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17/08/2026 ssofidelis.substack.com  7min #323608

Masih Alinejad, « militante des droits de l'homme » iranienne, s'attribue le mérite de l'enlèvement par l'Ice de résidents légaux américains

Par Michelle Witte pour  The Grayzone, le 14 août 2026

Une famille de résidents permanents légaux d'origine iranienne a été enlevée et incarcérée dans une prison de l'ICE après que Masih Alinejad, militante en faveur d'un changement de régime soutenue par le gouvernement américain, a fait campagne pour leur expulsion. Cette famille n'avait commis aucun crime et n'a été prise pour cible par Alinejad qu'en raison de ses origines.

Une famille d'Iraniens résidant légalement aux États-Unis a livré au  Nation Magazine un récit poignant de persécution sous l'administration Trump, expliquant comment elle a été placée en détention par l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) depuis le 9 avril, non pas en raison d'antécédents criminels ou d'une infraction à la législation sur l'immigration, mais des suites d'une "campagne de dénigrement en ligne" orchestrée par la petite favorite du gouvernement américain, Masih Alinejad, cette militante persane aux allures fleur bleue prônant un changement de régime.

Dans The Nation, Maryam Tahmasebi raconte en détail son histoire, celle de son mari Eissa Hashemi et de leur fils lycéen qui vivent en Californie en toute légalité depuis de nombreuses années. Mme Tahmasebi et son mari sont tous deux professeurs : elle enseigne au Pierce College de Los Angeles et lui à la Chicago School. Leur fils fréquente le système scolaire californien depuis avant la maternelle et ne parle que l'anglais, précise Mme Tahmasebi.

Pourtant, ils sont tous désormais détenus depuis plus de 120 jours dans deux centres distincts de traitement des demandes d'immigration au Texas, à des centaines de kilomètres de la vie qu'ils ont construite, apparemment parce que la mascotte de Washington en faveur d'un changement de régime en Iran, Masoumeh "Masih" Alinejad, a décidé de harceler cette famille californienne en raison de leurs origines familiales.

Alinejad est une militante féministe irano-américaine autoproclamée, connue pour militer en faveur d'une guerre visant à renverser le régime de son ancien pays. Ancienne présentatrice de Voice of America Persian News, qui a empoché  près d'un million de dollars en contrats avec le diffuseur public américain, elle a quitté l'Iran en 2009, où, selon des câbles du Département d'État divulgués, elle agissait en tant qu' informatrice clandestine des États-Unis.

Le 1er avril, Alinejad a publié sur X une vidéo de la  "maison luxueuse" de la famille Hashemi à Los Angeles, dans une vidéo apparemment adressée à la mère de Hashemi, Masoumeh Ebtekar. Mme Ebtekar est une scientifique et femme politique iranienne. Elle a également été l'interprète du groupe d'étudiants iraniens qui a pris d'assaut l'ambassade américaine à Téhéran en 1979 et retenu en otage des dizaines de diplomates américains, exigeant que le shah récemment destitué, Mohammad Reza Pahlavi, soit extradé des États-Unis pour être jugé en Iran.

Dans cette vidéo, Alinejad se moque des Hashemi parce qu'ils n'ont pas dénoncé publiquement leur propre mère. Ironie du sort, elle ajoute :

"Dans un pays libre comme les États-Unis, votre fils a la liberté de dire : 'Je suis contre ma mère, qui a pris d'assaut l'ambassade américaine'".
"Vous pouvez voir derrière moi la demeure de luxe appartenant au fils de la vice-présidente de la République islamique @ebtekarm, à Los Angeles. Cette même Ebtekar qui a pris en otage des diplomates américains en 1979. Les enfants des hauts responsables iraniens préfèrent vivre aux États-Unis, loin de l'enfer que leurs parents ont créé".

Dans ce pays soi-disant libre, un peu plus d'une semaine plus tard, les agents de l'ICE ont interpellé Monsieur Hashemi sans avertissement ni notification à sa famille. Madame Tahmasebi affirme n'avoir découvert où se trouvait son mari que lorsque la localisation de son téléphone a été signalée dans un centre de l'ICE du centre-ville de Los Angeles. Lorsqu'ils ont pu se parler, Madame Tahmasebi raconte que son mari lui a dit être en état d'arrestation, mais qu'elle et leur fils allaient bien.

Mais pas pour longtemps : le lendemain, devant l'école de son fils, Mme Tahmasebi raconte qu'elle et son fils ont été cernés par des véhicules du Département de la Sécurité intérieure, menottés et placés en détention.

Aujourd'hui, ils se trouvent au centre de traitement des immigrants de Dilley, au Texas, toujours séparés de M. Hashemi, détenu dans un autre centre. Elle évoque la douleur non seulement d'être séparée de son mari, mais aussi d'apprendre que, dans son pays d'adoption,

"non seulement vos propres idées et vos diplômes universitaires n'ont pas la moindre importance, mais vous êtes désormais en quelque sorte responsable des décisions que vous n'avez jamais prises, et d'événements qui se sont produits avant même votre naissance. Que vous n'avez pas d'identité propre, et que votre existence peut être réduite à néant en raison de vos liens de parenté. C'est une punition par filiation".

Alinejad la délatrice se réjouit depuis  des années des succès de sa campagne de représailles. Dans une  déclaration faite quelques jours après l'arrestation de cette famille, elle a félicité le secrétaire d'État Marco Rubio pour son initiative et a critiqué l'administration Biden pour ne pas avoir utilisé sa liste des proches de responsables iraniens vivant aux États-Unis afin de mener une chasse aux sorcières politique.

Alinejad a toutefois commis une erreur dans son message auto-congratulatoire. Elle a déclaré que la famille issue de cette lignée "coupable" allait être expulsée des États-Unis. Ce n'est pas le cas, selon Mme Tahmasebi. Elle affirme que même après avoir pris la décision difficile de vouloir quitter la vie qu'ils s'étaient construite aux États-Unis, leurs ravisseurs américains se sont opposés à ce projet et ont même laissé entendre qu'ils contesteraient toute décision de justice autorisant la famille à partir.

"En d'autres termes, ils veulent prolonger notre détention illimitée sans aucune perspective de fin. Mais dans quel but ?"

Mme Tahmasebi ne parvient pas à trouver de réponse. Elle demande plutôt à ceux qui font preuve de courage moral de les aider à échapper à ce cauchemar. Elle ajoute qu'elle a pris conscience que l'État de droit américain, en lequel elle disait avoir confiance, s'est avéré n'être qu'une fiction.

"Si cela a pu nous arriver, à nous, une famille respectueuse des lois composée de deux professeurs et d'un jeune garçon, cela peut arriver à n'importe qui", met-elle en garde.

Alinejad, quant à elle, continue de faire le sale boulot de l'administration en  diffamant les militants palestiniens des droits de l'homme en les qualifiant de sympathisants terroristes et en  attisant la peur à propos de la charia en Europe. Cette prétendue "combattante de la liberté", comme elle se décrit elle-même, ne semble s'intéresser qu'aux libertés de certains groupes dissidents figurant sur la liste des "suspects habituels" de l'empire américain - la Russie, Hong Kong, le Venezuela, la Biélorussie et, bien sûr, l'Iran -, tous mentionnés dans l'annonce du nouveau siège du  World Liberty Congress à Berlin, une ville qui s'illustre une fois encore en  réduisant au silence les Juifs et quiconque  tente de prendre la parole en faveur des droits des Palestiniens. Elle  se plaint également, sans ironie, du prétendu ciblage par l'Iran de dissidents dans d'autres pays, tout en encourageant les États-Unis à s'en prendre à ses ennemis où qu'ils se trouvent.

Alinejad a commencé l'année en "chantant, voire criant" son soutien à l'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran et en qualifiant l'assassinat de l'ayatollah Khamenei de " d'opération de rêve". Cette militante autoproclamée des droits des femmes a  reproché à l'administration Biden de ne pas soutenir le massacre des Iraniens avec autant d'enthousiasme que l'extermination des Palestiniens, mais elle a trouvé un véritable allié en l'administration Trump, allant même jusqu'à se vanter que le président américain Donald Trump partage ses  publications sur les réseaux sociaux.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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