
Les sanctions de Trump contre l'Iran se fracassent contre "la muraille de Chine"
Source: unser-mitteleuropa.com
Comme chacun sait, la Chine avait déjà déclaré à plusieurs reprises qu'elle s'opposait résolument aux sanctions unilatérales et illégales. L'"Empire du Milieu" prendrait toutes les mesures nécessaires afin de protéger avec détermination ses propres droits et intérêts.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères fixe des limites claires

Lors d'une conférence de presse, Lin Jian (photo), porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré vouloir prendre les mesures nécessaires afin de protéger résolument les droits et les intérêts de la Chine, tout en mettant Washington en garde contre toute tentative de "perturber" les échanges commerciaux entre la Chine et l'Iran.
Ces déclarations faisaient suite aux menaces du secrétaire au Trésor de Trump, Bessent, d'imposer des sanctions secondaires aux pays qui continueraient à commercer avec l'Iran, dans le cadre d'un plan qu'il appelle "Operation Economic Outcast". Ces mesures comprennent des restrictions secondaires dans un large éventail de secteurs, allant des actifs numériques à l'or, en passant par le transport maritime et l'aviation, ainsi que des menaces visant à exclure les partenaires commerciaux de l'Iran du système du dollar.
"Personne n'est exempté ici", a déclaré Bessent après qu'on lui eut expressément demandé si les nouvelles restrictions concerneraient la Chine, premier partenaire commercial de l'Iran. "Il s'agit de l'asphyxie économique de ce régime, et personne ne devrait mettre notre détermination à l'épreuve".
Les possibilités infinies de la Chine
La Chine dispose toutefois d'options pratiquement illimitées face à l'annonce de Trump, comme nous indiquerons ci-dessous.
Elle pourrait, par exemple, recourir à de petites "raffineries-théières", exploitées exclusivement en Chine et protégeant les grandes entreprises énergétiques publiques des restrictions américaines. Ces raffineries utilisent le yuan afin de contourner les systèmes de compensation en dollars. Des banques chinoises locales, faiblement exposées aux comptes de correspondants bancaires américains, ont recours à des réseaux de paiement alternatifs, notamment le système chinois de paiement interbancaire transfrontalier.
Une autre possibilité consisterait à masquer l'origine du pétrole, notamment par des transferts successifs de navire à navire et par le réétiquetage du pétrole iranien comme pétrole brut malaisien ou indonésien. Cela offrirait aux importateurs une protection juridique reposant sur un déni plausible.
Les efforts déployés par les responsables de l'application des sanctions pour retrouver une "trace documentaire" à travers des intermédiaires complexes pourraient également se heurter à de longues chaînes, difficiles à retracer, composées de petites compagnies maritimes et de courtiers. Certains de ces acteurs se consacreraient exclusivement à l'achat de pétrole iranien et retourneraient ainsi efficacement les menaces américaines à leur avantage, en exploitant la réticence traditionnelle du département du Trésor à imposer des sanctions secondaires par crainte d'une escalade commerciale.

La Chine pourrait en outre imposer de nouvelles restrictions à l'exportation de terres rares et de métaux, parallèlement à la conclusion d'accords stratégiques de troc et d'investissement avec l'Iran. Le recours au financement serait ainsi entièrement contourné: la Chine pourrait recevoir du pétrole iranien en échange d'équipements de production, de biens de consommation, du développement d'infrastructures ferroviaires ou portuaires, ou d'une multitude d'autres biens et services.
Le recours à des "lois de blocage" serait également envisageable. Il s'agit d'un instrument du ministère chinois du Commerce interdisant expressément aux entreprises chinoises de respecter les sanctions unilatérales américaines. Une autre possibilité serait de mettre en place des assurances alternatives garanties par l'État, afin de permettre aux pétroliers de satisfaire aux exigences d'entrée dans les ports nationaux tout en opérant en dehors de la réglementation maritime occidentale. L'activation d'une immense capacité d'entreposage sous douane sur le territoire continental serait elle aussi concevable, ce qui permettrait au pétrole iranien d'y demeurer indéfiniment sans être dédouané.
Ainsi, si la situation venait véritablement à se durcir, la Chine pourrait, pour le dire simplement, "dire aux États-Unis d'aller se faire voir". Dans le cas contraire, Pékin pourrait, au sens figuré, "précipiter du haut d'une falaise" l'ensemble de la base industrielle et du secteur du commerce de détail américains.