17 août 2026 (17H50) - Ce qui se passe aujourd'hui principalement avec les aventures des porte-avions US (USS 'Gerald R. Ford' et USS 'Abrahazm-Lincoln') et avec nombre d'autres unités et une organisation complètement désintégrée est un événement d'une portée symbolique, encore plus que stratégique, considérable. Il est plus grave de ridiculiser un porte-avions par le désordre du laisser-aller de l'incompétence, que de le couler...
En septembre 1945, l'US Navy constituait la force navale la plus puissante, la plus inimaginable de toute notre histoire et de celles qui oint précédé. Plusieurs. milliers de navire de surface, dont plus de cents porte-avions, avec bien plus d'une vingtaine de grands porte-avions d'attaque. L'US Navy était la force militaire, de puissance et d'influence, qui imprimait sa marque dans le monde entier, faisant claquer partout la bannière étoilée.
"En septembre 1945, au moment de la capitulation du Japon, l'US Navy comptait 3 261 723 officiers et marins en service actif, auxquels s'ajoutaient 481 311 membres de l'US Marine Corps. Sa flotte immense comprenait alors près de 110 porte-avions et une flotte totale de plusieurs dizaines de milliers d'appareils et de navires.
• Personnel de la Marine : 3 261 723 officiers et hommes du rang.US Marine Corps : 481 311 hommes.
• Porte-avions : Environ 110 unités (comprenant flottes lourds, légers et d'escorte).
• Combattants de surface : 408 navires de combat principaux (cuirassés, croiseurs, destroyers).
• Sous-marins : 203 unités.
• Aéronefs : Près de 24 000 avions en service combinés (Navy et Marines). (IA)
Je me rappelé, - puis-je introduire des souvenirs personnels ? Je puis... - lorsque la VIème flotte fit une escale dite"de courtoisie"à Alger, sans doute la première, avec au milieu de ses flots et navires d'escorte respectueux, le porte-avions USS 'Forrestal', du nom du plus célèbre ministre de la marine puis de la défense des USA (de 1941 à 1949). C'était le premier porte-avions à pont oblique, jaugeant à pleine charge 60 000 tonnes. Avec cette visite, Alger fut inondé de 'Zippo' à l'effigie du 'Forrestal' et la visite introduisit dans la vie courante et la mode algéroise avant de se répandre chez les jeunes gens le blue-jeans, jusqu'alors inconnu, qui était le pantalon de travail des matelots à bord des navires de la flotte... Ca, c'est de la vraie influence, de l'américanisation par le plus apparemment dérisoire.
De Zumwalt à PétainLes actuels mensonges extraordinaires qui parcourent les bulletins de l'US Navy elle-même comme de CentCom contrastent singulièrement avec le franc-jeu que joua la Navy dans sa crise la plus grave précédant celle d'aujourd'hui. Le choc fut traité par le Chief of Naval Operations (CNO, chef d'état-major), l'amiral Elmo R. Zumwal CNO de 1970 à 1974, alors que de véritables mutineries éclataient en 1970-72, en concordance avec la débâcle des forces US au Vietnam laissées à elles-mêmes alors que leur départ se faisait petit à petit, rendant particulièrement inutiles les derniers combats et pertes résiduelles. Ce fut donc la plus grave crise de la Navy jusqu'à celle d'aujourd'hui.
Zumwalt fut célèbre pour ses 'Z-Grams', directives qu'il envoyait à la flotte pour recommander des mesures en faveur des matelots, en même temps qu'il entreprenait une action personnelle d'apaisement. Son action rappelle irrésistiblement celle qu'appliqua Pétain auprès des près de soixante régiments mutinés en 1917.
Tiens, par conséquent, - parlons donc de Pétain puisque l'étrange 'PhGBis' a choisi ce thème pour intervenir, comme d'habitude d'une manière intempestive
PhGBis :" PhG le sait bien, il y eut des fusillés, moins de 50 ("554 condamnations à mort, mais avec un nombre d'exécutions effectives oscillant entre 26 et 49 selon les sources historiques" - IA) ; c'est bien peu pour une mutinerie de cette ampleur et, par conséquent, et cela plonge la gauche qui nous est si-tellement chère et proche de notre cœur, dans une hystérie nucléaire pour dénoncer par tous les moyens l'une des fautes indélébiles d'une France rance jusqu'à ces dernières semaines et les présidences macronistiques. Cela valait mieux, me semble-t-il d'une manière blasphématoire et impie, que des milliers de fusiliers, d'emprisonnées, de bannis d'une répression sans mesure, et une défaite probable qui se serait ensuivie puisque 60 régiments, soit près de 100 000 hommes auraient perdu tioute capacité de combat et auraient été retirés de la ligne de front, avec une quasi-assurances d'une percée décisive de l'Allemagne sur le front français."
On ajoute l'IA :
"Nommé commandant en chef le 15 mai 1917 après l'échec sanglant de l'offensive Nivelle au Chemin des Dames, le général Pétain met fin aux mutineries de 1917 en combinant une répression modérée, l'amélioration des conditions de vie des soldats et une stratégie militaire défensive qui épargne la vie humaine.
L'action de Pétain face à la crise
• Écoute et dialogue : Pétain se déplace sur le front pour rencontrer les poilus, comprendre leur colère face aux tueries inutiles et restaurer le lien de confiance.
• Amélioration du quotidien : Il réforme le système des permissions pour qu'elles soient régulières et équitables, et améliore la nourriture ainsi que le repos des régiments.
• Changement de tactique : Il stoppe les grandes offensives meurtrières et, menant des attaques locales limitées, choisit d'attendre les chars [surtout] et l'arrivée des Américains [pour la psychologie bien plus que pour l'opérationnel qui ne débutera qu'en mai 1918 avec une division de l'US Army, la fameuse 'Big Red One', ou 1ère division d'infanterie, venue renforcer un corps d'armée français engagé dans la deuxième bataille de la Marne]."
En plus de sa technique de communication des 'Z-Grams' et autres, Zumwalt embarqua pour un séjour de quelques jours sur l'une et l'autre unités, s'incorporant précisément aux matelots, notamment dans la nourriture qu'il partageait avec eux dans les cantine qui leur était destinées. Tout cela fut largement rendu public, et il y eut même une campagne pour valoriser son action, et nécessairement l'état catastrophique du moral et de l'allant des marins de la flotte. On appréciera le contraste avec la politique actuelle des dirigeants civils et militaires de la Flotte, ou le mensonge à répétition, - nommons-les 'Lie-grams', - a remplacé la technique Zumwalt.
Effondrement de la poutre-maîtresseLa situation catastrophique de l'US Navy ne vient pas de rien. Sa dégradation n'a cessé de progresser, surtout depuis le début du siècle. Un énorme scandale de corruption l'avait secouée en 2017, impliquant 60 amiraux en service actif ou à la retraite (il y a près de 240 amiraux en service actif actuellement, sorte de Navy"à la mexicaine").. On y lisait la perte vertigineuse de sens du devoir et des traditions qui, toujours, accompagne ou précède de peu la mise en cause de la qualité et de la valeur des moyens et des instruments que les corrompus sont censés diriger.
Cette chute vertigineuse est d'autant plus significative qu'elle n'affecte pas seulement la capacité militaire elle-même, mais qu'elle touche la force la plus traditionnelle, la plus symbolique selon les conceptions anglo-saxonnes et la plus représentative de la puissance des Etats-Unis. Mieux encore : l'US Navy a toujours représenté et s'est toujours voulue comme une institution garante de la cohésion du pays.
A ce point, je crois judicieux de rappeler un texte publié le 9 novembre 2017, où je rapportais les confidences d'un diplomates à la retraite de mes amis, Jan Adrianssens (AJ dans le texte), à propos d'une expérience qu'il avait vécue. Cet excellent homme mérite qu'on rappelle son souvenir en pensant aux éclats de rire plein d'ironie et de dérision qu'il aurait aujourd'hui (il est mort en 2007) devant le spectacle du monde. Il avait joué un rôle important en 1966-67 en participant en tant que conseiller principal du ministre belge des affaires étrangères Harmel au"rapport Harmel"qui fut bien entendu rejeté par l'OTAN, - c'est-à-dire par les USA, - puisque son but était de tenter un rapprochement structuré avec l'Est pour mettre fin à la Guerre Froide...
"Tout jeune diplomate à la fin des années 1950, JA était en attente de sa première affectation et il avait quelques mois à perdre. Le ministère lui transmit alors une offre du département d'État de faire une grande tournée dans le Pacifique, avec comme programme de visiter et de connaître l'implantation de l'US Navy dans cette zone si peu connue des Européens. JA passa donc un peu plus de deux mois, peut-être même trois mois, sur la côte Ouest des USA, à San Diego, puis dans le Pacifique et jusqu'au Japon, à Pearl Harbor où se tient le quartier général de la Flotte du Pacifique (IIème et VIIème Flotte), à Guam, à Okinawa, etc. JA rencontra une longue tripotée d'amiraux avec qui ils eut de longues discussions.
"JA était clairement et nettement un antiaméricaniste, ce qui lui coûta certainement une belle carrière. Il n'était pas, pour autant, de cette sorte qu'être"anti"aveugle de quelque façon que ce soit. Il connaissait tout du machiavélisme de mercantis, de maquignon et de saltimbanque des Amerloques, mais il savait également repérer les perles rares. Il en trouva un certain nombre chez les amiraux, dont il garda un excellent souvenir."
Effectivement, le rapport de synthèse qu'il me fit sur ce long voyage de documentation constituait un joyau de réflexion et il sonne étrangement, ou tragiquement c'est selon, à nos oreilles aujourd'hui où l'US Navy est en train de sombrer dans l'anarchie et la pagaille des F-35 capricieux, des chiottes bouchés et de la nourriture congelée qu'un chien ne consentirait pas à manger... Adriaenssens parle ici, - rappel nécessaire - des amiraux d'il y a plus de soixante ans, pas de ceux d'aujourd'hui...
"Il y a vraiment quelque chose à part chez ces amiraux de l'US Navy, qui tient de la culture, de la tradition, et aussi d'une grande connaissance de la politique la plus haute. Ils sont très conscients que leur immense puissance a au moins un but intérieur aussi important que le but extérieur de la sécurité nationale. Ils croient que l'Amérique est intérieurement très fragile et qu'elle a besoin de structures institutionnelles très fortes. Ils pensent que des armées puissantes, et particulièrement la Flotte, avec sa force symbolique et traditionnelle, constituent un ciment qui n'est pas inutile à cet égard. D'une façon générale, ils ne sont pas très optimistes, certes non, pas du tout optimistes sur le sort futur de l'Amérique, particulièrement sa cohésion, son unité..."
Tant d'observations qui nous semblent de la polus brûlante actualité ! Le sort de l'US Navy préfigure ou illustre celui de l'Amérique.
L'Amérique n'est pas le 'Titanic' en train de sombrer, c'est la plus puissante flotte du monde en train de se désagréger irrémédiablement.