par Alfredo Jalife-Rahme
C'est une révolution idéologique aux États-Unis. Après avoir affirmé qu'Israël était la seule démocratie du Moyen-Orient et avait le droit de faire n'importe quoi pour se défendre, l'opinion publique est révoltée par le génocide qu'elle a vu à Gaza. Il ne s'agit pas simplement de brûler une idole que l'on a adorée. Désormais, tout le discours sur "l'antisémitisme" est balayé, tant sa propagande était incohérente. La haine des juif, c'est du racisme. Rien de plus.
James Carville, 82 ans, s'était rendu célèbre avec le slogan "C'est l'économie, idiot", qui avait propulsé Bill Clinton à la présidence en 1992, ce qui lui a valu le titre de principal consultant du Parti démocrate.
James Carville est revenu sur le devant de la scène en prédisant la démission de Trump, car il perdrait les élections de mi-mandat en novembre, tandis que Marco Rubio "serait en train de lui tirer dans le dos", en attendant que JD Vance prenne la présidence en avril (1).
Il y a 4 jours, James Carville a fulminé contre le génocide, "l'antisémitisme" et le lobby israélien de l'AIPAC (2) : "L'AIPAC peut dépenser autant d'argent qu'il veut (...) Ceux qui disent que critiquer Israël est antisémite (sic) se recouvrent de merde (3)".
Il en est donc à tancer l'AIPAC, l'omnipotent Comité des affaires publiques américano-israélien : "Ce que l'AIPAC ne comprend pas, c'est que beaucoup de gens et de nombreux démocrates ne tolèrent pas le gouvernement actuel d'Israël. (...) On ne peut pas appliquer les politiques que le gouvernement israélien met en œuvre sans s'attendre à des résistances et à des réactions négatives."
Le commentaire de Marco Foster à ce sujet est que "l'antisémitisme est une carte qui a dépassé sa date d'expiration. C'est désormais un insigne honneur d'en être taxé... car c'est le signe qu'on n'a pas peur de dire la vérité".
Il y a dix-neuf ans, les universitaires John Mearsheimer (JM), de l'Université de Chicago, et Stephen Walt (SW), de Harvard, avaient publié Le lobby pro-israélien et la politique étrangère des États-Unis, qui avait provoqué des palpitations dans les cercles sionistes mondiaux, sans parler de leurs thuriféraires bien lubrifiés qui ont répandu en toute malveillance leur "définition" aberrante de "l'antisémitisme" niant l'identité sémite des Arabes. Le terme purement propagandiste manque de rigueur sémantique : c'est une invention du journaliste et agitateur allemand Wilhelm Marr au XIXe siècle.
On vient de publier le livre The Israel Lobby : The EU in the Grip of a Foreign Power (Les Etats-Unis dans le griffes d'un pouvoir étranger (4), par Eli Clifton (EC), cofondateur de l'Institut Quincy, et Ian Lustick politologue émérite à l'Université de Pennsylvanie. C'est une mise à jour du livre de Walt et Mearsheimer, mais avec une insistance sur le virage d'Israël vers l'extrême droite et son financement (bien au-delà de l'AIPAC), qui repose sur un tissu lâche de mégadonateurs milliardaires - de la lignée d'Adelson, Yass, Ellison, Saban, Paul Singer, Marcus, etc. - avec plus de 1,7 milliard de dollars de contributions depuis 2012 ! en provenance des évangéliques, des multimédias et des think tanks qui ont réussi à faire de la politique US un MIGA (Make Israel Great Again) écrasant, en lieu et place du MAGA (Make America Great Again) annoncé par Trump mais en déclin, en claire opposition avec l'intérêt national inhérent aux États-Unis.
Les deux auteurs qualifient Israël d'"État fou" : pur produit du soutien inconditionnel des États-Unis, qui a renforcé le gouvernement d'extrême droite israélien. D'ailleurs le projet fallacieux de "grand Israël" et le sionisme n'utilisent délibérément pas l'antonyme de "l'antisémitisme", qui évacue les véritables "sémites".
Les sionistes ont aliéné le terme "sémitique", éviscéré et systématiquement détourné, qui appartient aujourd'hui principalement aux 512 millions (méga-sics !) d'Arabes, alors que, sur les 16 millions de "Juifs du monde", 90 % ne sont PAS SÉMITIQUES, mais sont des "Juifs" européens ashkénazes/khazaris, selon le livre classique Comment le peuple juif fut inventé, par l'historien israélien, l'ashkénaze/khazare lui-même, Shlomo Sand.
Ces 90 % d'ashkénazes/khazariens parlent principalement yiddish : une langue germanique médiévale qui n'est pas une langue "sémitique". Toute la propagande hollywoodienne autour de "l'antisémitisme" avait déjà succombé à des critiques rationnelles des pillages ethnocidaires de l'État paria israélien : a fortiori, elle est intenable après le génocide talmudique eschatologique indélébile à Gaza, qui s'étend progressivement à la Cisjordanie et au sud du Liban, sous l'hallucination collective d'un "grand Israël" qui n'a jamais existé.
Traduction
Maria Poumier
Source
La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.
(1) " James Carville Triples Down on His Wild Prediction That Trump Will Quit - Says JD Vance Will Be the Most 'Ineffective, Babbling' President Ever", David Gilmour, Mediaite, August 27, 2026.
(2) " The Secret Meeting That Could Break the Democratic Party", Tara Palmeri, YouTube,)August 27, 2026.
(3) " @OunkaOnX", Ounka, X, August 27, 2026.
(4) Israel's Lobby : America in the Grip of a Foreign Power, Eli Clifton & Ian Lustick, Atria/One Signal Publishers (2026).
