14/08/2026 french.presstv.ir  6min #323275

L'Iran rejette les allégations américaines « sans fondement » selon lesquelles des vols vers le Yémen auraient servi à transférer des armes

L'ambassadeur et représentant permanent adjoint de l'Iran auprès des Nations unies a rejeté les allégations "sans fondement" des États-Unis selon lesquelles Téhéran déstabiliserait le Yémen ou utiliserait des vols commerciaux vers Sanaa pour y transférer du personnel ou du matériel militaire.

Dans une lettre adressée au secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et au président du Conseil de sécurité, Gholamhossein Darzi a fermement rejeté les allégations formulées par le représentant américain et certains autres membres du Conseil de sécurité lors d'une réunion sur le Yémen, tenue ce jeudi 13 août.

M. Darzi a qualifié ces allégations de "dénuées de tout fondement", notamment celles avancées par les États-Unis selon lesquelles des vols commerciaux iraniens vers Sanaa seraient utilisés pour transporter des forces ou du matériel militaire en violation de la résolution 2216 du Conseil de sécurité des Nations unies.

"Ces allégations sont totalement infondées et ne reposent sur aucune preuve crédible", a-t-il déclaré, fustigeant Washington pour avoir tenté d'induire le Conseil de sécurité en erreur.

Il a décrit ces allégations comme étant une tentative "hypocrite" des États-Unis afin de détourner l'attention de leurs propres actions au Yémen et dans la région ainsi que de se soustraire à la responsabilité de leurs agissements déstabilisateurs.

Il est particulièrement "regrettable" qu'un État membre de l'ONU profère de telles accusations alors qu'il a lui-même eu recours à plusieurs reprises à des "usages illégaux de la force et à des actes d'agression ayant de graves répercussions pour la paix et la sécurité régionales et internationales", a déclaré le diplomate iranien.

Concernant les vols iraniens à destination de Sanaa, M. Darzi a précisé que ceux-ci avaient un caractère purement humanitaire.

"Les récents vols en provenance d'Iran à destination de Sanaa ont été effectués à des fins humanitaires", a-t-il affirmé, soulignant que la fermeture prolongée et les restrictions sévères imposées à l'aéroport international de Sanaa, ainsi que le blocus, avaient eu des conséquences humanitaires dévastatrices pour la population yéménite.

Selon M. Darzi, présenter l'aide humanitaire destinée à atténuer ces répercussions comme une activité déstabilisatrice est non seulement "factuellement faux", mais aussi "moralement et juridiquement indéfendable".

Le diplomate iranien a contesté la prétention de Washington d'être un défenseur de la paix et de la stabilité au Yémen, affirmant que les États-Unis ne pouvaient pas assumer un tel rôle de manière crédible tout en cherchant à se soustraire à leur responsabilité dans la destruction infligée au peuple yéménite.

"Les Yéménites subissent depuis près d'une décennie les conséquences d'une guerre dévastatrice", a-t-il déclaré, faisant référence au blocus prolongé et aux restrictions imposées aux infrastructures civiles vitales de ce pays, rendues possibles avec le soutien politique et militaire des États-Unis.

M. Darzi a également critiqué les États-Unis pour avoir directement sapé le processus politique au Yémen : "Les opérations militaires menées par Washington contre le Yémen en mars 2025 ont violé la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays et étaient contraires à la Charte des Nations unies et aux résolutions du Conseil de sécurité."

Selon le diplomate iranien, ces actions ont en outre créé de nouveaux obstacles au processus politique facilité par l'ONU visant à résoudre le conflit.

 Dix-sept mois après l

Il a par ailleurs critiqué les tentatives de Washington visant à obtenir un soutien politique à la résolution 2722 du Conseil de sécurité, adoptée en 2024, suivis d'une interprétation sélective et abusive de cette résolution pour justifier une action militaire contre le Yémen et ses infrastructures civiles.

De tels actes, a-t-il affirmé, ont une fois de plus violé la souveraineté et l'intégrité territoriale du Yémen, exacerbé les tensions régionales et compromis les perspectives d'un règlement politique.

"Il est donc hautement significatif que le même régime dont les actes ont, maintes fois, sapé la paix, qui a violé la souveraineté du Yémen et a eu recours à la force illégale en violation flagrante de la Charte des Nations unies et du droit international, cherche aujourd'hui à accuser l'Iran de déstabiliser le Yémen", a-t-il déclaré.

Il a poursuivi : "L'Iran continuera de soutenir un processus politique pacifique, inclusif et global, mené et pris en charge par les Yéménites, sous l'égide des Nations unies, comme seule voie viable et durable pour résoudre le conflit."

Il a également souligné qu'une paix durable au Yémen ne pourrait être instaurée par une escalade militaire, des pressions ou des coercitions, ni par l'exclusion des parties yéménites concernées du processus politique.

M. Darzi a appelé la communauté internationale à s'engager "de manière constructive, impartiale et pragmatique" avec toutes les parties yéménites concernées, tout en s'attaquant à la crise humanitaire que traverse le pays et en œuvrant à la levée du blocus afin de créer les conditions d'une solution politique durable.

Il a également exhorté le Conseil de sécurité à rejeter les tentatives de certains membres d'instrumentaliser l'instance à des fins politiques et à se concentrer plutôt sur les souffrances du peuple yéménite et à soutenir un processus de paix véritablement yéménite.

Ces remarques interviennent dans un contexte de nouvelle escalade des tensions au Yémen, à la suite des frappes aériennes saoudiennes menées le mois dernier contre l'aéroport international de Sanaa, visant à interrompre les vols humanitaires transportant des patients et des civils bloqués.

En réponse, les forces yéménites ont mené des frappes de missiles et de drones contre l'aéroport international d'Abha, en Arabie saoudite. Elles ont également annoncé un blocus naval de l'Arabie saoudite, affirmant que cette mesure visait à mettre fin au siège du Yémen imposé depuis douze ans par l'Arabie saoudite et ses alliés.

Depuis, les forces yéménites ont annoncé des opérations ciblant des navires liés à l'Arabie saoudite en mer Rouge, des mercenaires soutenus par Riyad, ainsi que des installations pétrolières saoudiennes.

Pour rappel, l'Arabie saoudite, avec ses alliés, a lancé une guerre contre le Yémen en mars 2015 et imposé un blocus à ce pays. L'offensive a bénéficié du soutien militaire, politique et logistique des États-Unis et de plusieurs pays occidentaux.

La guerre a fait des dizaines de milliers de morts au Yémen et a déclenché l'une des pires crises humanitaires au monde, tandis que Riyad n'a pas réussi à atteindre son objectif déclaré de rétablir à Sanaa un gouvernement aligné sur ses politiques.

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