23/08/2026 ssofidelis.substack.com  6min #324194

Selon l'armée, Netanyahu cherche à intensifier les conflits pour différer les élections

Par la rédaction de  The Cradle, le 22 août 2026

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu cherche à intensifier le génocide des Palestiniens à Gaza et à déclencher de nouvelles guerres en Asie occidentale pour "perturber ou différer" les prochaines élections à la Knesset, ont  déclaré des responsables de l'armée israélienne à Maariv le 22 août.

Ces responsables, qui ont souhaité rester anonymes, ont averti que Netanyahu ne veut pas que l'opération militaire à Gaza prenne fin et qu'il risque d'intensifier les attaques contre les Palestiniens pour des raisons politiques à l'approche des élections.

"Nous ne nous engagerons pas dans une nouvelle guerre inutile", ont déclaré les officiers.

Les militaires affirment que l'armée, qui compte essentiellement des réservistes, manque d' effectifs pour occuper illégalement l'ensemble des territoires dans les "zones sécurisées" de Gaza, du Liban, de la Syrie et de la Cisjordanie.

Netanyahu fait face à une bataille difficile pour conserver son poste de Premier ministre. Les sondages indiquent que son parti, le Likoud, pourrait perdre un tiers de ses sièges, a rapporté Reuters  la semaine dernière.

La popularité du Likoud s'est effondrée depuis que la résistance palestinienne a lancé l'opération Al-Aqsa Flood le 7 octobre 2023.

De nombreux Israéliens tiennent Netanyahu pour responsable de la prétendue défaillance des services du renseignement qui aurait conduit à l'attaque ayant entraîné l'activation de la  directive Hannibal à plusieurs reprises ce jour-là, causant la mort d'environ 1 200 soldats et civils israéliens.

Netanyahu et son ministre de la Défense, Israel Katz, ont récemment durci le ton avec la Turquie avant les élections.

Ankara et Tel-Aviv se critiquent souvent ouvertement, tout en coopérant en coulisses.

La Turquie fournit une grande part du pétrole d'Israël, importé d'Azerbaïdjan et chargé sur des navires au port de Ceyhan pour être acheminé vers les raffineries israéliennes d'Ashkelon et de Haïfa.

Des personnalités de l'opposition israélienne, dont l'ancien Premier ministre Ehud Barak et le chef du Parti démocrate Yair Golan, ont accusé Netanyahu de provoquer délibérément une recrudescence des tensions avec Ankara à des fins politiques.

(Crédit photo © AFP)

"ISRAËL A FAILLI DÉCLENCHER UNE GUERRE AVEC LA TURQUIE, ET PERSONNE, PAS MÊME TRUMP, NE L'A VU VENIR...

"La frappe israélienne en Syrie a failli déclencher une guerre avec la Turquie, et l'envoyé spécial de Trump vient de me livrer un récit extraordinaire de la façon dont cela s'est passé

"Selon l'ambassadeur Tom Barrack, Israël a reçu des renseignements suggérant que la Turquie pourrait être en train de déployer des moyens militaires sur une base aérienne syrienne.

"Washington a vérifié et confirmé que CE N'ÉTAIT PAS le cas.

"La préoccupation a été communiquée, les renseignements ont été examinés, et la Syrie a cru que la question était traitée par voie diplomatique, notamment grâce à une discussion de deux heures en coulisses entre le ministre syrien des Affaires étrangères et le chef du Mossad.

"Puis des avions de chasse sont tout de même apparus, et Israël a frappé les pistes sans en avertir ni Washington ni la Turquie.

"C'est là que cet incident a fait d'une simple frappe israélienne contre la Syrie un événement potentiellement bien plus dangereux.

"La Turquie a vu les avions approcher et, ignorant leur intention ou leur cible, a commencé à envisager la possibilité de devoir faire décoller ses propres avions de chasse.

"Cela aurait pu déclencher une confrontation militaire directe entre deux des partenaires régionaux les plus importants des États-Unis, dont l'un est membre de l'OTAN.

"Interrogé sur les raisons d'une telle prise de risque par Israël, l'ambassadeur Barrack a avancé deux hypothèses.

"La première serait une rupture catastrophique de la communication entre le Mossad, les Forces de défense israéliennes (FDI) et le cabinet de Netanyahu.

"L'autre ? 'Les Israéliens provoquaient les Turcs'.

"Je parie sur cette dernière hypothèse...

"Derrière tout cela se cache un enjeu stratégique encore plus vaste.

"Barrack affirme qu'Israël souhaite une Syrie exempte de systèmes militaires susceptibles d'entraver son accès à l'Iran, décrivant l'espace aérien syrien comme offrant à Israël une 'vue dégagée sur l'Iran'.

"La Turquie, quant à elle, s'implante de plus en plus fermement tant militairement que politiquement dans la nouvelle Syrie. Ce n'était donc pas une frappe aérienne de plus.

"Voici ce qui se dessine dans le Moyen-Orient post Assad : la Turquie veut contribuer à la reconstruction et la sécurisation de la nouvelle Syrie. Israël veut s'assurer que la Syrie ne puisse jamais entraver sa liberté de frapper l'Iran.

"Pendant quelques instants extrêmement dangereux, ces deux ambitions ont bien failli entrer en conflit.

"La prochaine fois, les esprits les plus pondérés ne seront peut-être pas les premiers à intervenir".

Mardi, Israël  a bombardé la base aérienne militaire d'Abu al-Duhur, dans le nord de la Syrie, affirmant que la Turquie y aurait déployé des troupes.

"Nous ne tolérerons pas que l'armée turque établisse des positions vers le sud, car elles représentent une menace pour nous",

 a averti le Premier ministre israélien.

Huit frappes israéliennes ont visé la piste de l'aéroport et un entrepôt, selon la télévision d'État syrienne. Aucun blessé n'a été rapporté.

Lors de  conversations téléphoniques menées quelques jours avant l'attaque, le ministre syrien des Affaires étrangères et ancien membre d'Al-Qaïda, Assad al-Shaibani, a assuré à Roman Goffman, patron du Mossad, de l'absence de présence turque sur la base.

Depuis la destitution de Bachar al-Assad en 2024, le nouveau gouvernement syrien, dirigé par l'ancien fondateur d'Al-Qaïda en Syrie, Ahmad al-Sharaa, a engagé des pourparlers avec Israël pour tenter de conclure des accords de sécurité.

Sharaa a assuré qu'il  ne s'opposera pas militairement à Israël sur l'occupation de nouveaux territoires syriens et les raids quotidiens des troupes israéliennes dans le sud de la Syrie depuis son accession au pouvoir grâce au soutien massif des États-Unis, de la Turquie et d'Israël.

Traduit par  Spirit of Free Speech

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