🧱 02/09/2026 palestine-solidarite.fr  8min #325330

Double discours... l'Europe critique les génocidaires mais leur procure les armes

Rapport du CPI Ramallah - Centre palestinien de l'information

Entre la condamnation politique de la guerre à Gaza et la poursuite de la coopération militaire, le double discours de ces pays européens - l'Espagne, la Finlande, l'Allemagne et la Grèce - est flagrant, et le fossé se creuse entre le discours politique adopté par ces capitales concernant la guerre génocidaire contre Gaza et leurs politiques réelles en matière d'intérêts militaires et sécuritaires.

Alors que les gouvernements européens brandissent les étendards des droits de l'homme et du droit international, annoncent des restrictions ou des sanctions contre l'entité occupante et menacent de mettre fin à leur coopération militaire avec, les faits rapportés par le journal hébreu "Maariv" révèlent la poursuite de diverses formes de coopération en matière de défense et de sécurité entre l'entité occupante et un certain nombre de pays européens, y compris des pays qui ont adopté des positions politiques fermes à l'égard de la guerre.

Dans ce contexte, les cas de l'Espagne, de la Finlande, de l'Allemagne et de la Grèce se distinguent, où les considérations sécuritaires, économiques et stratégiques semblent plus tenaces que les principes invoqués par ces pays lorsqu'il s'agit des droits des Palestiniens.

Les pays européens se sont toujours présentés comme les principaux défenseurs des droits de l'homme et du droit international, et ont lié leurs relations extérieures à ces principes, mais la relation avec l'entité génocidaire révèle, selon le rapport Maariv, les limites de ces slogans lorsqu'ils se heurtent à des intérêts directs.

Un État capable de prendre position politiquement et de publier des déclarations condamnant les politiques d'occupation peut simultanément maintenir des accords de défense ou une coopération dans le domaine des technologies militaires, sous prétexte que ses intérêts sécuritaires ou économiques ne lui permettent pas de rompre complètement.

C'est là que réside le paradoxe : les droits de l'homme apparaissent comme un principe immuable tant qu'ils ne contredisent pas les intérêts, mais ils deviennent un sujet de négociation dès lors que les armes, les technologies et les contrats de défense entrent en jeu.

Espagne : Interdiction déguisée

L'Espagne en offre l'exemple le plus révélateur. En septembre 2025, Madrid a adopté une loi imposant de larges restrictions aux relations militaires avec l'entité sioniste, une mesure qui, politiquement, semblait refléter une position ferme sur la guerre à Gaza. Toutefois, la loi prévoit des exceptions permettant au gouvernement d'approuver certaines activités et certains accords lorsqu'il estime que l'application intégrale des restrictions pourrait nuire aux "intérêts nationaux généraux".

Selon Maariv, certaines activités et transactions liées à la sécurité se sont poursuivies après l'entrée en vigueur de la loi, tirant parti du mécanisme d'exceptions. Le gouvernement espagnol a autorisé Airbus à continuer d'utiliser des technologies sionistes dans des projets stratégiques, après avoir constaté qu'un arrêt total de leur utilisation risquait d'affecter les capacités de production, les perspectives d'emploi et les projets de défense pour lesquels il n'existe pas d'alternatives immédiates.

Ainsi, l'embargo imposé par Madrid, en tant que position politique et morale envers l'entié génocidaire, n'a pas pu résister de manière absolue aux considérations économiques et de défense.

Finlande : Discours creux et contrats d'armes

La situation n'est guère différente en Finlande. Alors que le débat politique et public s'est intensifié dans le pays au sujet de la guerre à Gaza, Helsinki a maintenu sa coopération en matière de défense avec l'État occupant.

D'après un rapport de Maariv, l'accord de coopération en matière de sécurité entre les deux pays a été prolongé en 2024 jusqu'en 2034, pour une durée de dix ans. Cet accord porte notamment sur la recherche et le développement ainsi que sur l'acquisition d'équipements de défense. La Finlande dépend également de l'industrie israélienne pour des systèmes militaires importants, tels que les missiles "Fronde de David" et Gabriel, ce qui complique un désengagement rapide.

La contradiction est ici flagrante : le gouvernement peut adopter des positions politiques critiques envers l'entité sioiste, mais lorsqu'il s'agit de systèmes de défense et de sécurité, les calculs deviennent tout autres, selon le journal hébreu "Maariv".

Allemagne : Des critiques sans empêcher les ventes d'armes

L'Allemagne, qui adopte un discours politique critiquant certaines politiques du gouvernement sioniste, continue en même temps d'approfondir ses relations de défense avec ce dernier, et le système "Flèche 3" se distingue comme l'un des accords de coopération en matière de défense les plus importants entre les deux pays.

Cette relation révèle que les intérêts sécuritaires peuvent transcender les divergences politiques, notamment au vu de la guerre menée par la Russie en Ukraine et des préoccupations croissantes en matière de sécurité en Europe.

En matière de renforcement des capacités de défense, les principes que Berlin utilise dans son discours politique semblent perdre de leur importance face aux besoins en technologies et en systèmes militaires.

Grèce... les intérêts ont une voix plus forte.

En Grèce, le paradoxe est encore plus flagrant avec la poursuite de la coopération militaire avec l'entité occupante malgré les critiques adressées à la guerre à Gaza.

Selon un article de Maariv, Athènes a signé avec l'entité occupante un contrat de défense d'une valeur d'environ trois milliards d'euros, l'un des plus importants contrats d'exportation d'armements de l'histoire des relations entre les deux pays.

Ainsi, tandis que les déclarations politiques européennes continuent de souligner la nécessité de respecter les droits de l'homme et de protéger les civils, l'argent et les contrats de défense continuent de circuler bien au-delà du langage des déclarations et des condamnations.

Pretextes hypocrites

La guerre en Ukraine explique en grande partie le maintien de ces relations. Les pays européens ont augmenté leurs dépenses de défense et recherchent des systèmes militaires ayant fait leurs preuves et pouvant être rapidement mis en service.

Dans certaines régions, il n'existe pas d'alternatives européennes facilement accessibles à la technologie sioniste, ce qui rend l'abandon des systèmes sionistes coûteux et complexe. De plus, les inquiétudes croissantes à l'égard de la Russie incitent les pays baltes à rechercher des capacités de défense supplémentaires, notamment des systèmes sionistes.

Ainsi, l'équation européenne est devenue claire : en matière de sécurité, l'intérêt national prime ; et en matière de politique, le langage des droits de l'homme et du droit international est mis en avant.

À l'inverse, l'entité génocidaire occupant tire profit de cette duplicité européenne. Les industries de défense ont enregistré des exportations record de 19,2 milliards de dollars en 2025, selon les chiffres du rapport "Maariv", soit une augmentation de près de 30 % en un an et plus du double en cinq ans.

L'entité génocidaire ne considère pas ces exportations comme un simple commerce, mais comme un moyen de renforcer ses relations stratégiques avec d'autres pays et de consolider la présence de ses industries militaires sur leurs marchés.

Duplicité et crise de crédibilité

Le problème que révèlent ces faits n'est pas que les États défendent leurs intérêts nationaux ; c'est normal dans les relations internationales, mais le problème réside dans la contradiction entre la rhétorique et la pratique.

Si les droits de l'homme et le droit international sont des principes indivisibles, pourquoi ces principes font-ils l'objet d'exceptions en matière de contrats d'armement, de technologie et d'intérêts économiques ?

Si la protection des civils est un principe fondamental, comment peut-on concilier la condamnation politique des violations avec le maintien de relations militaires et sécuritaires avec le parti qui est la cible de ces critiques ?

La réponse, comme le révèlent les cas européens eux-mêmes, semble être que les principes n'ont pas toujours le même poids dans les cercles décisionnels ; lorsque l'intérêt national, la sécurité, l'économie et l'industrie militaire entrent en jeu, les slogans passent au second plan.

L'histoire de l'"embargo sur les armes" imposé par l'Europe à l'entité génocidaire révèle en fin de compte une crise plus profonde qu'une simple divergence de politiques ; il s'agit d'une crise de crédibilité.

L'Europe, qui se présente comme un modèle en matière de respect des droits de l'homme et du droit international, se trouve confrontée à une véritable épreuve : peut-elle traduire ses positions politiques en actions concrètes, même lorsque le coût est économique ou sécuritaire ?

Ou bien ces principes resteront-ils applicables aux adversaires et alliés faibles, tandis que les intérêts nationaux justifieront leur suspension lorsqu'il s'agit de l'entité génocidaire ?

Ainsi, le problème ne semble pas se limiter à une simple "interdiction des armes", mais révèle plutôt un double standard : une rhétorique morale en public et des calculs intéressés dans les instances décisionnelles.

En conclusion, la véritable épreuve d'un principe ne réside pas dans sa proclamation lorsque son application est aisée, mais dans la capacité à s'y conformer même lorsqu'il entre en conflit avec des intérêts particuliers. Dans le cas sioniste, les faits rapportés par "Maariv" indiquent qu'une partie de l'Europe trouve encore dans ses intérêts sécuritaires et économiques un moyen de contourner ce qu'elle proclame comme principes.

Source : CPI
 french.palinfo.com

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