30/08/2026 french.presstv.ir  4min #324998

Les défaillances d'entreprises repartent à la hausse en France, avec 70 803 procédures recensées sur douze mois

Les défaillances d'entreprises repartent à la hausse en France et la tendance devient de plus en plus préoccupante. À fin juin, la Banque de France en recensait 70 803 sur douze mois, tandis que l'AGS estime désormais que leur nombre pourrait atteindre entre 71 000 et 75 000 sur l'ensemble de 2026.

Surtout, la crise change progressivement de visage. Les difficultés ne concernent plus seulement les très petites entreprises jeunes et fragiles : des PME plus établies, mais aussi l'industrie, le transport ou encore le bâtiment, sont désormais directement exposés.

En 2025, 68 602 défaillances ont été enregistrées, soit déjà 15 % de plus que la moyenne observée entre 2010 et 2019. Pour les PME, ETI et grandes entreprises, leur niveau dépasse même de 68 % la moyenne pré-Covid.

La Banque de France estime ainsi que, hors microentreprises, le simple rattrapage des procédures qui n'ont pas eu lieu pendant la pandémie ne suffit plus à expliquer les niveaux observés. Les entreprises concernées présentent désormais davantage de fragilités financières et rencontrent plus de difficultés à préserver leur activité.

 Le nombre de chômeurs atteint 2,7 millions au deuxième trimestre, tandis que l'emploi salarié privé recule de 19 300 postes.

Les chiffres du premier semestre confirment cette dégradation. Au deuxième trimestre 2026, 17 486 procédures collectives ont été ouvertes, soit une progression de 5,4 % sur un an. Sur l'ensemble du premier semestre, 37 700 entreprises ont fait défaut, environ 1 500 de plus qu'au cours des six premiers mois de 2025. Près des deux tiers ont directement été placées en liquidation judiciaire.

Cette situation se traduit également par un coût social croissant. Pendant le seul premier semestre, l'AGS a mobilisé 1,31 milliard d'euros pour payer les créances salariales de salariés dont l'entreprise se trouvait en procédure collective, soit 19,4 % de plus qu'un an auparavant. Au total, 157 983 salariés ont été accompagnés au cours de cette période, tandis que près de 14 000 nouvelles procédures nécessitant l'intervention de l'AGS ont été ouvertes.

Les tensions se diffusent par ailleurs dans plusieurs secteurs. Dans le transport et l'entreposage, les montants avancés par l'AGS progressent de 38,4 %, contre 37,7 % dans l'hébergement-restauration. Selon les données de la Banque de France reprises par TRM24, le transport comptabilisait 3 244 défaillances sur douze mois fin juin, soit un niveau encore 70,6 % supérieur à la moyenne de la période 2010-2019.

Enfin, les dirigeants eux-mêmes sont de plus en plus touchés. Selon l'Observatoire de l'emploi des entrepreneurs de GSC et Altares, 33 341 chefs d'entreprise ont perdu leur activité au premier semestre 2026, soit près de 7 % de plus qu'un an auparavant et plus de 220 dirigeants par jour.

 Face à la crise du chômage, Louis Sarkozy a proposé la suppression du SMIC, une mesure qui divise la classe politique française.

Dans les TPE, 50 % des dirigeants interrogés déclarent que leur entreprise traverse actuellement une période de fragilité ou de difficultés, dont 19 % qualifient la situation d'importante ou de critique.

Dans ce contexte, la trésorerie reste l'un des premiers signaux d'alerte. Les clients commencent à payer plus tard, le découvert devient permanent, les fournisseurs raccourcissent leurs délais et les échéances sociales ou fiscales deviennent progressivement plus difficiles à absorber.

Dans l'échantillon étudié par Axonaut, une TPE disposait en moyenne de 15 740 euros de trésorerie au premier trimestre, tandis que les impayés atteignaient près de 30 000 euros.

Ainsi, les chiffres publiés ces derniers mois racontent la même histoire : une partie des entreprises françaises est entrée dans une zone de fragilité durable. Pour les dirigeants, le défi n'est donc plus seulement de savoir résister, mais surtout de repérer suffisamment tôt le moment où il faut demander de l'aide.

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