion. Pas littéralement, mais sous la forme d'une publication en forme de X de l'ancienne représentante américaine Marjorie Taylor Greene (suivie par 5,4 millions de personnes). On y voyait une photo soigneusement composée d'une joyeuse bande de rebelles, parmi lesquels, outre elle-même, Joe Kent, ancien responsable de la lutte antiterroriste sous Trump, le représentant Thomas Massie, un opposant conservateur de longue date à Trump, et Carlson, assis en bout de table.
Quelques jours après cette publication, Carlson a mis en ligne un manifeste vidéo intitulé "Il est temps de sauver l'Amérique" sur sa chaîne YouTube, Tucker Carlson Network (qui compte 5,2 millions d'abonnés). En une seule journée, la vidéo a cumulé plus d'un million de vues sur YouTube.
Dans une leçon magistrale de rhétorique, digne de l'ère du podcast, Carlson a décrit l'Amérique contemporaine comme une impasse marquée par une décadence et une dégradation extraordinaires, une perte de contact avec la réalité au sein de l'establishment, et une situation de "paralysie et de pillage".
Il a également prédit que le changement est inévitable si les Américains veulent éviter la "fin du monde", que ce soit par une guerre nucléaire ou une intelligence artificielle incontrôlée. Il a averti que même la prévention de cette apocalypse par une action politique opportune pourrait engendrer de grandes violences, autrement dit une révolution. Enfin, il a présenté son alternative à la fois à la fin du monde et à un bouleversement majeur en dix points concis.
Allant de "l'équité" à "l'unité", ses dix points étaient davantage un appel vibrant au renouveau national qu'un programme politique concret, avec des objectifs suffisamment généraux pour former un large consensus, comme il l'a reconnu.
Nombre de ses dix points ressemblaient à une version 2.0 du mouvement MAGA, c'est-à-dire sans Trump, comme l'ont noté les observateurs. Sur des questions telles que la santé physique et mentale, la nécessité pour l'économie de produire des biens réellement utiles plutôt que de simples technologies de surveillance, des armes de guerre et des artifices financiers, la beauté des paysages et de l'architecture américains qui nécessitent une restauration, les plaidoyers passionnés de Carlson faisaient écho au conservatisme qui est l'une des racines du phénomène MAGA.
En fin de compte, ce qui sera le plus important, ce sont les divergences : l'un des points de Carlson portait sur la souveraineté, ou, comme il la définissait, le fait d'être "libre de toute influence extérieure". C'est ce point qui est la clé de tous les autres. Ces dix points constituent, en substance, une déclaration d'indépendance, non seulement vis-à-vis de toute influence extérieure, mais aussi vis-à-vis d'Israël et de son puissant lobby américain. Carlson les a explicitement désignés comme l'un des pires problèmes des États-Unis.
Pour commencer, il ne s'est pas contenté de s'attaquer à une classe supérieure égoïste dont les membres se comportent comme des rois, au-dessus des lois et de toute éthique. Il l'a qualifiée de "classe Epstein", en référence au défunt pédophile condamné, qui aurait tenté de se suicider, s'était autoproclamé représentant des Rothschild et était un proche collaborateur de présumés violeurs et agents du renseignement israéliens.
Carlson a également établi, à juste titre, un lien entre la guerre en Iran - un "désastre stratégique" pire que le Vietnam, comme l'a récemment affirmé un autre Américain réaliste - et la "corruption, les menaces, ou les deux, de la part d'Israël". De manière tout aussi plausible, il a accusé Israël de génocide - à l'instar de l'Allemagne nazie, a-t-il déclaré - et a protesté contre le soutien américain continu. Enfin, selon Carlson, les activités des groupes de pression, et notamment celles d'Israël, "discréditent l'idée même de démocratie représentative", car lorsque les lobbyistes prennent les décisions, les électeurs n'ont aucun pouvoir.
En résumé, Carlson a démontré que la pire défaite militaire américaine de mémoire d'homme, son soutien - voire sa participation - à un génocide en cours, ainsi que sa perte de souveraineté et de démocratie sont tous imputables, entièrement ou en grande partie, à la relation perverse et profondément antipatriotique que l'establishment américain entretient avec Israël. Politiquement, cela équivaut à une déclaration de guerre, sans doute attendue depuis longtemps, contre les opérations d'influence agressives de l'État sioniste.
t le message est passé. Haaretz, le journal israélien de référence "libéral", a rapidement consacré une longue tribune à Carlson, l'accusant - sans surprise - d'"antisémitisme". Une calomnie absurde, mais prévisible. Présenter systématiquement toute critique d'Israël, un État d'apartheid génocidaire, comme de la haine envers les Juifs est une vieille tactique sioniste éculée. Carlson n'est certainement pas naïf. Même dans ses dix points, il s'attendait à être traité de "nazi" et a balayé l'accusation d'un revers de main.
Mais Haaretz a raison sur un point. Pour Carlson et son mouvement grandissant, "Israël et ses soutiens américains représentent également une source centrale de la trahison du mouvement [MAGA] [par Trump]". Autrement dit, Carlson représente un conservatisme américain qui a le courage d'identifier, de nommer et de dénoncer la dépendance insensée de l'Amérique envers un État voyou minuscule, mais immensément subversif et violent. Il y a, sans aucun doute, beaucoup d'idéalisation, voire de nostalgie, dans la vision que Carlson se fait de l'histoire américaine et de l'Occident. Et ceux qui souhaitent s'intéresser de près à un ultraconservateur y trouveront matière à réflexion. Mais c'est futile et ennuyeux, car là n'est pas l'essentiel. Ce qui importe, c'est que les sondages américains montrent constamment un mouvement anti-israélien important et sans précédent. Un nouveau livre sur le lobby israélien aux États-Unis est sur le point de paraître et fait grand bruit. Le vent tourne.
Joe Kent, un autre dissident du mouvement MAGA, a laissé entendre que la candidature de Tucker à la présidence était une possibilité. Les partis tiers sont une perspective difficile. Pourtant, Haaretz, entre autres, s'inquiète, et d'un point de vue sioniste, il y a de quoi. Et c'est une excellente nouvelle.
Tarik Cyril AmarMis en ligne le 9août 2026 à 20H50