USA

17/08/2026 voltairenet.org  6min #323616

Donald Trump affirme que « le détroit d'Ormuz est sa propriété » et intensifie sa guerre économique et financière contre l'Iran

par Alfredo Jalife-Rahme

La guerre contre l'Iran s'éternise. Ni les États-Unis, ni l'Iran n'ont perdu. Mais aucun des deux n'a gagné. Aussi le président Donald Trump tente de déplacer le sujet. Il ne parle plus d'une prochaine victoire militaire, mais laisse entendre une future victoire économique.

L'eau de Cologne "Trump Victory" ne sent plus aussi bon.

La guerre multidimensionnelle au cœur du détroit d'Ormuz fait désormais rage au niveau géoéconomique/géofinancier tandis que Trump a annoncé son droit bizarre de "propriété" selon lequel le "détroit d'Hormuz sera bientôt un territoire états-unien" et promet d'intensifier la pression militaire et économique contre l'Iran [1]. Pour mémoire, Washington se trouve à 10 000 kilomètres du détroit d'Ormuz.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé une nouvelle campagne de guerre économique contre l'Iran pour le forcer à une capitulation sous la pression financière, dans le cadre de "l'un des deux coups" incluant le blocus continu des ports du pays perse dont "l'économie a déjà été gravement affectée par la guerre, avec une grande partie de sa capacité industrielle détruite et des exportations de pétrole brut fortement réduites par le blocus US."

"L'Iran a résisté à des vagues de sanctions, qui n'ont pas réussi à le forcer à abandonner son programme nucléaire ni à renoncer au contrôle du détroit d'Ormuz", selon Bloomberg [2].

Scott Bessent, un ancien employé du Khazar George Soros, n'a pas pu atténuer la grave crise financière du Japon par son intervention douteuse - vivement critiquée par James Rickards [3] - et a annoncé que dans "deux ans" le détroit d'Ormuz serait "sans importance" à cause des nouveaux "pipelines souterrains" qui vont se déployer (note : en traversant l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

L'analyste belge Elijah J. Magnier a réfuté les raisons pour lesquelles "Ormuz pourrait être contourné par des oléoducs" et "parce que le détroit restera indispensable" dans la mesure où "des perturbations pourraient encore fissurer l'économie mondiale [4]".

Le vice-président J.D. Vance a déclaré qu'aujourd'hui, la chose la plus importante pour les États-Unis est de réduire le prix des hydrocarbures, et de rouvrir le détroit d'Ormuz, qui, dans la phase actuelle, a laissé derrière lui le différend nucléaire avec l'Iran [5]

Pete Hegseth - un "sioniste évangélique", ancien commentateur de Fox News et désormais secrétaire à la Guerre - a menacé de maintenir le blocus contre l'Iran "indéfiniment" [6]", ce qui semble irréalisable.

Compte tenu de l'épuisement de l'équipage, le célèbre porte-avions USS Abraham Lincoln se voit remplacé par l'USS George Washington (ancré au Japon [7]) ; The Times of Israel explique que "les États-Unis sont en train de retirer leur dernier porte-avions du Pacifique, tandis que Trump concentre son attention sur l'Iran et l'hémisphère occidental (lire : Mexique/Cuba/Nicaragua)" alors même que "les analystes affirment qu'une mauvaise planification et la prolongation inattendue du conflit avec l'Iran ont laissé les États-Unis dans une situation vulnérable dans des voies navigables vitales, avec la Chine à l'affût [8]".

Un méga-scandale vient d'éclater à cause de Steve Feinberg, secrétaire adjoint à la Défense (mentionné dans les fameux "dossiers Epstein" !), issu de la société financière faisandée Cerberus Capital Management : il "aurait ordonné aux responsables des achats d'attribuer à Palantir des contrats du Pentagone d'une valeur de 244 millions de dollars sans aucun appel d'offre [9]".

En revanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi rétorque à Trump et "réaffirme le contrôle inaliénable de l'Iran sur le détroit d'Ormuz" [10].

Selon l'avis du Wall Street Journal, "la guerre avec l'Iran se réduit désormais à qui cédera le premier face à la pression économique : Trump redouble d'efforts sur les sanctions et le blocus, tandis que Téhéran parie que les prix élevés du pétrole forceront Washington à céder" [11].

Le temps tourne en faveur du pays perse [12], par sa "guerre asymétrique" de résilience face à la double agression de deux puissances nucléaires et aériennes à l'échelle mondiale et régionale : les États-Unis/Israël.

Trump prépare-t-il sa chorégraphie électorale pour un retrait "honorable" du golfe Persique ?

 Alfredo Jalife-Rahme

Traduction
 Maria Poumier

Source
 La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.

[1] " Trump : strait of Hormuz will soon be "American Territory"", Osama Ali, Al-Bawaba, August14, 2026.

[2] " US to Roll Out 'Economic Isolation' Plan for Iran Next Week", Jon Herskovitz, Bloomberg, August 14, 2026.

[3] " Yen Carry Trade Blow Up-Financial Equivalent of All-Out Nuclear War - Jim Rickards", Greg Hunter, USA Watchdog, August 8, 2026.

[4] " Ormuz ne peut être contourné par des oléoducs : pourquoi le détroit reste indispensable", Elijah J. Magnier, 14 août 2026.

[5] " JD Vance says the top US war priority is now lowering fuel prices, not Iran's nuclear programme", The Journal, August 14, 2026.

[6] " US threatens 'indefinite' blockade against Iran : How long can it last ?", Priyanka Shankar, Al-Jazeera, August 14, 2026.

[7] " U.S. Sends New Aircraft Carrier to Middle East to Sustain Operations Against Iran", Army Recognition, August 16, 2026.

[8] " US pulls last aircraft carrier in Pacific as Trump focuses on Iran, Western Hemisphere", Ben Finley, The Times of Israel, August 15, 2026.

[9] " Give Palantir up to $244M through 2028, says internal Defense Department memo", Thomas Claburn, The Register, Augst 11, 2026.

[10] " Deputy FM Hits Back at Trump, Reasserts Iran's Control over Strait of Hormuz", Tasnim News Agency, August 15, 2026.

[11] " The Iran War Is Now About Who Blinks First Under Economic Pressure", Georgi Kantchev & Laurence Norman, Wall Street Journal, August 14, 2026.

[12] " ¿Ingresan Egipto e Irán al Pacto Tripartita de la Meca de AS/Pakistán/Turquía ?", Alfredo Jalife-Rahme, YouTube, 14 de agosto de 2026.

 voltairenet.org