📺 04/09/2026 legrandsoir.info  3min #325508

Les Français se méfient des médias

Maxime VIVAS

Trop de journalistes et d'auteurs, de politiciens, voient leur ambition se heurter à leur médiocrité. Affectés du "syndrome du larbin", ils n'ont comme issue que le léchage des mains, le cirage de pompes, le mensonge pur dont le philosophe disait la trame : "Quand je vois un jeune auteur arriver de province avec de l'esprit, de la vanité et une plume facile, je ne sais pas au juste quelle opinion il prendra, mais je sais celle qu'il ne prendra pas [...] Toute la faiblesse de n'importe quel homme le tire du même côté... La pente est à droite". Alain (Propos sur le pouvoir)

Ce livre s'appuie sur un constat : celui du détournement de l'information par les médias mainstreams.

"Le baromètre 2026 La Croix des médias" est sévère pour le métier de journalistes. Sur un panel de 1500 personnes, 61 % disent se méfier du traitement des grands sujets d'actualité par les médias. Ils sont 34 % à en avoir une mauvaise opinion.

La France affiche l'un des plus faibles niveaux de confiance dans l'information d'après l'enquête de l'Institut Reuters publiée le 17 juin 2025. Le niveau de confiance est de 29%, ce qui nous place à la 41e place sur 48 pays observés, en constant recul depuis 10 ans (38 % en 2015).

Le baromètre précise que les Français, dans leur écrasante majorité, veulent une séparation claire entre information et opinion et une indépendance des journalistes vis-à-vis des propriétaires des médias...

Si la presse française traverse une crise grave, si elle subit une disgrâce massive, si elle est obligée pour subsister de se vendre à des industriels et à des banquiers, de solliciter des aides financières importantes de l'État et de l'Union européenne, la conjoncture n'explique pas tout : la profession est largement discréditée. Nous allons mieux comprendre pourquoi dans les pages suivantes.
Le péché mignon du journaliste est de croire qu'il est intellectuellement supérieur à son public, que celui-ci n'a aucun moyen de vérifier ce qu'il dit, ce qu'il écrit ou ce qu'il montre, ni de sentir, sous la présentation partielle et partiale des faits, un discours engagé, un cœur froid, souvent une inculture et une rage de mordre, en meutes, quiconque n'adhère pas au mythe du capitalisme salvateur et du "rêve américain".

En vrai, les journalistes sont des citoyens lambdas qui disposent d'outils pour se faire entendre urbi et orbi. Leur incontestable supériorité est là, uniquement là.

Protégés par le bouclier de la liberté de la presse, les menteurs foisonnent. Nous allons voir ici quels sont les prosélytes des enfumages médiatiques et parfois leurs liens avec les Etats-Unis d'Amérique. "Nous sommes tous Américains", est le titre de l'éditorial publié à la une du Monde du 13 septembre 2001 et signé par son directeur, Jean-Marie Colombani, après l'attaque contre les tours jumelles de New York.

Au fur et à mesure des pages, nous lirons des exemples d'énormes fake news, des bobards, des faux témoignages, des troncatures, des phrases inventées, des dénigrements, des dissimulations de faits. Certains enfumages sont encore considérés aujourd'hui comme des vérités démontrées.
(A suivre).

Maxime VIVAS

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