
par Diego Fusaro
C'est officiel : l'Islande a également organisé un référendum rejetant l'adhésion à l'Union européenne. Plus de 50% des votants se sont opposés à l'intégration à cette construction technocratique, déprimante et répressive que l'on appelle, avec des airs de grandeur et de trahison, l'Union européenne : un nom qui promet l'inverse de ce qu'il accomplit en réalité, étant donné que l'Union européenne a encore davantage divisé et polarisé les peuples et les nations européennes au nom de la compétitivité et de la devise "mors tua, vita mea", que l'on peut aisément interpréter comme le principe fondamental du néolibéralisme.
Comme je l'ai répété maintes fois, l'Union européenne n'est rien d'autre que la réorganisation verticale du système capitaliste après l'événement marquant de 1989. Une révolution passive, pour reprendre l'expression de Gramsci, par laquelle les groupes dominants ont consolidé leur pouvoir aux dépens du peuple, des travailleurs et des classes moyennes. L'idée d'Europe est presque toujours invoquée à tort pour justifier l'Union européenne, qui n'est rien de moins que la plus flagrante perversion de cette idée : la noble idée d'Europe de Kant ou de Husserl est aussi éloignée de la cage d'acier des pro-européens bruxellois que Mars l'est de Pluton.
Des résultats similaires à ceux observés en Islande ont été constatés en Suisse en 1992, en Norvège en 1994, au Danemark en 2000, et dans plusieurs cas ultérieurs. Le constat est clair et sans équivoque : interrogés, les citoyens européens rejettent systématiquement l'approche technocratique de Bruxelles, conscients qu'elle va à l'encontre de leurs intérêts et entraîne, de fait, une perte de droits sociaux et un appauvrissement.
À cet égard, n'oublions pas les propos du chancelier allemand Helmut Kohl, qui a reconnu avoir agi "comme un dictateur" en imposant l'euro et le traité de Maastricht, justifiant sa décision par l'argument selon lequel un référendum populaire n'aurait jamais abouti à un résultat positif.
L'affirmation de la chancelière allemande semble trouver un écho au niveau européen, étant donné que, comme cela a été souligné, les peuples européens expriment fréquemment leur mécontentement quant à leur appartenance à l'Union européenne. Certains votent même pour quitter l'enceinte bruxelloise, comme ce fut le cas pour le Royaume-Uni en 2016.
source : Filosofico via Histoire et société