Les États-Unis sont en plein déclin moral, un fait mis en évidence par leur récente attaque meurtrière, lancée mardi soir, contre une cérémonie de mariage dans la ville de Kouhestak (Sud), qui a fait au moins 5 morts, dont un enfant, et 67 blessés. C'est en ces termes que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a réagi à la récente frappe brutale des États-Unis.
"La vérité sur la guerre illégale menée par les États-Unis contre l'Iran a été mise au grand jour hier soir à Sirik, où une cérémonie de mariage a été bombardée dans le cadre de la tentative désespérée des États-Unis de dissimuler leur défaite", a-t-il écrit dans un message rendu public ce mercredi 2 septembre.
"La réalité, ce sont les crimes commis par les États-Unis, et non les vidéos générées par l'intelligence artificielle qui présentent faussement les responsables américains comme des héros éthiques et victorieux", a-t-il poursuivi.
Citant le livre de l'écrivain américain Tim O'Brien, À propos de courage (en anglais : The Things They Carried), le porte-parole de la diplomatie iranienne a déclaré : "Une véritable histoire de guerre n'est jamais morale... Si une histoire semble morale, n'y croyez pas".
Une frappe américaine contre la province iranienne du Hormozgan a fait cinq morts, dont un enfant, et 68 blessés.
Dans un autre poste sur X, M. Baghaï a vivement dénoncé les propos de Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), après que celui-ci a nié le "crime de guerre brutal" commis à Sirik et prétendu que les États-Unis ne prennent pas les civils pour cible.
"Apparemment, il a oublié ses propres antécédents militaires : Kakarak en 2002, Mukaradeeb en 2004, ainsi que Deh Bala et Wech Baghtu en 2008 - des attaques américaines documentées en Afghanistan et en Irak qui ont fait des victimes civiles, notamment des femmes et des enfants", lit-on dans son message.
Le diplomate iranien a fait référence à "Homeland", une série télévisée produite aux États-Unis, qui mettait en scène, dans sa quatrième saison, une frappe de drone américaine contre un mariage au Pakistan, "une attaque qui a tué environ 40 civils".
"La réalité est si effroyable que même la propagande américaine n'a jamais osé prétendre ce que Hawkins lance aujourd'hui", a-t-il écrit.
La CPI doit enquêter sur l'attaque américaine contre une cérémonie de mariage (Croissant-Rouge iranien)
Dans une lettre adressée ce mercredi 2 septembre au bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), la Société du Croissant-Rouge iranien (SCRI) a appelé cette instance internationale d'enquêter sur la frappe de missiles américaine contre la cérémonie de mariage à Kouhestak.
Selon les premières informations disponibles, au moins cinq personnes ont perdu la vie et 67 autres ont été blessées dans cet incident meurtrier, ce qui soulève de graves préoccupations au regard du droit international humanitaire et rend d'autant plus nécessaire une enquête immédiate, indépendante et efficace, notamment compte tenu de la présence de civils et de la mort d'un enfant, peut-on lire dans ladite lettre.
L'organisation a averti que le bilan pourrait encore s'alourdir, certains blessés se trouvant dans un état critique.
Dans cette lettre les informations préliminaires relatives à cette attaque sont présentées, a fait savoir le Croissant Rouge iranien, avant de souligner que cette affaire doit faire l'objet d'une évaluation juridique au regard du Statut de Rome, notamment sous l'angle du respect des principes de distinction et de proportionnalité, ainsi que des précautions requises lors d'une attaque.
La protection des civils constitue l'une des exigences fondamentales du droit international humanitaire, et toutes les parties à un conflit sont tenues de prendre les mesures nécessaires pour prévenir ou réduire au minimum les pertes en vies humaines et les atteintes aux civils, a ajouté le Croissant Rouge iranien.
"La vie et la dignité des civils doivent être respectées en toutes circonstances, et toute violation du droit international humanitaire doit faire l'objet d'une enquête indépendante et efficace", a-t-il conclu.
Au moins 12 personnes ont été tuées et des dizaines d
Peu après l'agression menée mardi, les forces armées iraniennes ont lancé une série d'opérations de représailles décisives, comprenant des frappes de missiles et de drones contre des bases et des intérêts américains dans plusieurs pays de la région.
Dans un communiqué publié tôt mercredi, le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a déclaré que l'attaque américaine contre le mariage à Sirik a ravivé le souvenir poignant de la brutalité américaine contre des cibles civiles pendant la guerre Ramadan, en faisant référence à la frappe meurtrière contre l'école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab, dans la province du Hormozgan, ainsi qu'une attaque contre un complexe sportif dans la ville de Lamerd, dans la province de Fars.
Cette attaque sanglante a suscité des condamnations de la part de responsables iraniens, parmi lesquels figure le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui a qualifié les États-Unis de "Grand Satan".
"Si une puissance agit comme Satan, choisit ses cibles comme Satan et tue comme Satan, alors c'est Satan. Protéger un Satan subalterne qui fait de même ? C'est LE Grand Satan", a-t-il écrit, en référence aux États-Unis et à leur principal allié, le régime israélien.
