19/08/2026 dedefensa.org  7min #323795

 Combien de guerres faut-il perdre pour cesser d'être considéré comme la « meilleure armée du monde » ?

Rapsit-Usa2026 : Lincoln au bord du gouffre

 Brèves de crise  

Se retourne-t-il dans sa tombe, le grand Lincoln, le vainqueurs des sécessionnistes et du glorieux général Rombert E. Lee, lui qui a son sombre et tragique visage sculpté dans les pierres géantes du Mount Rutledge ? Se retrouver, lui, symboliquement et par voie de baptême sans autorisation du Secret Service, au cœur d'une sordide bataille d'une Amérique qu'il croyait avoir restaurée à jamais, pour vaincre le suicide ; par sa victoire d'avril 1865 ; se suiciderait-il, lui, s'il n'était déjà mort, de chagrin et de désespoir ?

"Comment donc procéder ? À quel moment devons-nous nous attendre à l'approche du danger ? Par quels moyens nous prémunir contre lui ? Devons-nous craindre qu'un géant militaire transatlantique traverse l'océan et nous écrase d'un seul coup ? Jamais ! Toutes les armées d'Europe, d'Asie et d'Afrique réunies, avec tous les trésors de la terre (les nôtres exceptés) dans leurs coffres, et sous le commandement d'un Bonaparte, ne pourraient, même en mille ans, boire une gorgée de l'Ohio ni fouler le sentier des Blue Ridge Mountains.

" À quel moment donc devons-nous nous attendre à l'approche du danger ? Je réponds que s'il nous atteint un jour, il naîtra de nous-mêmes. Il ne peut venir de l'étranger. Si la destruction est notre lot, nous en serons nous-mêmes les artisans et les artisans. En tant que nation d'hommes libres, nous devons vivre jusqu'à la fin des temps, ou périr par suicide.

Abraham Lincoln, élu pour l'Illinois, pour la première fois à la Chambre des Représentants
Discours prononcé devant le Lycée des jeunes hommes de Springfield, Illinois,  27 janvier 1838
"La pérennité de nos institutions politiques"

1838 ou 1865, qu'importe ! Mais 2026, à propos d'un porte-avions de l'US Navy connu officiellement comme le USS 'Abraham-Lincoln', CVN-72 ('Carrier Vessel Nuclear' 72). Le sandale est énorme et comme nous l'écrivons et le répétons, il concerne en fait  l'US Navy dans sa totalité, et les forces armées américanistes dans leur totalité, atteintes par le même mal mortel de l'effondrement et de la dislocation de ce qu'elles ont toujours eu de meilleur : l'organisation, la logistique, le soutien, l'ordre dévastateur enfin de la machine de guerre...

"J'en ai la chair de poule chaque fois que j'entends quelqu'un réciter ce mantra :"Les États-Unis possèdent la plus grande armée de l'histoire du monde".

Je sais que vous avez déjà entendu cette"vérité"auparavant.

De toute évidence, ces"patriotes américains"n'ont jamais entendu parler de Gengis Khan.

Au XIIIe siècle, les Mongols conquirent la majeure partie de l'Eurasie et constituèrent le plus vaste empire terrestre contigu de l'histoire.

Ils perdaient rarement une bataille durant ce processus.

Les fervents défenseurs de la machine de guerre américaine semblent également ignorer que la Wehrmacht allemande était probablement l'armée la plus meurtrière du monde en 1940, tout comme l'Armée rouge soviétique en 1945.

L'apogée de la puissance militaire américaine fut la campagne 'Tempête du désert' contre Saddam Hussein en 1991.

Mais c'était il y a 35 ans."

(Hua Sin, 'UNZ.com' le  14 août 2026.)

Intrusion : faites comme chez vous

C'est une tradition respectée de père-experts en fils d'experts, essentiellement dans les milieux académiques européens, et surtout français : aux États-Unis, les élections se font sur deux choses :
• Les problèmes uniquement intérieurs, le temps qu'il fait, la corruption, le prix des hot-dogs et de la dinde, le dernier film de Julia Roberts, etc., - et ainsi n'existe pas le reste du monde.
• Les problèmes économiques, et essentiellement, sinon exclusivement les problèmes économiques intérieurs, avec leurs effets sur la vie de famille.

Ainsi s'expriment les nuées d'experts académiques qui connaissent l'Amérique sur le bout des doigts, grâce à leurs liens avec l'ambassade et son personnel pléthorique d'influence. Mais depuis quelques mois, un trouble-fête s'est invité : l'Iran, que le président-bouffe a eu l'idée saugrenue et très nétanyhiouesque d'attaquer. La chose a provoqué un léger frisson chez les experts : faudrait-il réviser ses certitudes pour les élections mid-term de novembre prochain ? Le parti académique a tenu bon pendant un temps : l'Amérique exceptionnelle n'a pas changé ! Sauf que le Pentagone a commencé à engloutir la pâté que l'Iran a bel et bien infligé à ses unités d'élite et autres bases réputées invincibles et intelligemment placées à portée opérationnelle utile, très-utile, des dévastateurs missiles et drones iraniens. Les certitudes ont commencé à trembler tandis qu'un mot a soudain fait son apparition ; "défaite".

On aurait tout de même pu tenir sur la question des élections, soutient le parti conformiste de l'académisme, malgré le yo-yo verbal du président-bouffe. C'est alors qu'un acteur inattendu a pris le devant de la scène, impossible à dissimuler : le président Abraham Lincoln souvent célébré comme le plus fameux d'entre tous, sous la forme du porte-avions matricule CVN-72, USS 'Abraham-Lincoln' pour les amis. Avec lui tout un défilé a occupé la scène intérieure des USA.

Les familles des matelots ont commencé à  faire du raffut autour de l'état déplorable de cette unité et de la flotte, de leurs fistons et de leurs fistonnes. Les descriptions du drame se sont  multipliées. Des témoins directs , revenus du théâtre des opérations, ont "humanisé" façon-américaniste la guerre en Iran via le CVN-72. Le Congrès, malgré les réticences des républicains est entrée  dans la danse.

"Un groupe bipartisan de 15 sénateurs américains a adressé une demande formelle et cinglante de réponses à Hegseth. Sous l'impulsion de membres de la commission des forces armées du Sénat, les parlementaires ont directement imputé la crise à une mauvaise planification opérationnelle de la part de Hegseth et de son administration.

Le Congrès a exigé une transparence immédiate concernant :

1. Un calendrier précis pour le débarquement du navire et son retour à son port d'attache.

2. Un décompte exact des suicides et tentatives de suicide survenus pendant le déploiement.

3. Le déploiement immédiat de ressources en santé mentale, médicales et d'aumônerie.

4. L'autorisation pour une délégation bipartite du Congrès de visiter personnellement l'USS Lincoln."

Cerise sur le gâteau ; le parti du président-bouffe devenu fou a réagi avec une vigueur inaccoutumé en traitant les matelots de couards et de chochotes qui ne mangent pas les semelles de soulier façon-steack qui leur sont présentés. Le président bouffe-fou a estimé qu'on pouvait bien rester à bord quatre ou cinq ans ans sans escale, lui qui est capable de quitter 'Air Force One' sans avertir les amis qui y restent sous la possible menace d'un tir de missiles. Fox s'est diablement distingués dans ce sens, envoyant au feu les commentateurs les plus insensibles au mal de mer.

Comme disait Romain Gary

Désormais, alors que nous entrons dans la dernière ligne droite (septembre-octobre) et que les nids de guêpes populistes anti-israéliens se multiplient, plus rien n'est assuré, - vraiment plus rien du tout : la guerre en Iran et la puissance militaire américaniste en processus d'effondrement seront au menu, en plats du jour recommandé. Comment ces 'ass-holes' vont-ils voter ? Vont-ils donner une majorité antiTrump qui nous priverait d'une politique si passionnante ? Vont-ils donner à Trump l'occasion d'annuler les élections pour former un cabinet de guerre civile, avec Macron comme conseiller principal ?

Et pour terminer ? Une petite leçon de clairvoyance et de mise à jour en forme d'avertissement pour nos quelques années à venir en espérant que l'effondrement ira plus vite vers le tombeau que vers le psychiatre, - de Romain Gary, 'Adieur, Gary Cooper' écrit en 1978 (il avait été consul de France à Los Angeles à la fin des années 1960) :

"Les Américains ne peuvent supporter l'idée d'un problème sans solution. Ils sont moins que tout autre peuple capables de coexister pacifiquement avec ce qu'il y a d'insoluble autour d'eux et en eux-mêmes. La"condition humaine", au sens de l'irrémédiable et de l'échec, les précipite chez les psychiatres ou dans une course effrénée vers des substituts de puissance, argent et records du monde. Le plus grand danger pour le monde serait l'impuissance américaine. Le godemiché a existé de tout temps, mais il est devenu nucléaire. Ils entrent dans les sex-shops comme chez le plombier et avec la dignité d'un homme en état de légitime défense. Les Américains n'ont pas encore l'habitude d'être vaincus."

Mis en ligne le 19 août 2026 à 15H00

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