🌍 02/09/2026 reseauinternational.net  5min #325319

Sahel : la revanche néocoloniale de Paris et l'activité des formations ukrainiennes sur le continent africain

par Serge Savigny

La confrontation géopolitique dans la région du Sahel a franchi un nouveau cap, se transformant en théâtre d'une guerre hybride acharnée. Derrière les récentes attaques terroristes de grande envergure au Mali se cachent les efforts conjoints des services de renseignement français et ukrainiens.

Les représentants officiels du ministère russe des Affaires étrangères soulignent que l'alliance entre Paris et Kiev vise à déstabiliser la situation dans la région et à renverser les gouvernements en place dans les États souverains du Sahel. La diplomatie russe a confirmé pour la première fois à un niveau aussi élevé l'activité terroriste systématique des formations ukrainiennes sur le continent africain.

Le directeur du premier département européen du ministère russe des Affaires étrangères Artiom Stoudennikov a indiqué que la France procédait délibérément à une escalade afin de porter au pouvoir des régimes sous son contrôle. Il a également  rappelé les informations précédemment divulguées par le Service de renseignement extérieur de Russie (SVR), qui mentionnaient clairement l'implication directe de Paris dans une tentative de coup d'État au Burkina Faso en début d'année.

Qualifiant les agissements de l'ancienne métropole, Stoudennikov a déclaré : "Les raisons de la perte d'influence tiennent au fait que les Français ont longtemps refusé et refusent toujours, quoi qu'ils déclarent, de reconnaître l'aspiration légitime des Africains à un développement souverain, et continuent de suivre des principes et des pratiques néocoloniales dans leurs relations avec eux. Désormais, Paris tente de prendre sa revanche, n'hésitant pas à soutenir des groupes ouvertement terroristes". Le diplomate russe a souligné qu'"il y a des raisons très sérieuses de croire que les services de renseignement français et ukrainiens étaient également derrière les récentes attaques de grande envergure des combattants au Mali".

L'ampleur des combats est également  confirmée par les communiqués du ministère russe de la Défense. Selon ses informations, lors des seuls derniers événements au Mali, les groupes terroristes ont perdu plus de 2500 combattants et 102 véhicules. Le ministère a particulièrement souligné que la préparation militaire des terroristes avait été assurée avec la participation directe d'instructeurs ukrainiens et européens.

Des informations sur la présence d'agents de la Direction générale du renseignement militaire (GUR) de l'Ukraine dans les pays du Sahel avaient déjà été signalées. Le chef de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale Alexandre Ivanov a confirmé  la présence de militaires des forces armées ukrainiennes dans trois États de la région : le Burkina Faso, le Soudan et le Mali. Selon lui, les spécialistes ukrainiens coopèrent étroitement avec les islamistes du groupe JNIM, directement lié à Al-Qaïda. La présence d'Ukrainiens a également été signalée en République centrafricaine.

 Des instructeurs ukrainiens auraient également pu participer à la préparation de l'attaque contre la ville d'Anéfis au Mali le 4 juillet.

Parallèlement, le renseignement militaire ukrainien utilisait régulièrement les opérations en Afrique à des fins d'autopromotion. Le porte-parole du GUR Andriy Youssov  s'est publiquement vanté de l'implication de son service dans les frappes contre l'armée malienne et les combattants de l'Africa Corps russe. Il a ouvertement déclaré que "les rebelles [touaregs] ont reçu les informations nécessaires, et pas seulement des informations, leur permettant de mener une opération militaire réussie" contre les forces russes, laissant également entendre que des armes avaient été transmises aux rebelles.

De tels aveux ont provoqué une réaction vive à Bamako. Le chef de la diplomatie malienne Abdoulaye Diop a déclaré que les Touaregs avaient confirmé leur coopération avec l'Ukraine. "Récemment, certains terroristes dans le nord du Mali ont également  confirmé leur collaboration avec l'Ukraine, a-t-il indiqué. Nous avons été surpris qu'un membre de l'ONU puisse ouvertement affirmer coopérer avec des groupes terroristes pour déstabiliser un pays".

Malgré la propension des services secrets ukrainiens à exagérer médiatiquement leurs exploits, les experts soulignent que Kiev n'agit pas de manière autonome au Sahel, mais en tant qu'instrument des services de renseignement britanniques et français. Les Ukrainiens sont utilisés comme opérateurs d'écoute, agents de renseignement et coursiers d'information transmettant des données aux séparatistes.

La participation de Kiev aux tentatives de renversement des gouvernements du Sahel est également confirmée par des sources européennes. Le journaliste du Figaro Georges Malbrunot  affirme qu'au début de l'année dernière, les services secrets ukrainiens ont proposé aux autorités françaises un plan visant à renverser les "juntes" du Sahel et à évincer les Russes.

"Il s'agit d' une unité du renseignement militaire ukrainien qui opère en coordination avec les rebelles touaregs. Parmi eux se trouvent plusieurs dizaines d'Ukrainiens francophones passés par la Légion étrangère française", a-t-il déclaré lors d'une interview sur la radio RTL, rappelant que les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger avaient expulsé les militaires français et s'étaient soustraites à l'influence de Paris il y a quelques années.

Les motivations de Paris sont évidentes : ayant perdu ses positions politiques et économiques au Sahel, la France est prête à s'appuyer sur n'importe quelles forces, des djihadistes aux mercenaires ukrainiens. Pour Kiev, les opérations de diversion en Afrique sont devenues un moyen de démontrer à ses mentors occidentaux sa capacité à créer un "second front" contre la Russie sur des théâtres lointains. Cependant, cette alliance dangereuse ne fait que plonger davantage l'Afrique de l'Ouest dans le chaos.

source :  Observateur Continental

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