12/08/2026 reseauinternational.net  3min #323066

Claude Janvier : Au vainqueur revient le butin

par Retour au Réel

À Las Vegas, Trump assume une logique de puissance.

La déclaration de Donald Trump sur le pétrole vénézuélien et la guerre menée contre l'Iran résonne comme une formulation particulièrement brutale d'une vieille logique de puissance : celle selon laquelle les ressources et les richesses d'un pays vaincu peuvent revenir au vainqueur.

Évoquant le Venezuela, le président américain affirme :

"C'est l'un des endroits les plus riches en pétrole au monde. Et comme vous le savez, ce fut une guerre de 48 minutes, elle a duré 48 minutes. Et nous avons payé cette guerre avec ce que nous en avons extrait, plusieurs fois, plusieurs fois, plusieurs fois. Où avez-vous déjà entendu ça ? Vous n'avez jamais entendu ça ? C'est l'ancienne manière de faire, n'est-ce pas ? C'est l'ancienne manière de faire.

Au vainqueur revient le butin, n'est-ce pas ? Et nous faisons la même chose, soit dit en passant, dans la magnifique République islamique d'Iran. Nous sommes en train de les frapper très durement. Je préférerais conclure un accord parce que je ne veux pas tuer des gens. Je ne veux pas tuer des gens".

Au-delà de la provocation du vocabulaire, cette déclaration pose une question politique plus large : celle de la continuité de la politique américaine au-delà des alternances présidentielles. Le propos de Trump semble en effet inscrire son action dans une tradition où les intérêts stratégiques, militaires et énergétiques des États-Unis priment sur le principe de souveraineté des États ciblés.

La formule "Au vainqueur revient le butin" (To the victor belong the spoils) est, à cet égard, particulièrement significative. Trump ne présente pas l'exploitation des ressources comme une conséquence accidentelle d'un conflit, mais comme une pratique relevant de "l'ancienne manière de faire".

Sa référence simultanée au Venezuela et à l'Iran élargit encore la portée de son propos. Le pétrole, la guerre et le rapport de force apparaissent liés dans une même conception des relations internationales : la victoire militaire pouvant ouvrir la voie à l'appropriation des ressources du pays vaincu.

Cette déclaration du 5 août à Las Vegas peut ainsi être lue comme l'expression d'une critique plus vaste : la politique de pillage et de colonisation ne disparaîtrait pas avec les changements de président. Elle pourrait se poursuivre, sous des formes différentes, quelle que soit l'administration au pouvoir.

Trump l'énonce ici sans détour : la logique du vainqueur demeure, et avec elle la question de savoir à qui appartiennent réellement les richesses d'un pays lorsque celui-ci est placé sous la contrainte militaire d'une puissance étrangère.

 Claude Janvier

source : Retour au Réel

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