Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a condamné l'annonce par les États-Unis de nouvelles sanctions économiques contre l'Iran, affirmant que ces mesures dépassent le cadre d'une simple pression économique sur Téhéran et constituent une tentative d'affirmer leur autorité sur d'autres États souverains.
Dans un communiqué publié samedi 22 août sur X, Esmaïl Baghaï a déclaré : "L'annonce par les États-Unis de nouvelles sanctions économiques contre l'Iran va au-delà d'une simple"guerre économique"illégale contre un seul pays. Il s'agit d'une affirmation de souveraineté extraterritoriale sur chaque État membre indépendant des Nations unies."
"Aucun État ne peut légalement contraindre des banques, des entreprises ou des aéroports étrangers - chacun relevant de la juridiction exclusive de son propre État souverain - à renoncer au commerce licite avec un État tiers", a-t-il ajouté.
"De telles sanctions secondaires sont dépourvues de fondement en droit international. Elles violent le principe d'égalité souveraine consacré par l'article 2(1) de la Charte des Nations unies et enfreignent l'interdiction coutumière d'intervention, confirmée par la Cour internationale de Justice dans l'affaire du Nicaragua. Toute coercition économique visant à contraindre un État souverain à modifier ses choix politiques légitimes constitue un acte internationalement illicite."
Ce communiqué fait suite à l'annonce, mercredi, par le président américain Donald Trump, de nouvelles mesures de coercition économiques contre l'Iran, assortie d'une menace: les pays maintenant des relations économiques avec Téhéran s'exposeraient à des conséquences.
Sur sa plateforme Truth Social, le président américain Donald Trump a annoncé mercredi "l'opération économique la plus écrasante jamais menée contre un pays".
Il a ajouté que tout pays autorisant ses institutions financières, ses entreprises, ses aéroports ou ses entités gouvernementales à apporter le moindre soutien à l'Iran s'exposerait lui-même à d'énormes conséquences économiques.
"Les sanctions et les tactiques de pression ne sont pas la solution", a déclaré jeudi aux journalistes Lin Jian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
L'Iran met en garde contre des conséquences plus larges
M. Baghaï a rappelé que ces menaces proférées contre des pays tiers s'accompagnaient d'un blocus naval illégal que les États-Unis tentaient d'imposer aux navires et aux ports iraniens.
Le blocus, en soi, équivaut à une "agression militaire", tandis que la campagne économique revient à tenter de réduire la souveraineté de tous les autres États à un statut provisoire, conditionnel et révocable au gré d'une autre puissance, a souligné le diplomate iranien.
Il a décrit le résultat final comme "la recette d'un retour abyssal au colonialisme classique à grande échelle".
Plus tôt, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait réagi à l'annonce de Trump, affirmant que cette mesure était vouée à l'échec, comme les précédentes campagnes de pression américaines contre Téhéran au cours des 14 dernières années.
Le ministre iranien des Affaires étrangères affirme que la dernière campagne de pression économique américaine contre l'Iran est vouée à l'échec, comme les efforts précédents de Washington contre Téhéran au cours des 14 dernières années.
