25/08/2026 reseauinternational.net  2min #324420

Félix Tshisekedi n'est pas le seul et unique problème

par Patrick Mbeko

Il y a vingt‑deux ans, Honoré Ngbanda (ancien ambassadeur en Israël, chef des services secrets zaïrois et dernier conseiller en matière de sécurité du Maréchal Mobutu) publiait Crimes organisés en Afrique centrale : Révélations sur les réseaux rwandais et occidentaux aux éditions Duboiris. Dans cet ouvrage, Ngbanda livrait une série de révélations qui, jusqu'à ce jour, n'ont jamais été contredites. Parmi celles‑ci figurent les échanges de correspondance en kinyarwanda entre le général rwandais James Kabarebe et Azarias Ruberwa, alors chef du RCD‑Goma et représentant des "Banyamulenge", vice‑président dans le gouvernement de transition 1+4. Ces lettres, obtenues grâce aux réseaux de renseignement de pays "amis", montrent clairement comment Ruberwa travaillait main dans la main avec ses maîtres de Kigali pour permettre au Rwanda d'exercer une influence profonde sur les institutions et les ressources de la RDC. La création du territoire de Minembwe apparaît noir sur blanc dans l'agenda de ces comploteurs.

Deux décennies plus tard, Paul Kagame semble sur le point de parachever ce projet, cette fois avec la complicité active de Congolais eux‑mêmes, dont certains se sont mués en défenseurs acharnés de ce qu'il faut bien appeler la "cause Banyamulenge".

On pense que le problème de la RD Congo s'appelle Félix Tshisekedi. Je réponds : en partie seulement. Le mal est plus profond, plus ancien, et avant tout congolais. Tshisekedi n'est pas la cause : il est le symptôme le plus récent d'une faillite politique et morale structurelle. Le Congo ne souffre pas d'un homme. Il souffre d'un système, d'une classe politique, d'une société civile malade et surtout d'une culture de l'irresponsabilité qui traverse les régimes, les partis, les générations. Tshisekedi n'a fait qu'ajouter sa couche à un édifice déjà pourri. Le cœur du problème est donc dans cette incapacité congolaise à produire des Congolais qui aiment leur pays plus que leurs avantages personnels.

Bref. Azarias Ruberwa et les réseaux banyamulenge acquis au régime de Kagame doivent bien se marrer en voyant certains Congolais naïfs et inconscients prendre fait et cause pour leur agenda. Ils observent, amusés, comment des Congolais, souvent mal informés, parfois volontairement aveugles, se transforment en défenseurs zélés d'une cause qui n'est pas la leur, mais celle d'un projet géopolitique conçu à Kigali.

source :  Patrick Mbeko

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