27/08/2026 reseauinternational.net  3min #324663

Le boomerang du dollar

par Jules Kaizen

Le 24 août 2026, Washington a lancé une opération de sanctions massive contre l'Iran. Cinq secteurs, soixante entités. Scott Bessent l'a présentée comme un "economic D-Day". Mais l'arme frappe fort en évitant le maillon qui compte. La Chine, premier acheteur du pétrole iranien, n'est pas ciblée directement.

Des négociants de pétrole passés au yuan, des entreprises sanctionnées qui apprennent à contourner, des banquiers chinois qui observent sans être frappés. L'arme du dollar se retourne contre son utilisateur.

Le coup

Le 24 août 2026, Scott Bessent a annoncé l'opération au pupitre. Cinq secteurs visés : crypto, métaux précieux, technologie, aviation, transport maritime. Soixante entités sanctionnées. Des récompenses allant jusqu'à dix millions de dollars sont promises contre des responsables de l'IRGC.

Foreign Policy qualifie l'opération d'"Operation Economic Outcast". Washington parle d'asphyxier l'Iran en le coupant du dollar. L'objectif est affiché. La méthode, elle, porte une faille.

Le maillon évité

La Chine est le principal acheteur du pétrole iranien. Plus de 80%. C'est le maillon qui compte.

Aucune grande banque chinoise n'a été ciblée. Le Wall Street Journal, le Washington Post, Politico le confirment. Les raisons sont documentées : Washington craint les représailles de Pékin sur les terres rares. Le FT, la BBC, le WSJ le rapportent.

Les banquiers chinois observent. Ils ne sont pas frappés. L'Iran, lui, utilise de plus en plus le yuan.

Les brèches

Les alternatives au dollar se multiplient. Le 30 septembre 2025, la Chine et l'Arabie saoudite ont réglé un premier échange pétrolier en yuan numérique. L'Iran et la Russie conduisent plus de 80% de leur commerce bilatéral en monnaies locales.

BRICS Pay est attendu pour septembre 2026. Le CIPS, système chinois de clearing en yuan, se pose en alternative à SWIFT. Un accord de swap de sept milliards de dollars entre la Chine et l'Arabie saoudite permet des règlements directs en yuan et en riyal.

Les brèches s'élargissent. Chaque sanction forme les acteurs à vivre sans le dollar.

Le retour

Le coût retombe sur les entreprises américaines. Chaque usage de l'arme érode la confiance. Les chaînes se réorganisent plus vite que les bureaucraties ne sanctionnent.

Les entreprises sanctionnées montent des filiales dans des juridictions intermédiaires. Le réflexe d'adaptation est documenté depuis 2022. Le boomerang revient.

Le mur

La dédollarisation a pourtant ses limites. Foreign Policy, le 24 juin 2026, titre : "China's De-Dollarization Drive Has Hit a Wall". Le yuan ne parvient pas à concurrencer le dollar. Rien ne le remplace encore.

Ni triomphalisme, ni déni. Les brèches existent. Le système tient.

Les négociants iraniens passent au yuan. Les entreprises sanctionnées contournent. Les banquiers chinois observent. Pendant ce temps, le dollar reste la monnaie de référence, mais chaque frappe enseigne à ses cibles comment s'en passer.

Le prochain test viendra vite. Une banque chinoise ciblée, un accord BRICS conclu, une rupture sur les terres rares. Le boomerang n'a pas fini sa trajectoire.

source :  Georisk Watch

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