War

⚔️ 01/09/2026 elucid.media  3min #325158

Pourquoi Trump menace de bombarder Oman, et pourquoi le sultanat ne cède pas

Par  Paul Fernandez-Mateo

Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump à Washington, les pays alliés des États-Unis se sont habitués à ses sautes d'humeur. Mais explicitement menacer un allié de bombardements, voilà qui constitue une nouveauté, même pour lui. Qu'a donc fait le Sultanat d'Oman pour mériter des déclarations si hostiles de la part du président américain ?

Alors que la guerre entre l'Iran et les États-Unis et la crise dans le détroit d'Ormuz s'apprêtent à entrer dans leur septième mois, la situation semble être dans une impasse. L'accord préalable convenu entre les belligérants n'a rien donné,  les hostilités ont repris - bien qu'à une fréquence fortement réduite - et la voie maritime stratégique pour le transport d'un cinquième des hydrocarbures de la planète est toujours aussi dangereuse à emprunter.

Téhéran comme Washington campent sur des positions maximalistes diamétralement opposées, chacun exigeant le contrôle du détroit comme prix à payer pour mettre fin au conflit ; mais ni l'un ni l'autre ne semble disposer de la capacité de faire pencher la balance en sa faveur. L'Iran demeure résilient, mais a souffert des bombardements et doit reconstituer sa force de frappe balistique ; quant aux États-Unis, prisonniers d'une guerre déjà très impopulaire, ils demeurent paralysés par la peur de trop exposer leurs forces militaires, car toute perte d'ampleur impliquerait un coût politique dont Donald Trump  ne se relèverait pas. Mais Washington ne peut pas non plus accepter les exigences iraniennes, car une telle capitulation, elle aussi, constituerait un camouflet politique majeur.

Peu à peu, des initiatives nouvelles commencent à prendre forme pour parvenir à un règlement du conflit. Les États-Unis eux-mêmes, conscients de leur impuissance, souhaitent mettre sur pied une coalition internationale pour isoler économiquement l'Iran - un projet qui ressemble fort à un vœu pieux, Washington en étant déjà réduit à  supplier la Chine de coopérer. Surtout, au Moyen-Orient lui-même, le conflit, ainsi que son volet israélien en Palestine et au Liban, provoque une certaine exaspération : de nouvelles alliances se mettent peu à peu en place au fur et à mesure que le manque de fiabilité des États-Unis devient apparent, comme  l'accord de défense entre la Turquie, le Pakistan et l'Arabie saoudite annoncé le 7 août dernier,  un avertissement clair adressé à la fois à l'Iran et surtout à Israël, même si sa portée réelle demeure incertaine.

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