30/08/2026 ismfrance.org  3min #324979

Environ 3.000 Palestiniens victimes de disparitions forcées dans la bande de Gaza

Alquds.com, 30 août 2026.- Le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparitions forcées (1) a annoncé des estimations statistiques alarmantes, indiquant que le nombre de Palestiniens ayant subi une disparition forcée dans la bande de Gaza se situe entre 2.500 et 3.000 personnes. Ces données sont publiées à la veille de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, mettant en lumière une tragédie humanitaire qui s'aggrave pour des milliers de familles sans nouvelles de leurs proches, ignorant tout de leur sort ou du lieu de leur détention par les autorités d'occupation.

Pour son  étude analytique, le centre s'est appuyé sur un échantillon de terrain documenté comprenant 317 signalements officiels émanant de proches de disparus ; les résultats révèlent qu'une immense majorité des victimes sont des hommes (plus de 95 %). Ce crime ne s'est pas limité aux jeunes : il a également touché 41 enfants et 17 personnes âgées de plus de soixante ans, témoignant du caractère généralisé des opérations d'arrestation et de disparition menées par les forces israéliennes lors de leurs incursions terrestres.

Les cas de disparition étaient répartis géographiquement entre les différents gouvernorats de la bande de Gaza : la ville de Gaza a enregistré le plus grand nombre de cas documentés (89), suivie par les zones du nord de la bande, Khan Younès, le gouvernorat du Centre et Rafah. Selon des sources liées aux droits de l'homme, les circonstances de ces disparitions variaient : arrestations lors de raids domiciliaires, détentions à des points de contrôle militaires séparant le nord du sud de la bande, ou encore disparitions survenues alors que des citoyens tentaient d'obtenir de l'aide alimentaire ou lors du siège d'établissements médicaux.

Le rapport souligne la nécessité de distinguer les victimes de disparitions forcées - présumées détenues dans des prisons ou des camps secrets de l'occupation - des quelque 5.000 autres personnes disparues dont les corps se trouvent probablement sous les décombres de bâtiments détruits par des bombardements aériens.

Par ailleurs, des données officielles du ministère palestinien de la Justice indiquent que le nombre total de personnes disparues ou victimes de disparitions forcées depuis octobre 2023 dépasse les 11.200, plaçant ainsi la communauté internationale face à une responsabilité juridique et morale majeure.

En conclusion de son rapport, le centre a appelé à la mise en place immédiate d'un mécanisme international indépendant chargé d'enquêter sur ces crimes et de faire la lumière sur le sort des personnes disparues. Il a également exhorté le Comité international de la Croix-Rouge à faire pression pour obtenir l'accès à tous les centres de détention et garantir le respect des droits des détenus, soulignant que la poursuite de la politique de disparition forcée constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et s'apparente à un crime contre l'humanité exigeant que les responsables rendent des comptes à l'échelle internationale.

Il faut faire une distinction claire entre les victimes de disparitions forcées imputables à l'occupation et les milliers de personnes disparues qui se trouvent toujours sous les décombres des habitations détruites dans diverses zones de la bande de Gaza.

Article original en anglais sur  Alquds.com / Traduction MR

(1) Palestinian Center for the Missing and Forcibly Diseappeared -  site en arabe /  site en anglais.

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