14/08/2026 investigaction.net  4min #323299

 Fidel : le leader et son peuple

L'héritage de Fidel Castro: « Venceremos! »

Workers World

AFP

Le 13 août marque le centième anniversaire de la naissance de Fidel Alejandro Castro Ruz, que des centaines de millions de personnes à travers le monde appelaient affectueusement "Fidel". Il dirigea le Mouvement du 26 juillet, qui finit par renverser, le 1er janvier 1959, le régime du président cubain Fulgencio Batista, soutenu par les États-Unis.

Au début de l'année 1961, après la victoire révolutionnaire contre l'invasion de la baie des Cochons (Playa Girón), organisée avec le soutien de la CIA, Fidel déclara qu'une "révolution socialiste" avait été accomplie sous le nez des États-Unis. À la fin de la même année, il affirma être marxiste-léniniste.

Pendant les cinquante-deux années qui suivirent le triomphe de la Révolution, et jusqu'à sa démission officielle en 2008, Fidel demeura le dirigeant du peuple cubain. Il est décédé le 25 novembre 2016, à l'âge de 90 ans.

Des commémorations évoqueront tous les aspects de l'héritage de Fidel, non seulement à Cuba, mais aussi sur presque tous les continents, en particulier dans les pays du Sud global. Et à juste titre ! Fidel fut bien plus qu'un homme ayant survécu aux centaines de complots visant à l'assassiner, ourdis par plusieurs administrations américaines. Sa survie symbolisait aussi, à bien des égards, celle de la Révolution cubaine elle-même : l'indépendance et la souveraineté de Cuba dans un monde dominé par l'agression impérialiste et la trahison.

La direction révolutionnaire exemplaire de Fidel a aidé Cuba à traverser des périodes particulièrement difficiles : l'invasion de la baie des Cochons menée sous l'égide des États-Unis, la crise des missiles de Cuba, l'effondrement de l'Union soviétique, la perte des principaux partenaires commerciaux de l'île et, bien sûr, le blocus américain dévastateur qui se poursuit encore aujourd'hui.

C'est Fidel qui expliqua aux masses cubaines la nécessité d'accepter un recul temporaire pour survivre à ce que l'on appela la "période spéciale" du début des années 1990. Cette période ouvrit la voie à des réformes capitalistes, notamment aux investissements privés, tandis que le dollar était introduit dans certains secteurs de l'économie cubaine afin de préserver des acquis socialistes essentiels, comme la gratuité des soins de santé et de l'éducation.

Regarder vers l'avenir

Fidel fut également un internationaliste résolument anti-impérialiste. Il encouragea l'envoi de brigades cubaines - en particulier vers d'autres pays en développement du Sud global - afin d'apporter des soins de santé aux populations qui en étaient privées ou insuffisamment desservies.

L'Afrique occupait une place particulière dans le cœur de Fidel. Il contribua à encadrer l'appui militaire cubain au Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), qui combattit les troupes sud-africaines de l'apartheid lors de la bataille de Cuito Cuanavale. Fidel et Nelson Mandela entretinrent une relation personnelle étroite jusqu'à la mort de Mandela en 2013.

Fidel exprima sa solidarité, en paroles comme en actes, avec les luttes de libération nationale aux États-Unis, malgré l'hostilité constante du gouvernement américain. La militante noire Assata Shakur obtint l'asile permanent à Cuba, de 1987 jusqu'à sa mort en septembre 2025. Dans tout Cuba, des rassemblements réclamèrent la libération d'Angela Davis lorsqu'elle fut arrêtée par le FBI en 1970 sur la base d'accusations fabriquées, après avoir soutenu George Jackson, dirigeant emprisonné du Black Panther Party (BPP) et mort en martyr. Fidel exprima également publiquement sa solidarité avec Mumia Abu-Jamal, autre prisonnier politique et ancien membre du BPP.

Cet éditorial pourrait citer bien d'autres exemples inspirants de ce que Fidel a accompli pour défendre la souveraineté du peuple cubain et promouvoir les intérêts des travailleurs et des peuples opprimés du monde entier. Son plus grand legs réside peut-être dans ce que sa disparition a mis en lumière : son optimisme indéfectible dans la lutte révolutionnaire pour le socialisme mondial des générations futures. Cet optimisme est désormais profondément ancré dans le tissu de la société cubaine.

Cuba continue aujourd'hui, et continuera demain, à défendre ses conquêtes socialistes malgré un blocus pétrolier et gazier dévastateur et la menace actuelle d'une invasion militaire américaine.

Comme Fidel l'a répété encore et encore : "¡Venceremos!" ("Nous vaincrons !")

Source originale:  Workers World
Traduit de l'anglais par  Investig'Action

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