
Par Nate Bear, le 28 août 2026
Le commandant israélien qui a donné l'ordre de bombarder le convoi de la World Central Kitchen en avril 2024, tuant six travailleurs humanitaires - trois Britanniques, un Américain-Canadien, un Polonais, un Australien et un Palestinien - a déclaré hier qu'il ne regrette aucunement d'avoir ordonné cette frappe, et que les travailleurs humanitaires n'étaient "pas innocents".
La semaine dernière, Israël (qui a initialement menti en affirmant que le bombardement était une erreur) a déclaré que personne ne sera poursuivi pour ces meurtres.
Cet épisode est consternant.
Israël a assassiné des citoyens de cinq de ses prétendus alliés en utilisant des armes et des renseignements fournis par ces pays, a refusé de poursuivre qui que ce soit, et le commandant qui a ordonné le bombardement s'en vante ouvertement.
Voilà ce qu'est le sionisme.
Voilà ce qui se passe quand on finit par gober la logique d'une idéologie ethno-suprémaciste qui justifie et pardonne tout et n'importe quel acte, aussi odieux soit-il, sous prétexte qu'il a été commis par l'État le plus privilégié et le plus protégé de l'histoire moderne. Et bien évidemment, ce privilège et cette protection découlent directement des prétendues "caractéristiques juives" d'Israël. Et la judéité, objectivement, est la caractéristique la plus protégée du monde moderne. Des grand-mères sont poursuivies en justice comme des terroristes non pas parce qu'elles s'opposent au génocide, mais parce qu'elles s'opposent au génocide commis par l'État juif. Grâce au lavage de cerveau culturel, aux méthodes d'infiltration politique et à l'utilisation du bouclier de l'antisémitisme pour se prémunir de toute critique, Israël peut tuer qui il veut, quand il veut, où il veut. Et il peut tuer autant de personnes qu'il le souhaite. Parce que les meurtriers sont juifs, et que nous ne pouvons pas critiquer les Juifs en raison de l'antisémitisme et de l'Holocauste, qui, par un conditionnement culturel profond, ont été instrumentalisés pour faire des Juifs des êtres moralement intouchables. Cette instrumentalisation de la mémoire et cette exaltation d'une judéité irréprochable donnent lieu à une morale politique inversée : le génocide est moral, l'opposition au génocide est immorale.
Tous ces éléments mis bout à bout et donnent l'État d'apartheid ethno-suprémaciste qui commet un génocide et tue des Occidentaux en toute impunité.
On assiste à l'extermination massive d'enfants depuis des années. Des meurtres qui se poursuivent QUOTIDIENNEMENT.
On constate qu'un État est capable de commettre des actes de terreur gratuits à Gaza et en Cisjordanie sans être critiqué.
On a Gaza et la Cisjordanie, on a Israël, mais on n'a pas de Palestine. On n'obtient pas l'État que le vote de l'ONU de 1947 a également autorisé, car l'État juif est le seul à compter aux yeux de la "communauté internationale".
On a Israël, mais pas la Palestine, car la capacité des Juifs à commettre un nettoyage ethnique et à s'installer sur une terre qui leur a été promise dans un vieux bouquin importe davantage que le droit des Palestiniens à vivre sur leurs terres ancestrales.
Soixante-dix-huit ans de nettoyage ethnique.
On peut compter sur un État capable de tuer les citoyens de ses soi-disant alliés, tandis que les armes et les renseignements continuent d'affluer, même lorsque ces renseignements tuent vos propres citoyens. La RAF dispose d' une vidéo de surveillance provenant d'un avion espion qui survolait Gaza le jour où Israël a bombardé le convoi humanitaire et tué trois Britanniques, comme ce fut le cas presque tous les jours pendant le génocide, mais le gouvernement britannique a refusé de publier ou de divulguer le contenu de la vidéo.
On a parfois l'impression de devenir fou quand on analyse le rôle d'Israël dans le monde et sa place au sein de l'empire. On peut passer pour un adepte des théories du complot. Mais tôt ou tard, les agents de l'État juif se manifestent et, selon leurs propres termes, confirment tout ce que l'on sait et tout ce que l'on pense du sionisme.
Pour aggraver encore le scandale des meurtres de la World Central Kitchen, le patron de l'organisation, José Andrés, est intervenu à la télévision israélienne après l'attaque et a repris toute la propagande qui a permis ces meurtres, affirmant qu'Israël a le droit de se défendre. En plein génocide, alors que le sang de ses propres employés n'était même pas encore sec, il a tenté de disculper moralement Israël en affirmant, les larmes aux yeux, que le pays "vaut mieux que ça". Il n'a tout simplement pas pu admettre que ces meurtres ne soient pas une aberration, mais le parfait reflet d'Israël. Son organisation continue de préparer des repas pour les Forces de défense d'Israël (FDI) car, comme beaucoup, Andres a intériorisé la logique du sionisme, selon laquelle ne pas cuisiner pour les meurtriers juifs de ses employés serait antisémite.
C'est foutrement révoltant, voire presque incroyable.
Ce n'était bien sûr pas la première fois qu'Israël assassinait des citoyens de pays occidentaux sans en subir la moindre conséquence. Ce n'était ni la deuxième, ni la troisième, ni même la dixième fois. Au cours des quelque vingt dernières années, Israël a tué des dizaines d'Occidentaux en Palestine.
En novembre 2002, Iain Hook, un chef de projet britannique de l'UNRWA, a été abattu par les forces israéliennes à Jénine, en Cisjordanie. En mars 2003, l'Américaine Rachel Corrie a été écrasée à mort par un bulldozer militaire israélien à Rafah, dans la bande de Gaza, alors qu'elle protégeait des familles locales et que les troupes de l'armée israélienne (IDF) intervenaient pour détruire leurs maisons. Deux mois plus tard, James Henry Miller, originaire du Pays de Galles, a été abattu par des soldats israéliens à Rafah alors qu'il tournait un documentaire. Début 2004, Tom Hurndall, un travailleur humanitaire britannique, a été tué d'une balle dans la tête par un sniper israélien à Rafah alors qu'il tentait de protéger des enfants palestiniens. En 2022, Shireen Abu Akleh, journaliste d'Al Jazeera et citoyenne américaine, a été tuée d'une balle dans la tête devant la caméra alors qu'elle réalisait un reportage en Cisjordanie. En septembre 2024, quelques mois après les meurtres de la World Central Kitchen, Ayşenur Ezgi Eygi, une Turco-Américaine, a été assassinée par les Forces de défense israéliennes (FDI) en Cisjordanie.
Aucune de ces meurtres n'a eu la moindre conséquence. Combien d'adultes occidentaux lambda consommateurs de médias grand public ont ne serait-ce qu'ENTENDU PARLER de ces meurtres ?
Les Palestiniens, en revanche, ont hébergé et accueilli des Occidentaux à Gaza et en Cisjordanie. Le Hamas a souvent accueilli des travailleurs humanitaires occidentaux à Gaza. Certains, comme l'Italien Vittorio Arrigoni, y sont restés des années, et le Hamas a baptisé une rue de Gaza en son honneur. Les seules personnes qui tuent des Occidentaux en Palestine sont les Israéliens juifs.
Mon profond mépris pour l'État juif et le système qui le soutient est sans borne, et nous devrions qualifier d'illégitime tout gouvernement soutenant cette monstruosité coloniale.
Qu'Israël aille se faire foutre.
Liberté pour la Palestine et les Palestiniens.
Traduit par Spirit of Free Speech