28/08/2026 reseauinternational.net  3min #324767

Venezuela : Les États-Unis prennent le contrôle des télécommunications

par Diego Herchhoren

Le bureau de controle des actifs étrangers (OFAC) du ministère des Finances a émis la licence générale (LG) 61 qui autorise la fourniture au Venezuela de certains articles et de certains services en rapport avec les télécommunications.

Cette licence autorise explicitement des transactions avec le gouvernement vénézuélien et avec l'entreprise d'État Compagnie Anonyme Nationale des Téléphones du Venezuela (CANTV) et la Commission Nationale des Télécommunications (CONATEL) et permet l'acquisition de biens, de technologies, de logiciels, de matériel, de pièces de rechange et de services pour l'installation, la maintenance, la réparation, la modernisation et le support de systèmes de télécommunications.

Selon la note de l'OFAC, les achats et les engagements ne peuvent se réaliser qu'aux États-Unis ou avec des entreprises ou des citoyens étasuniens et les contrats doivent être interprétés selon les lois d'une juridiction des États-Unis et les conflits doivent être résolus aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France ou à Singapour.

La définition et la portée des télécommunications est large et comprend des données, la téléphonie, internet, la radio, la télévision et les transmissions par satellite ou par câbles sous-marins. Cette licence interdit également les transactions avec des entités liées à des pays comme la Russie, l'Iran, la Corée du Nord, Cuba ou la Chine. Ceux qui exportent sous cette licence doivent également présenter des rapports détaillés aux autorités étasuniennes.

Loin d'être un fait ponctuel, la licence LG61 fait partie d'une vague d'assouplissements des sanctions sous le contrôle strict de Washington. Dans ce système, toute entreprise, en particulier les entreprises étasuniennes, qui veut opérer au Venezuela doit le faire dans les termes et les conditions que dicte l'OFAC dans chaque licence.

Par exemple, dans le secteur du pétrole et du gaz, de nombreuses autorisations ont été délivrées, allant de l'achat de pétrole et de diluants à la prestation de services d'exploration et de production, dont les bénéficiaires sont clairement identifiés, principalement des entreprises étasuniennes. Dans le secteur des mines (en particulier des mines d'or), la licence générale 51, par exemple, permet des transactions avec la compagnie minière d'État MINERVEN avec des restrictions identiques à celles concernant les télécommunications (interdiction d'opérer avec des entités de pays comme la Russie ou Cuba).

Dans le secteur financier, des licences qui autorisent des transactions avec certaines banques vénézuéliennes et avec la Banque Centrale du Venezuela (BCV) ont été émises.

La licence 57 est un exemple évident de cette politique de tutelle car elle débloque les transactions financières uniquement entre des entités vénézuéliennes sélectionnées et le Trésor des États-Unis. D'autres licences permettent même de conseiller le gouvernement et PDVSA pour la restructuration de sa dette.

Ce système de "licences" est devenu le mécanisme de contrôle et de tutelle de l'État vénézuélien, un système dans lequel le gouvernement ne fait qu'administrer les règles et les directives émises à Washington.

source :  Resumen Latinoamericano via  Bolivar Infos

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